Culture
«Marchands de mort subite», de Max Izambard, emmène le lecteur au cœur des trafics illicites liés au commerce de l’or en Afrique de l’Est. Un premier roman palpitant
Avec ses guerres, ses trafics, sa violence, mais aussi sa créativité et son énergie sans pareilles, l’Afrique est du pain bénit pour les auteurs de polars. A condition, comme le Français Max Izambard, de bien connaître son sujet. Cet auteur tout neuf situe Marchands de mort subite, son premier roman, dans la région des Grands Lacs. Il a lui-même vécu plusieurs années en Ouganda et témoigne d’un indéniable talent pour, en quelques mots, traduire le caractère d’un personnage, décrire l’architecture d’un paysage urbain ou faire littéralement sonner la violence d’un orage qui se déchaîne sur les toits en tôle d’un quartier.
Son roman débute dans un autre environnement, naturel et somptueux, la baie de Somme. Pierre Marlot marche à l’aube sur la plage quand il reçoit un appel du consul de France en Ouganda. Sa fille Anne, journaliste d’investigation, a disparu après avoir traversé la frontière pour se rendre en République démocratique du Congo. Le père décide de partir aussitôt à sa recherche. A Kampala, il se rend compte très vite qu’il n’a rien à attendre des services consulaires et qu’il ne pourra compter que sur lui-même.
Une bombe à retardement
Mais pas question de se laisser abattre. Il lui reste quelques notes oubliées par ceux qui ont fouillé la maison d’Anne de fond en comble après son départ. Pierre Marlot s’en saisit pour reconstituer le puzzle des événements. Il rencontre l’amie de sa fille, dont il ignorait l’existence. Il fait la connaissance de la journaliste Juliet Ochola, qui travaille pour un grand quotidien ougandais. Il découvre ainsi qu’Anne s’était engagée dans une enquête à hauts risques sur le commerce illicite de l’or entre la République démocratique du Congo et l’Ouganda. Et qu’elle avait déjà rédigé une première version d’un article mettant en cause le président et son entourage. Une bombe à retardement.
Parallèlement, Max Izambard s’immisce dans les couloirs d’un pouvoir corrompu et à bout de souffle. On y croise le très douteux Ruedi Müller, un homme d’affaires suisse patron d’une des plus importantes raffineries d’or d’Afrique. Le romancier nous emmène également au cœur des manifestations étudiantes et de leur violente répression par la police. Tout cela finira mal, on le sent bien. Journalistes ou étudiants, personne n’est de taille quand il s’agit de résister aux tanks et à des tueurs sans scrupules.
Une oppression soutenue
L’auteur s’est-il inspiré de faits réels? En partie, bien qu’il s’agisse d’une œuvre de fiction, comme il l’explique à la fin de son roman. Dans une vidéo publiée par son éditeur, il précise: «Ce roman est né d’une colère grandissante face, d’une part, à la répression politique que je pouvais observer au quotidien, une répression de plus en plus forte et violente contre les opposants politiques, les journalistes, les manifestants. Et d’autre part face à une forme de résignation des puissances occidentales, voire une complicité de ces gouvernements alliés qui continuent de soutenir militairement, diplomatiquement et financièrement l’Ouganda.» Pas de doute, la colère de Max Izambard a fait mouche. Marchands de mort subite est un excellent roman.
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