Politique
Cela passe par la réduction ou le changement de l’équipe en place. Si l’idée d’un remaniement allait de soi pour corriger des faiblesses décelées dans le chef de certains membres du gouvernement, aujourd’hui, la possibilité de faire partir toute l’équipe Ilunga Ilunkamba n’est plus écartée. Il ne sera peutêtre plus question de se limiter à remplacer les ministres qui ne répondent plus aux critères et aux nouvelles donnes.
À l’évidence, le changement du Premier ministre suppose de longues procédures et tractations. Cela est pris en compte dès lors que le sujet se discute déjà. Les discussions seraient même très avancées, apprend-on des sources proches de la coalition au pouvoir. La nouvelle équation, c’est aussi la taille du gouvernement.
Avec ses 66 membres et la baisse du budget 2020 qui tient compte de la conjoncture économique du moment, il y a de quoi craindre le caractère budgétivore d’un gouvernement éléphantesque dans un contexte où les institutions politiques du pays sont appelées à réduire sensiblement leur train de vie. La session parlementaire de mars 2020 qui se profile déjà à l’horizon pourrait bien coïncider avec le grand remue-ménage.
Les jours de Sylvestre Ilunga Ilunkamba sur l’avenue Roi Baudouin sont-ils comptés ? La question est d’actualité. Le changement du gouvernement se discute dans la ville haute, apprendon. La coalition au pouvoir invoque la notion de «sang neuf» pour insuffler un nouveau rythme à la gestion de la République. Mais au-delà du changement de têtes, l’optique serait surtout d’impulser de la vigueur aux politiques publiques tenant compte de la conjoncture économique internationale.
L’autre motivation qui soustend l’idée d’imposer une cure d’amaigrissement au gouvernement ou de carrément faire partir toute l’équipe, c’est la réalité actuelle de la conjoncture économique. Le «Plan de Trésorerie» du Budget 2020 publié par le ministère des Finances est critique. Cet outil de gestion et de pilotage de l’exécution du Budget rabat les recettes du budget de 18.545,2 milliards de CDF (11,012 milliards USD), à 13.869 milliards de CDF. Et ce, au regard des fluctuations de la conjoncture et des contraintes trouvées sur le terrain.
Cette réalité fait du gouvernement Ilunga une équipe budgétivore pendant que le contexte exige des institutions politiques du pays la réduction sensible de leur train de vie.
DÉSIGNATION DE L’OISEAU RARE : NOUVEAU CHALLENGE
Entretemps, le décor des négociations s’est déjà mis en place, confirme-t-on dans les milieux spécialisés. Tout est fait pour que le débat soit bouclé au cours de la session parlementaire de mars, laquelle s’ouvre le 15 mars. Il s’agira ainsi d’une rentrée parlementaire pleine de suspense.
Pour les observateurs avertis, la question écrite du député national AMK, André-Claudel Lubaya au Premier ministre rentrerait dans ce schéma. En date du 28 janvier, en effet, l’élu de Kananga au Kasaï central, a adressé une question écrite à Ilunga Ilukamba, lui demandant de présenter le chronogramme détaillé des objectifs à atteindre durant l’année en cours, en vue de permettre à la représentation nationale d’avoir un suivi sur la mise en œuvre, jour après jour , des actions inscrites dans le programme du gouvernement.
Cette action de contrôle tombe à pic dans une période où des tensions sont observées au niveau de l’appareil gouvernemental. Le cas récent des échanges aigres-doux entre le vicePremier ministre en charge de la Justice et le vice-ministre de ce secteur.
Dans tous les cas, si la coalition au pouvoir a levé le principe de nomination d’un nouveau Premier ministre, la grande bataille devrait vraisemblablement se dérouler autour de la désignation de cet oiseau rare appelé à succéder à Sylvestre Ilunga Ilunkamba. Est-ce à dire que les consultations parlementaires devraient refléter ce que veut le peuple, et non ce que désirent le Parlement et la coalition ? La question demeure. Mais d’ores et déjà, on sait que le prochain Premier ministre ne pourra sortir que des rangs du FCC, au regard du principe de partage convenu préalablement entre les partenaires de la coalition.
Pour y arriver, c’est la règle de la majorité en interne qui va primer, comme par le passé. Ce qui fait qu’au sein du FCC, c’est le PPRD, fort de sa position de première force politique du front, qui aura droit à la parole pour proposer son candidat. Et dans ce choix, l’équilibre régional ne sera pas ignoré, autant que le Premier ministre est dans la catégorie des animateurs phares des institutions de la République après le président de la République et les présidents de deux Chambres du Parlement.
KABILA PRÉSENT SUR LA SCÈNE
Dans le nouveau jeu qui devra déboucher sur la nomination d’un nouveau Premier ministre en remplacement de Sylvestre Ilunga Ilunkamba, il est clair que l’ancien président Joseph Kabila demeure, lui aussi, bien présent sur la scène politique. En tout cas, des sources bien informées indiquent que la question de nomination d’un autre chef du gouvernement a été abordée lors des échanges, dans sa ferme privée de Kingakati, entre Joseph Kabila et les grands notables de la communauté katangaise. C’est après cette rencontre que des noms sont cités, tous de l’espace Grand Katanga, notamment : Yav Mulang, le tout dernier ministre des Finances de Joseph Kabila. Celui-ci est également présenté comme la meilleure carte dans la nouvelle politique économique avec le FMI.
À côté de lui, se tient le professeur Jean Mbuyu Lunyongola, ce proche de Joseph Kabila qui, aux derniers instants de Kabila au pouvoir, a joué le rôle de conseiller spécial en matière de sécurité.
En dehors de l’espace Katanga, d’autres caciques de l’ancien parti présidentiel se positionnent en outsiders. Il y a notamment l’ancien président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, originaire du Grand Bandundu et fidèle inconditionnel de Joseph Kabila ; le professeur Néhémie Mwilanya, coordonnateur du FCC, présenté dans les milieux comme l’un des confidents de Joseph Kabila, etc.
Pour tout dire, la cure d’amaigrissement imposée aux institutions du pays, en particulier le gouvernement, nous réserve bien des surprises.
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