Politique
La nomination de Bruno Tshibala comme Premier ministre en remplacement de Samy Badibanga sonne comme une cloche qui annonce la confirmation de l'isolement de la RDC par tous ses partenaires tant bilatéraux que multilatéraux. Toutes les capitales sans exception se sont limitées à « prendre acte » de cette nomination. Bien plus, elles ajoutent que cette nomination n'est pas conforme à l'accord de la Saint sylvestre signé sous la médiation de la Cenco le 31 décembre 2016.
L'isolement diplomatique qui finit par se résumer à un isolement tout court de la RDC est en marche. Les déclarations qui ont suivi la nomination de Bruno Tshibala comme Premier ministre en disent long sur l'état d'esprit de ceux qui tiennent à l'œil la RDC. De Washington, New York, Paris ou Bruxelles, le ton est ferme. Cette décision du chef de l'Etat s'écarte de l'esprit et la lettre de l'accord de la Saint Sylvestre. Il appartenait au Rassemblement de proposer un Premier ministre et le vrai Rassemblement a été désigné par la Cenco à travers Félix Tshisekedi et Pierre Lumbi. Mais, le chef de l'Etat a suivi une autre voie, face à l'intransigeance du Rassemblement de ne présenter pour la nomination qu'un seul nom en se conformant aux prescrits de l'accord du 31 décembre en cette matière.
Cet isolement que les autorités sont elles-mêmes en train d'entretenir et d'encourager à travers un discours souverainiste d'un autre âge a des conséquences pour le moins gravissimes pour le pays. Il va impacter négativement et gravement le vécu quotidien des Congolais qui ont encore frais en mémoire les conséquences de l'affaiblissement de l'Etat ayant laissé la voie libre à des voisins-prédateurs qui dictent leur loi depuis deux décennies.
C'est l'occasion trouvée par des pécheurs en eaux troubles pour dédoubler le Rassemblement et offrir le prétexte au chef de l'Etat à chercher son Premier ministre dans le groupe qui arrange le mieux ses intérêts. Ce qui fut fait et a produit les conséquences que l'on déplore actuellement. Les conséquences de cet isolement qui se profile à l'horizon sont nombreuses.
D'abord la désarticulation de l'économie avec la détérioration du climat des affaires suite à la tension politique permanente qui ne peut attirer des investisseurs sérieux au pays. Faute de nouveaux investissements, ce sont des emplois qui ne seront jamais créés pour des jeunes avec l'autre risque que les quelques emplois existant ne soient supprimés parce que de nombreux opérateurs économiques se décideraient de quitter le pays pour fuir les affres de la tension politique permanente.
Sur le plan de la coopération, cet isolement signifie que la RDC devra oublier des appuis budgétaires. Faute de moyens pour financer les élections en même temps que le social, le recours à la planche à billets livrera la population à la merci de l'inflation, synonyme de la perte du pouvoir d'achat. Ce qui alimentera la grogne sociale et la contestation.
La monnaie nationale dont la fragilité est connue de tous ne résistera pas à des chocs qui lui feront perdre sa valeur à tout bout de champ. A la fin des années Mobutu, la monnaie nationale avait atteint les profondeurs des entrailles de la terre.
Suspension de la coopération militaire avec la Belgique
Les autorités de Kinshasa ont décidé de couper toute coopération à caractère militaire avec la Belgique. Et pour cause! A Kinshasa, on a mal digéré la déclaration du ministre belge des Affaires étrangères pour qui la nomination de Bruno Tshibala au poste de Premier ministre dans le cadre de l'accord du 31 décembre 2016 s'écarte totalement de l'esprit et de la lettre de ce compromis conclu sous la houlette de l'Eglise catholique. Cette décision est-elle le résultat d'une réflexion menée en haut lieu ou simplement un coup de tête comme savait le faire l'ex dictateur Mobutu avec ses "amis" Belges? Ç’en a tout l'air!
Le 11 avril,alors que toutes les capitales réagissaient à la nomination du nouveau Premier ministre Bruno Tshibala, voici que le ministre congolais de la Défense, a saisi l'attaché militaire belge à Kinshasa pour lui signifier la suspension de la coopération militaire avec le pays de Lumumba. Cette mesure étonne en même temps qu'elle interpelle sur les motivations qui vont dans le sens de priver la RDC, par la seule volonté de ses dirigeants, d'un appui qui n'a rien de politique comme la formation des unités des Forces armées de la République démocratique du Congo. Ainsi que tout le monde le sait, c'est grâce aux unités formées par des instructeurs belges que le mouvement du 23 mars a été vaincu. Des officiers à Kananga, à l'école de formation d'officier (EFO) sont pris en charge par les mêmes instructeurs belges. D'où cette question qui taraude les esprits patriotiques: comment réagit-on à une déclaration politico-diplomatique par la suspension d'une coopération fructueuse et qui permet de consolider l'Etat congolais?
Serait-ce l'exécution inconsciente d'un plan concocté ailleurs par ceux qui ne jurent que par la disparition de la RDC comme Etat dans ses dimensions actuelles? Nul ne le sait.
Sursaut politique
La solution reste un sursaut politique de la part de tous les acteurs en présence à commencer par le chef de l'Etat, lui à qui revient la plus lourde responsabilité de donner une orientation à la marche et à l'avenir de la RDC. Revenir à l'esprit et à la lettre de l'accord du 31 décembre permettrait d'éviter des souffrances supplémentaires au peuple misérable de la RDC. Sans hypothéquer la souveraineté nationale, il revient au chef de l'Etat de tout scruter, dans le sens de ne privilégier que l'intérêt du peuple et de la nation. Le durcissement de ton envers des partenaires, lesquels nous invitent à suivre la seule voie de la raison, ne peut pas trouver de la résistance mais une accessibilité qui ouvre à des perspectives heureuses.
Lorsque le Zaïre avait été frappé, Mobutu parti, la RDC en a souffert durant de longues années. Personne de la Majorité présidentielle ni du Rassemblement ne peut se réjouir de cette descente aux enfers à travers l'isolement qui avait provoqué des conséquences graves dans un passé relativement récent.
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