Dossier
L'affaire « Congo Hold-up », une vaste investigation d'un consortium de dix-neuf médias internationaux et cinq ONG occidentaux menée pendant six mois, accuse l’ancien Président Joseph Kabila et son entourage familial, de s’être enrichi de près de 138 millions de dollars américains, sur fonds ponctionnés des organismes d’Etat entre 2013 et 2018 avec la complicité de la banque BGFI/RDC.
Selon l’enquête, ladite société-écran a servi à « prélever une sorte de taxe Kabila » auprès de plusieurs institutions et entreprises publiques telles que la Banque centrale, l’entreprise minière Gecamines, l’Assemblée nationale, la Commission électorale, les ports, le fonds d’entretien routier… Voilà le côté cour.
Côté jardin, dès la première diffusion de ce sulfureux rapport, auditeurs, téléspectateurs et lecteurs sont unanimes, de par le monde, pour le juger sérieusement accablant. Des réactions vont dans tous les sens, selon les sensibilités politiques des uns et des autres : aux dénégations émotionnelles des proches du sénateur à vie qui parlent d'un « un acharnement injustifié de certaines puissances cachées derrière ces médias », répond froidement la clameur publique, œuvre non seulement des bailleurs des fonds, mais aussi et surtout du petit peuple des fonctionnaires, soldats, infirmiers, enseignants, sans-emploi et étudiants. C’est-à-dire une large frange de la population qui apprend à se méfier de l’homme politique, auteur impénitent de ses malheurs depuis l’indépendance.
Mais on imagine bien que de pareilles accusations n’ont pas été portées à la légère par ces médias fouineurs qui ne sont non seulement pas à leurs premières expériences dans le domaine de l’investigation, mais aussi mesurent à quel degré ils jouent leur crédibilité. Ces allégations reposent très vraisemblablement sur du solide.
Cela dit, à la suite du « Congo Hold-up », l’immunité du désormais « Sénateur à vie » Kabila, sera-t-elle levée ? Si les autorités congolaises déclarent s’être saisies de l’affaire, on attend de voir quelle suite elles y donneront... Mais, pour l’heure, aux dires de ses proches, c’est une fois de plus, l'ancien président Kabila qui voit son nom trainer dans la boue dans le chef des médias internationaux et des ONGS par des « fausses accusations » qui « ne sont fondées ni sur un audit crédible, ni sur une enquête fiable des sociétés internationales ». L’« accusé » Kabila n’a droit ni à la présomption d’innocence, ni la possibilité de présenter ses moyens de défense. Tout se passe comme si le « Raïs était condamné d’avance. Sa cause déjà entendue. Et la sentence prononcée. »
Dans tous les cas, la « présente campagne de bashing », selon les uns, ou ce nouveau scandale de la « Kabilie », pour les autres, vaut plutôt une alarme sonnée pour dissuader les autres Kabila de confondre leur poche avec les caisses de l’État. C’est, au fond, une invitation au respect du Bien commun. Le bien du Peuple...
Le Potentiel / Le Pays
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