Société
Dans ce pays où l’instantané l’emporte sur le nécessaire recul, la passion sur la modération et ce, avec une classe politique plus portée sur la démagogie de bon sentiment que sur les vrais enjeux, la Ceni a tout d’un bouc émissaire.
Hier comme aujourd’hui, la Centrale électorale passe pour la coupable idéale des hommes politiques congolais. A l’approche des élections, tout prétexte est bon à prendre pour tirer sur la Ceni. On l’a vu avec la Commission électorale indépendante (CEI) de feu l’abbé Appolinaire Malumalu, rebelote avec Ngoy Mulunda et même constat sous l’administration Nangaa.
Si tout n’a pas été rose depuis 2006, si les élections de 2011 ont été décriées par presque tout le monde, il n’en demeure pas moins vrai que la Ceni pilotée par le technicien Corneille Nangaa aura déjà aligné de hauts faits d’armes, dont même les nihilistes par principe, finiront par réaliser la portée. Il s’agit d’abord de la cartographie électorale.
UNE CARTOGRAPHIE DOCUMENTEE AU SERVICE DU PAYS
Au jour d’aujourd’hui, le pays peut être fier de disposer d’une cartographie numérique, dont le spectre va au-delà du seul champ électoral. Grâce à cette cartographie, le pays dispose d’une banque de données susceptibles de renseigner sur les routes, sur l’hydrographie, sur les territoires. Bref sur l’état physique réel de la République démocratique du Congo.
Ce n’est pas tout. La Ceni, à ce stade, aura déjà légué au pays un fichier électoral. Ce document, contrairement à celui de 2006 et de 2011, a le mérite d’avoir été nettoyé. Et donc, il est en cela différent de celui de 2005 qu’a servi de base au référendum. C’est dire que le référendum de 2005 a été organisé sans que l’enrôlement des électeurs ait été fini.
L’actuel fichier électoral contient également un plus par rapport à celui de 2011 où la répartition des sièges a été faite sur des données brutes. Voilà qu’aujourd’hui, ce fichier est non seulement basé sur la cartographie, mais il est aussi passé par le nécessaire nettoyage.
Comme pour la cartographie électorale, ce fichier consolidé enrichit ainsi la banque de données, dont les Gouvernements d’aujourd’hui et de demain ppourraient se servir à des fins de planification des programmes de développement.
Et si la machine à voter qui passe pour une épine sur le pied de la Ceni s’avérait après coup, être un autre gage de transparence du processus électoral. Cette imprimante intelligente charrie une controverse dont le ressort semble plus affairiste pour les uns, plus politique ou plus politicien pour les autres que véritablement technique. Car, cette machine n’annonce rien qui ressemble à un vote électronique, dans la mesure où le vote restera manuel. Et même le résultat produit par la machine, par bureau de vote, sera, in fine, confronté au comptage manuel.
LE FOND DU PROBLEME
Le vrai problème, ce n’est pas les imperfections, les faiblesses - voire le procès en partialité - supposées de la Ceni. Le hic est sans doute à chercher dans les enjeux, les intérêts politiques, les agendas politiques ou les calculs politiques des acteurs en présence. Tout se passe comme si les protagonistes affichés et souterrains, toutes tendances confondues, n’étaient pas prêts à aller aux élections.
D’où cette métaphore d’un Corneille Nangaa se présente comme un arbitre s’apprêtant à monter sur le terrain, alors que les joueurs, qui pourtant réclament le match à tue-tête, traînent encore dans les vestiaires. Ils seraient même moins enclins à réjoindre l’arbitre. Le scrutin constituant pour la quasi-totalité de la classe politique et des acteurs de l’ombre, une espèce de saut dans l’inconnu. Pour repousser cette échéance couperet, quoi de plus malin que de multiplier des accusations contre la Ceni.
Il n’y a pas longtemps, la publication du calendrier électoral passait pour la revendication principale des détracteurs et des critiques de la Centrale électorale. Pas seulement à l’interne. Cette publication du calendrier électoral était entonnée tel le refrain d’une chanson. Depuis le 5 novembre 2017, cela est chose faite. Plus personne n’en parle. Maintenant, c’est la machine à voter, c’est l’audit du fichier électoral nettoyé…
Plutôt que de pratiquer la politique de l’Autruche, les acteurs politiques congolais et leurs différents mentors feraient œuvre utile en mettant leurs vrais désidératas sur la table. Cela épargnerait le pays de simulacre de crise politique à répétition.
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D’ores et déjà, la Centrale électorale aura eu le mérite de léguer au pays une cartographie numérique, avec des données consolidées susceptibles de servir au-delà du spectre électoral.