
Politique
À la veille du scrutin prévu ce vendredi 3 avril, le décor semble déjà planté au Sénat congolais. Le suspense, s’il en existait encore un, s’est dissipé avec le retrait de la course de la sénatrice Marianne Bakiele Meso, laissant le champ libre à Norbert Basengezi Katintima, désormais seul candidat en lice pour le poste stratégique de deuxième vice-président. Une élection jouée d’avance.
Un retrait qui scelle le sort du scrutin
Dans une correspondance officielle adressée au bureau du Sénat, Marianne Bakiele a choisi de s’effacer, invoquant la discipline de sa famille politique, l’Union sacrée de la nation (USN). Un retrait présenté comme un acte de loyauté envers le chef de l’État, Félix Tshisekedi, mais qui, en filigrane, consacre surtout un choix déjà entériné en amont.
Derrière les mots soigneusement pesés, la réalité est déjà connue. Le candidat commun est désigné, et les lignes semblent verrouillées. Dès lors, la question n’est plus de savoir qui sera élu, mais si les sénateurs oseront s’écarter du mot d’ordre.
Basengezi, un candidat porté mais contesté
Premier à déposer sa candidature dès le 28 mars, Norbert Basengezi a rapidement pris une longueur d’avance face à ses concurrents. Une avance aujourd’hui transformée en quasi-certitude, à la faveur du ralliement imposé au sein de la majorité au pouvoir.
Ses soutiens mettent en avant son expérience politique et son ancrage dans le Sud-Kivu, le présentant comme un successeur logique de Modeste Bahati Lukwebo. Mais cette lecture est loin de faire l’unanimité. Car derrière le profil politique, un passé refait surface dans le débat public.
Le nom de Basengezi apparaît dans le rapport Mapping des Nations unies publié en 2010, document de référence sur les violations des droits humains commises entre 1993 et 2003 en RDC. Il y est évoqué dans un contexte lié aux conflits armés dans l’est du pays.
Son parcours l’a également conduit à évoluer dans des mouvements rebelles comme le RCD, dans une période particulièrement troublée de l’histoire nationale. Des éléments qui, sans constituer une condamnation judiciaire, continuent néanmoins d’alimenter les interrogations dans l’opinion et certains milieux politiques.
Dans les cercles proches du pouvoir comme dans la société civile, les réactions oscillent entre prudence et inquiétude. Certains estiment que ces zones d’ombre mériteraient davantage d’éclaircissements, tandis que d’autres appellent à ne pas enfermer indéfiniment les acteurs politiques dans leur passé.
Même au sein de l’Union sacrée, des voix discordantes se font entendre. Le regroupement AFDC-A s’est dit surpris du choix porté sur Basengezi pour un poste qu’il considère comme lui revenant de droit après la démission de son autorité morale, Modeste Bahati. En coulisses, les discussions sont vives. L’Union sacrée navigue sur une ligne de crête.
Le poids des considérations internationales
Autre élément qui alimente la controverse : les sanctions américaines visant Basengezi. Celles-ci, prises en 2019 dans un contexte électoral tendu, pointent des accusations liées au processus démocratique. Là encore, aucune décision judiciaire congolaise ne vient trancher définitivement la question. Mais dans un pays engagé dans des relations stratégiques avec les États-Unis, ce facteur risque de peser dans les calculs politiques.
Face à cette candidature controversée, certains observateurs évoquaient le profil d’Eustache Muhanzi Mubembe, dont le parcours gouvernemental et institutionnel est salué pour sa régularité et sa rigueur. Mais dans la configuration actuelle, cette option semble reléguée au second plan. Le choix politique est fait. Et il s’impose.
Une élection sans surprise ?
À quelques heures du vote, une certitude domine : Norbert Basengezi part favori, et de très loin. Le mot d’ordre de la famille politique est clair. La discipline partisane est rarement prise en défaut. Reste une inconnue, une seule : les sénateurs suivront-ils à la lettre la ligne tracée, ou décideront-ils, contre toute attente, de s’en affranchir ? sauf surprise de dernière minute, le successeur de Modeste Bahati Lukwebo est déjà connu. Il se nomme Norbert Basengezi. Et ce vendredi, plus qu’une élection, c’est une formalité qui pourrait se jouer dans l’hémicycle.
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Norbert Basengezi, le seul candidat sénateur au poste de deuxième vice-président du Sénat @Photo Droits tiers.