Société
Fred Bauma et Yves Makwambala ont entamé la nuit dernière une grève de la faim illimitée, c'est ce qu'annonce le mouvement citoyen la Lucha dont Fred Bauma est membre. Les deux jeunes activistes ont été arrêtés, il y a tout juste un an, avec plusieurs dizaines d'autres personnes lors d'une conférence de presse à Kinshasa qui avait clôturé un atelier sur l'engagement civique des jeunes et lancé le mouvement citoyen Filimbi. Mais seuls Fred Bauma et Yves Makwambala restent détenus, accusés d'association de malfaiteurs, offense au chef de l'Etat, incitation à la désobéissance civile et atteinte à la sureté de l'Etat. Il y a quelques mois, l'ONU avait demandé leur libération faute de preuves.
Une cohue et un coup de filet sans précédent. Les jeunes activistes congolais sont arrêtés en pleine conférence de presse avec leurs homologues des mouvements citoyens sénégalais et burkinabè venus partagés leurs expériences, mais aussi un diplomate américain, des journalistes congolais et étrangers, des musiciens, des techniciens.
La plupart des personnes arrêtées seront libérées dans les heures ou les semaines suivantes. Le ministre de la Communication parle d'un atelier de terroristes, dont l'objectif était d'apprendre aux jeunes congolais à faire des cocktails Molotov et à déstabiliser la RDC. La communauté internationale est, elle, abasourdie. On est à un an et demi de la présidentielle et de la fin du deuxième et dernier mandat constitutionnel du président Kabila et le mouvement Filimbi qui vient de naître est perçu comme l'équivalent congolais de Y'en a marre au Sénégal et du Balai Citoyen au Burkina, considérés comme des héros de la démocratie dans leur pays.
« Un an, c'est long, mais ça ne nous décourage pas »
Malgré le flot de libérations, la pression, les chefs d'accusation retenus contre Fred Bauma et Yves Makwambala restent extrêmement lourds. Et ce même si une mission parlementaire, composée de députés de la majorité et de l'opposition, a rejeté le caractère terroriste de l'entreprise. Depuis, les leaders de Filimbi ont fui en Europe, et ce sont les militants de la Lucha qui font l'objet depuis de multiples procédures judiciaires. « Un an, c'est long, mais ça ne nous décourage pas, ni nous ni les autres », confiait Fred Bauma venu assister, la semaine dernière en prison, à l'audience de deux de ses collègues de la Lucha.
Selon le bureau conjoint des Nations unies aux droits de l'homme, il s'agit « d'un exemple clair de criminalisation de la société civile incompatible avec une société démocratique ». Dans son côté, le gouvernement congolais a régulièrement dénoncé une ingérence de la communauté internationale nuisible à l'indépendance de la justice congolaise. La Cour suprême devrait rendre son verdict quant à la demande de remise en liberté provisoire de Fred Bauma et Yves Makwambala demain, mercredi.
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