Politique
La Céni hésite à mettre sur la place publique des projets de programmation du cycle électoral. « un Chat échaudé craint même l’eau froide », dit-on. Soupçonnée d’avoir des accointances la MP, la Céni ne sait pas convaincre les plus sceptiques sur son indépendance Pressée de toutes parts de programmer les élections dans les délais constitutionnels, elle devra, par la force des choses, soumettre au débat les quatre scenarii qu’elle renferme dans ses tiroirs.
Le processus électoral est en panne. Au Conseil de sécurité de l’ONU, le secrétaire général Ban Ki-moon a déclaré que les élections en RDC étaient dans « l’impasse ». Impasse que Joseph Kabila comptait contourner en proposant un dialogue politique dont les contours n’ont pas obtenu l’approbation de tous.
A l’Opposition, l’impasse est voulue voire entretenue par le chef de l’Etat et son camp. Des arguments, l’Opposition n’en manque pas. La libération à dose homéopathique du financement des élections, la multiplication d’entraves pour retarder les élections qui consacreraient la fin réelle du deuxième et dernier mandat du président Kabila,’ … sont autant d’éléments qui démontrent que le président Kabila n’est pas disposé à se soumettre à la Constitution.
Pour une importante frange de l’Opposition, les choses sont claires : le président Joseph Kabila cherche à s’éterniser par tous les moyens au pouvoir, même en refusant d’organiser les élections. De son côté, la Majorité présidentielle ne cache plus le fond de sa démarche. Elle veut pérenniser le régime incarné par Joseph Kabila, même s’il faut marcher sur les cadavres de la Constitution et des lois de la République ou encore sur toute autre chose qui se mettrait en travers de cette volonté. Les conséquences importent peu, pourvu que le pouvoir d’Etat soit gardé le plus longtemps possible.
Dans cette démarche, quelque peu grossière, aucun effort n’est fourni pour revenir à la normale, apaiser les tensions, promouvoir l’harmonie et la cohésion nationale. Comme frappée par un virus dangereux, la MP est prête à tout! C’est quasiment suicidaire !
Dans cet environnement corrosif, la Céni est transformée en exutoire par les uns et en instrument par les autres. Plutôt que de prendre ses responsabilités et s’assumer conformément aux prescrits de la Constitution, la centrale électorale se met dans l’attente d’un consensus que pourraient lui apporter les politiciens, apportant davantage d’eau au moulin de ceux qui estiment qu’elle joue le jeu de la Majorité auprès de qui elle reçoit les directives et les discours à tenir.
Ce qui est compréhensible d’autant plus que cette position de la Céni est un soutien apporté au dialogue convoqué par le chef de l’Etat, mais qui tarde toujours à se concrétiser.
Face à cette situation, il ne reste plus à la Céni que de sortir de ses tiroirs, les scenarii qu’elle a sous forme de projet, afin de les soumettre à la classe politique et à l’ensemble des intervenants dans le processus électoral en cours. Une tripartite existe pour cette raison d’ailleurs. C’est par cette tripartite, avec un ordre du jour clair, que le projet de la Céni peut passer. Les conséquences politiques ne sont pas du ressort de cette institution qui se laisse un peu trop tirer par les politiciens dans tous les sens.
LES SCENARII DE LA CENI
Les scenarii de la Céni ne sont plus que des secrets de polichinelle. Son président ainsi que le rapporteur et son adjoint ont eu à les dévoiler sans trop insister. Fort heureusement, les coffres-forts de la centrale électorale ne peuvent indéfiniment résister à la détermination des limiers.
D’abord, tenir les élections, particulièrement la présidentielle dans le délai constitutionnel ferait l’affaire de l’Opposition. Mais, au- delà de la simple satisfaction, va se poser la question de la fiabilité du fichier électoral et l’enrôlement de nouveaux majeurs qui sont estimés à au moins 10 millions. L’Opposition avait relevé en son temps le risque de laisser au bord de la route autant d’électeurs pour une mandature.
Deuxième scénario dans les tiroirs de la Céni est l’organisation des législatives provinciales avec l’ancien fichier, permettant d’avoir des dirigeants à la base avant que le mandat ne se termine et tenir les autres élections après la révision du fichier électoral.
La Majorité souscrit à ce schéma et l’encourage même. Le risque de contestation est élevé, selon la Céni et des observateurs. Les opposants redoutent même qu’on évoque par après le changement de Constitution avec l’argument d’élections moins coûteuses au second degré.
Troisième scénario, procéder à la révision du fichier électoral jusqu’au bout, enregistrer les nouveaux majeurs et convoquer la présidentielle au bout de 17 mois à dater du 10février 2016. Puis, organiser trois mois plus tard les législatives nationales et provinciales après l’adoption de la loi sur la répartition des sièges.
Le dernier scénario est de tout organiser le même jour : présidentielle, législatives nationales et provinciales. Mais, à l’issue de 17 mois de révision du fichier électoral.
Le Céni se trouve entre l’enclume et le marteau. Prendre le risque de l’initiative de la violation de la Constitution est une posture que les membres de cette structure redoutent de porter face à la nation. Pour ce faire, le recours évoqué à la Cour constitutionnelle par le président de la Céni rentre justement dans le même cadre.
L’autre difficulté est de réclamer l’indépendance après s’être affichée en copine de la Majorité qui ne s’est jamais privée de galvauder la neutralité de la Céni sur la place publique par des attitudes et manipulations éhontées, qui frisent l’insolence, croyant que les Congolais et autres observateurs n’étaient que des naïfs.
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