Politique
Depuis que l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) de Félix-Antoine Tshisekedi et l’Union pour la nation congolaise (UNC) de Vital Kamerhe ont pris le pouvoir au lendemain des élections du 30 décembre 2018, la coalition LAMUKA qui avait incarné jusque-là les aspirations profondes de l’Opposition politique se montre aujourd’hui sans âme.
En ordre dispersé ou en duo opposé Fayulu-Muzito et Bemba-Katumbi, LAMUKA vit, en réalité, une « unité fissurée » par une crise de leadership et une incohérence d’agendas. Les premiers tiennent à obtenir à tout prix la vérité des urnes, avec ce souhait de participer à la gestion des institutions réformées dirigées par un président dont ils contestent la légitimité entretemps et les seconds prônent une opposition républicaine et exigeante.
Et dans tout cela, on se retrouve face à une opposition dépourvue de flamme de vie et sans cahier des charges précis pour jouer le contrepoids du nouveau pouvoir qui a déjà une image peu reluisante avec des dérives graves de gestion de la République.
LAMUKA passe ainsi à côté du rôle, et non les moindres, dans la vie de la nation, celui de l’Opposition politique. Il s’est affaibli fatalement par des altercations idéologiques en interne jusqu’à créer une dissimilitude sur une vision commune qui devrait pourtant guider son action.
Rien n’a été donné ou conçu comme contenu pour faire de cette coalition électorale une véritable machine politique après la tenue d’élections. La preuve, c’est que sur terrain chaque leader a vite et prudemment ravivé la flamme existentielle de son parti politique. Bemba s’est affiché MLC en imposant un nouveau rythme de mobilisation. Katumbi a vite recomposé ses anciens sociétaires du MS-G7 dans une nouvelle création, un grand parti politique « Ensemble pour la République ».
Muzito qui tentait sa survie politique en solitaire après sa défenestration du Parti Lumumbiste Unifié (PALU) ne peut que s’attacher à Fayulu qui lui est proche sociologiquement. Et ce, pour profiter encore d’une popularité par procuration lui offerte par les leaders de LAMUKA depuis Genève qui désigne Martin Fayulu comme porte-étendard de la coalition à la présidentielle. L’aura de la plateforme est de loin supérieur à celui de l’Ecidé, son parti politique.
Dans cet attelage, il est facile de noter une hypocrisie, nettement visible, des leaders qui ont tous, en réalité, tourné la page du combat d’hier et qui se préparent pour l’avenir, avec en ligne de mire, la présidentielle de 2023.
Que reste-t-il alors de LAMUKA ?
La réponse est claire. Plus rien. Rien du tout, si ce n’est une coquille estampillée de l’extérieur « Opposition » et, d’ailleurs, pour la consommation publique, mais vide de l’intérieur en termes de stratégies et d’agenda politique, digne d’une principale plateforme politique appelée à jouer le contrepoids du pouvoir.
A voir de près, l’avenir de LAMUKA est compromis de manière durable. La situation est bien irréversible que la seule solution pour ressusciter une vraie opposition, reste la liquidation de LAMUKA.
Faute de vision commune, Katumbi, Bemba, Fayulu et Muzito sont appelés à liquider LAMUKA pour mettre fin à une opposition stérile, en panne d’inspiration et d’actions. Ce serait aussi une bonne façon d’ouvrir la voie à une vraie opposition réelle, requinquée, avec âme et au sein de laquelle les membres seront sans doute des acteurs clés, avec des ambitions communes bien affichées. Une telle opposition avec un leadership clair, un porte-parole, issu du choix des députés et sénateurs au Parlement, va devoir rectifier les tirs de ce scénario qui se déploie sous nos yeux.
Le temps s’y prête d’ailleurs. Avec la rentrée parlementaire d’hier lundi 16 mars, pour une session décisive en termes d’initiatives de contrôle initiées, notamment, par les députés de l’Opposition, c’est l’Opposition tout entière qui est appelée à vite reprendre son âme, mieux raviver sa flamme, pour jouer le contrepoids au régime en place.
L’heure de la confusion et de la léthargie doit prendre fin.Les uns et les autres doivent se dépasser pour rendre l’atmosphère respirable. C’est à ce prix que l’Opposition pourra tirer son épingle de jeu.
Concrétiser la promesse du chef de l’Etat
Dans la perspective de cette reconfiguration responsable de l’Opposition, les animateurs de deux Chambres du Parlement, Alexis Thambwe Mwamba du Sénat et Jeanine Mabunda de l’Assemblée nationale doivent jouer franc-jeu pour ne pas tordre la marche de la République en consacrant la violation de la loi portant Statut de l’Opposition politique en RDC. C’est à eux d’enclencher la procédure telle que prescrite dans la loi pour doter le pouvoir en place d’un interlocuteur ou un contradicteur attitré.
Et cela a toujours été le souhait du chef de l’Etat. Félix Tshisekedi entend avoir en face de lui une opposition comme force de proposition, ou même de critique constructive.
La pression doit ainsi être maintenue sur de ces acteurs du Parlement parce que c’est depuis octobre 2019 que le groupe parlementaire MS-G7 avait saisi les présidents de ces deux Chambres du Parlement pour leur exprimer sa disponibilité de participer à la désignation du porte-parole de l’Opposition. Cette volonté manifeste faisait suite à la sortie médiatique depuis Rome, du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi qui déclarait qu’il était déterminé à faire participer l’Opposition à la gestion du pays afin qu’elle apporte ses critiques qui aideront à mieux faire pour favoriser le développement du pays.
Mabunda et Thambwe devront impérativement s’y atteler au cours de cette session de mars qui s’est ouvert lundi 16 mars afin que l’Opposition officialise, si possible, son accommodement en famille avec ce qui a été présenté, il y a quelques semaines, comme une convention entre Jean-Pierre Bemba (MLC) et Moïse Katumbi (Ensemble pour la République) pour occuper, de manière rotative, le poste de porte-parole de l’Opposition, à raison de deux ans chacun. Et c’est le pays qui marquera des points dans sa marche démocratique.
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