Dossier
L'entérinement de Ronsard Malonda comme délégué des confessions religieuses pour la présidence de la Commission électorale par l’Assemblée nationale le jeudi 02 juillet a suscité des mouvements de contestation et des manifestations, parfois même violentes, à travers le pays. En effet, suivant un consensus politique non écrit, ce sont les confessions religieuses qui désignent le Président du Bureau de la CENI (les autres membres du Bureau sont désignés par les forces politiques à l’Assemblée nationale). Ce qui offre un poids non négligeable à cette désignation.
De ce fait, le choix de ce nouveau président de la plateforme électorale, que l'on dit proche du Front commun pour le Congo (FCC), ne cesse de susciter tant de contestation, chacun pour diverses raisons, que ce soit du coté même des confessions religieuses que de la société civile et les partis politiques; et même dans le rang de CACH qui pourtant est au pouvoir en coalition avec le FCC.
Pour les confessions religieuses - notamment au départ les catholiques de la Cenco et les protestants de l'ECC ensuite les Kimbanguistes et les Musulmans Depuis sa validation par l’Assemblée nationale - qui pourtant ont pris part à la procédure de désignation, il s'agit de dénoncer une fraude lors de ce choix de ce candidat car disent-ils le nom de Ronsard Malonda n'a pas été obtenu sur base d'un consensus commun mais plutôt sur base « d'un passage en force des autres confessions » - notamment l’Union des Églises indépendantes du Congo, l’Église du réveil du Congo, l’Église orthodoxe et l’Armée du salut qui ont signé et déposé le procès-verbal à l’Assemblée nationale, malgré la contestation de la CENCO et de l'ECC.
Du coté des activistes la société civile, on dénonce, tout d'abord, la légèreté des églises dans la procédure de désignation d'une personne qui avait participé au précédent scrutin électoral qu'ils considèrent toujours entaché de fraude. Ensuite parce qu'ils y voient une nouvelle fois la mainmise de l'ancien président Joseph Kabila dans le déroulement des prochaines élections de 2023 et enfin pour éviter d'« encourager l’illégitimité » et « d'allumer la flamme des guerres et d’instabilité des institutions du pays. »
Pour les partis politiques tant de l'opposition (Lamuka) que la coalition de l'UDPS et l'UNC, au pouvoir dans CACH, ou autres gros ténors dissidents tels que l'AFDC de Bahati Lukwebo, accusent non seulement le FCC d'avoir entériné ce choix par une procédure illégale sans respect de l'ordre du jour devant l'Assemblée nationale mais déclarent également que ce choix fait partie d'un plan pour une « tricherie anticipée du FCC en 2023 » afin de « pérenniser un système basé sur des antivaleurs depuis 2006 ». Le parti présidentiel dénonçait aussi l’attitude « malicieuse et répétitive » du FCC consistant à créer des crises institutionnelles artificielles au pays, afin d’opérer en sourdine des passages en force dans des dossiers qui nécessitent un consensus national.
Et pourtant, au Front commun pour le Congo, on se dit ne pas être concerné par la désignation de Ronsard Malonda comme président de la CENI puisque c'est « une prérogative qui revient aux confessions religieuses » et mette « au défi quiconque détiendrait les preuves de l’implication du FCC dans la désignation de Ronsard Malonda comme futur président de la CENI de les brandir ». Pour la plateforme du Sénateur Kabila, « CACH et Lamuka jouent à la diversion en voulant user des voies illégales pour imposer un nouvel agenda non conforme à la constitution et au cadre institutionnel établi. » La plateforme invite donc la population à rejeter « tout agenda de violence et d’incertitude du lendemain » et se dit prête à manifester en vue de soutenir les institutions de République.
Entre-temps, chez tous les contestataires, pour protester contre l’entérinement de ce choix, on en appelle aussi à diverses marches et manifestations dans les différentes provinces et à travers tout le pays tout en demandant, comme ultime recours, au président Félix Tshisekedi de refuser de signer l’ordonnance d’investiture de ce nouveau responsable de la CENI.
Reste donc à savoir comment le chef de file de l'UDPS va cette fois s'entendre avec sa base pour trouver une solution à cette crise car pour le moment le président Felix Tshisekedi joue au garant des institutions de la République, en tentant l'apaisement et en recommandant « aux différents acteurs intervenants de prendre en considération les revendications des uns et des autres et d’aplanir les vues avant tout avancement dans ce processus. »
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