Politique
Le tribalisme a été au cœur de la discorde entre Fatshi et Fayulu, les deux candidats à l’élection présidentielle qui a vu la victoire du premier et les contestations virulentes du second.
Il y a deux jours, un frémissement de rapprochement s’est opéré entre les tenants des deux camps autour de la colère commune contre l’ennemi commun, le FCC, qui s’évertue à placer des explosifs dans la démocratie renaissante. Mais ce rapprochement efface-t-il les questions de la vérité des urnes et du tribalisme ?
C’est quoi le tribalisme ? Dans son sens premier, le tribalisme est le sentiment d’appartenance et d’identité sociale et culturelle (Encyclopaedia Universalis) à une tribu. Etendu à une plus large échelle, il devient le nationalisme ou le panafricanisme.
De la même manière on appartient à l’association des Anciens du Collège Saint Louis, des supporters de FC Renaissance, ou des membres d’une religion. Aimer et vivre sa culture est légitime, et on doit condamner l’acculturation, qui est le fait de perdre sa culture, pour essayer d’embrasser mais sans jamais y parvenir celle des autres.
Ce qui rend le tribalisme problématique c’est l’échec du vivre ensemble avec les autres. Dans la mesure où nous nous retrouvons de fait dans de nouveaux regroupements sociologiques, regroupement auxquels nous tenons, semble-t-il, comment vivre sa culture sans détruire celle des autres ?
Comment être Muyaka et Congolais et vivre avec un Mukongo et Congolais? Ce n’est pas évident, pas gagné d’avance. Il faut le temps du mixage.
Il est aussi difficile de délivrer quelqu’un du tribalisme que d’amener l’homme à aimer son prochain ; on a bien vu que le prêche à l’église ne suffit pas. La détribalisation est un processus lent qui doit être mené avec patience, avec des algorithmes bien pensés en amont. L’une des voies pour y arriver est d’identifier ou de créer des centres d’intérêt transcendants.
Un exemple nous en est donné par les multinationales qui partagent dans le capitalisme mondial un centre d’intérêt tellement puissant qu’elles luttent aujourd’hui pour l’abolition des frontières et la globalisation (rendre le monde un seul village, le village planétaire).
Notre village planétaire à nous c’est le Congo, construit dans la violence par le colonisateur sur les cendres des chefferies et des chefs traditionnels, mais nos générations s’y sont adaptées et il y a des Batetela qui n’ont plus de Batetela que les renseignements sur le passeport.
Ils ne mangent plus loponga la djese, et ne connaissent pas Katako Kombe ni Lubefu. Pour consolider ce Congo, il faut travailler ardemment à l’identification et au renforcement des centres d’intérêt communs.
Le tribalisme ne peut pas être éradiqué, mais doit être ajusté au nouveau monde. La diversité culturelle est une richesse, or la culture c’est la tribu. Qu’est-ce que la Francophonie, sinon la tribu des Francophones du monde entier ? Elle a fait de la « diversité culturelle » un leitmotiv.
Voilà le tribalisme pensé par les Français. L’élite congolaise, plutôt que de sombrer dans l’agitation populaire sur le tribalisme, doit songer plutôt à le théoriser et le canaliser. Je serai ministre de la Culture que je lancerai un forum national sur le tribalisme.
Quant à nos politiciens, qui pratiquent le tribalisme nocif, ils devraient songer à engager les penseurs de leurs partis s’interroger. Ont-ils un projet de société ? Si oui, que prévoit celui-ci sur le tribalisme ? Oh, notre projet de société n’en parle pas. Ok, il parle de quoi ? Capitalisme et social-démocratie ? C’est du copier-coller de mauvais aloi. Il faut repenser la société messieurs, dames.
Lamuka de retour, que deviennent la vérité des urnes
I. La vérité des urnes
Maintenant que Jean-Pierre Bemba a été ovationné par l’UDPS et que Fayulu a « pardonné », que deviennent « la vérité des urnes » et le tribalisme, deux poisons qui ont pollué l’atmosphère nationale après les élections de décembre 2018 ? Dans cet article, nous allons aborder la question de la vérité des urnes.
La « vérité des urnes » a été le leitmotiv de Fayulu et de LAMUKA pendant un an et demi, jusqu’à son « pardon » prononcé du bout des lèvres. Avait-il raison de se plaindre et de comporter comme il l’a fait ? Fatshi avait-il tort ? Que dire de l’implication de la CENCO, jusqu’à son éclatement en évêques baluba et le reste du monde ? Cet article est ma part de réflexion. Elle n’est pas la vérité, et encore moins la vérité des urnes.
Tout d’abord, c’est quoi la vérité ? Reconnaissons d’abord la relativité de celle-ci.
L’assertion arithmétique « 1 – 2 est impossible » est-elle vraie ou fausse ?
Réponse : vraie dans l’ensemble N des entiers naturels, et fausse dans l’ensemble Z des entiers relatifs.
Assertion 2 : « l’aide du FMI est-elle bénéfique à la RDC ».
Vrai pour certains, par exemple pour Fatshi, afin de financer le lancement de la gratuité de l’enseignement.
Faux pour d’autres : le FMI n’a jamais aidé un pays à se développer ; c’est de l’exploitation capitaliste.
Moralité : il n’y a pas de vérité absolue.
Dans la question de la vérité des urnes, il y avait deux approches. Pour les uns, celle-ci commence avec le premier bulletin versé dans l’urne et s’arrête au dépouillement. Dans notre cas, même cette procédure n’a pas été respectée. On n’a jamais vu les bulletins, et jusqu’à ce jour, le rapport de la CENI est introuvable.
A qui la faute ? Comment pouvions-nous l’empêcher ? Et pourquoi ne l’avons-nous pas fait ?
La deuxième approche considère que les urnes de 2018 ne sont pas la vérité des urnes. Tout comme le domaine de définition de notre expression arithmétique « 1 – 2 » peut être étendu de N (les entiers naturels) à Z (les entiers relatifs), la vérité des urnes doit exprimer les aspirations des Congolais depuis les premières luttes de l’UDPS, pour tenir compte du prix payé par certains héros comme Etienne Tshisekedi et son parti.
Entre les deux, qui a raison et qui a tort ?
Regardez à partir de son seul intérêt c’est demander à l’autre à faire de même. Le blocage en découlera logiquement. C’est là le piège diabolique qui a été tendu au peuple congolais par ceux qui ont fomenté le « putsch » de Genève et les machiavéliques penseurs du FCC.
Le ver est entré dans le fruit en deux étapes. D’abord lorsque les politiciens congolais, qui aiment voyager et être logés aux frais des étrangers, ont accepté d’aller à Genève sous l’égide de la Fondation Annan. Ensuite quand les intérêts égoïstes se sont réveillés sous la magie de leurs hôtes, experts en manipulation mentale. Et pourtant, avant Genève, Fayulu et Tshisekedi étaient copains comme cochon.
Les batailles fratricides qui s’en sont suivi pour défendre un camp contre un autre sans se donner la peine de dialoguer en sérénité en privilégiant l’intérêt commun sont regrettables et ne grandissent aucun des rhétoriciens montés aux créneaux.
Il est temps d’inviter la pensée politique dans le domaine de la politique, sinon nous seront encore manipulés demain comme nous l’avons été hier.
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