Après avoir récupéré dimanche après-midi le contrôle de Rutshuru, occupant ainsi une deuxième place forte de la rébellion du M23 sous les ovations de la population (
AFP), les FARDC poursuivent leur avancée ce matin dans l’Est de la République démocratique du Congo où elles affrontent depuis quatre jours les rebelles du M23 avec l’appui de la mission de l’ONU, rapporte
Belga.
Mais plus tôt dans la journée du dimanche alors qu’elles venaient de reconquérir Kiwanja où les rebelles disposent d’une base et s’y sont livrés à de nombreux pillages, un drame s’est produit. Un casque bleu tanzanien a été tué durant cette opération et peu après, l’armée est rentrée à Rutshuru.
Un acte que condamne avec véhémence le secrétaire général des Nations-Unies, Ban Ki-Moon, réitérant l'engagement continu de l'Organisation à prendre « toutes les mesures nécessaires » pour protéger les civils dans le pays (
ONU).
Dans cette allure de conquête, le verrou stratégique a sauté, reprend
L’Observateur. Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont découvert samedi après-midi dans la localité de Kibumba (située à une trentaine de km au nord de Goma) dont elles ont pris le contrôle, deux fosses communes
« pleines des corps des corps des gens ; civiles ou militaires, cela reste encore à préciser » a déclaré le gouverneur du Nord-Kivu que cite
radiookapi.net.
Julien Paluku a de ce fait réclamé une enquête internationale afin d’établir les responsabilités dans cette affaire dans une zone (Trois antennes) qui était contrôlée par les rebelles du M23 ; estimant qu’il s’agit là
« de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité. Et si c’est une catégorie des populations qui a été visée sur une base ethnique, c’est un crime de génocide ».
Un élan que craint le pays des mille collines qui menace la RDC de « Frappes chirurgicales ».
Le Phare qui analyse ses mots se demande si « la RDC doit-elle craindre le Rwanda ? ». Les « frappes chirurgicales » annoncées par le Rwanda seraient-elles plus meurtrières que tous les héros de l’ombre emportés dans l’au-delà, des ressources naturelles pillées depuis 16 ans par des mouvements rebelles, de l’AFDL au M23 (2009) en passant par le RDC et CNDP ?
En tout cas, après avoir perdu plus de 8 millions de ses citoyens dans des guerres directes instrumentalisées par le pays de Paul Kagame et leurs effets collatéraux, le Congo n’aurait objectivement, une raison de le craindre, précise le journal.
Toutefois, des observateurs dont les propos sont relayés par le journal pensent que le Rwanda cherche un prétexte pour entrer officiellement en guerre, de manière à tirer du pétrin le M23 qui broie du noir sur le front de l’Est. Lui qui se contente d’aider le M23 à distance, compte tenu du dispositif de surveillance de l’espace aérien congolais mis en place par la Monusco et la brigade d’intervention, il est fort gêné de se livrer à sa tricherie habituelle.
Au regard des attaques qui s’annoncent imminentes, le journal appelle les congolais à se montrer plus vigilants et de parer à tout coup fourré, d’autant plus que la « déclaration de guerre » du Rwanda a été faite devant témoins au siège même des Nations-Unies.
Etant donné que la guerre est activement préparée de l’autre côté de la frontière, la RDC n’a d’autre alternative que de faire autant. Le vent de la guerre étant en train de souffler en faveur du camp congolais, c’est le moment ou jamais de se faire respecter des maîtres de Kigali, conclut le journal.