Economie
Une proposition de loi déposée le 24 mars 2025 à la Chambre des représentants des États-Unis vise à interdire l’importation de cobalt raffiné en Chine vers le territoire américain. C’est ce qu’a révélé, fin mars 2025, un consortium des médias internationaux dont l’Agence Bloomberg.
Porté par le républicain Christopher Henry Smith, le texte, baptisé « Cobalt Restriction Act » (H. R. 6909), repose sur l’hypothèse selon laquelle ce cobalt serait extrait ou traité grâce au travail des enfants et au travail forcé en République Démocratique du Congo (RDC).
Le projet de loi s’appuie sur plusieurs rapports dénonçant des conditions de travail précaires dans les mines congolaises et des atteintes aux droits humains.
Cependant, il prévoit une interdiction stricte de tout produit contenant du cobalt raffiné en Chine, à moins que des preuves irréfutables attestent de son origine hors RDC.
Une offensive récurrente sur le cobalt congolais
Il sied de souligner que ce n’est pas la première fois que Washington cible le cobalt de la RDC.
Déjà en septembre 2024, le Département du Travail américain avait ajouté la RDC à sa liste des produits associés au travail des enfants, une décision qui avait suscité de vives réactions.
Cependant, cette nouvelle initiative législative s’inscrit dans un contexte de rivalité stratégique sino-américaine.
Des insights issus de think tank spécialisés sur des enjeux miniers renseignent que la Chine contrôle actuellement plus de 80 % de l’offre mondiale de cobalt raffiné, un minerai essentiel pour les batteries de véhicules électriques et les technologies avancées.
Un enjeu géopolitique et industriel majeur
Derrière les arguments éthiques liés aux droits humains, cette proposition de loi révèle surtout un enjeu géoéconomique.
Les États-Unis cherchent à réduire leur dépendance vis-à-vis de la Chine sur les métaux stratégiques, en particulier le cobalt, indispensable à leur transition énergétique et technologique.
Pour la RDC, les experts du secteur soulignent que ledit projet de loi pose un double défi :
Primo, une pression accrue sur la traçabilité et les normes d’extraction. Si le texte est adopté, les entreprises congolaises devront prouver que leur cobalt n’est pas exploité dans des conditions illégales, sous peine de voir leur accès au marché américain se restreindre ;
Secundo, un impact sur les relations économiques avec la Chine : Principal raffineur du cobalt congolais, Pékin pourrait renforcer sa mainmise sur l’exploitation minière en RDC et réorienter sa production vers d’autres marchés, notamment européens et asiatiques.
En somme, cette proposition de loi n’est pas seulement une mesure de protection des droits humains, mais une arme économique dans la guerre d’influence entre la Chine et les États-Unis sur le contrôle des ressources stratégiques africaines.
Par ailleurs, le ghota économique congolais s’interroge sur la nécessité d’une telle loi dans un contexte des tentions et incertitudes économiques en cours au pays, illustrées par l’agression de la République Démocratique du Congo par le Rwanda.
« Une telle loi ne profite pas à la République Démocratique du Congo présentement. Le contexte n’est pas propice surtout. La meilleure façon de faire, c’est de sanctionner étape par étape le Rwanda qui agresse la RDC tout en bafouant les vies humaines. », explique un entrepreneur évoluant dans le secteur minier.
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