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Facebook décline son service pour permettre aux organisations de se doter d'un réseau social d'entreprise. En bêta, la solution sera lancée courant 2016.
Facebook travaille sur une déclinaison de son réseau social pour l'entreprise. Nom de code du projet : FB@Work. Utilisée en interne par le groupe américain depuis des années, la solution fait l'objet d'une bêta privée depuis janvier 2015. Dans ce cadre, elle est testée par 450 entreprises à travers le monde. Parmi les principales références de ce programme de pré-lancement figurent la Royal Bank of Scotland ou encore le groupe télécom norvégien Telenor. En France, la SNCF (branche Gares & Connexions), Iliad-Free, Lagardère Active et le Club Méditerranée sont également sur les rangs. Certains cabinets de conseil français commencent aussi à le tester (comme Emakina).
Un site a été mis en ligne par Facebook pour faire une demande d'accès à cette bêta privée (c'est son nom officiel). Pour l'heure, 60 000 entreprises seraient en liste d'attente pour tester la solution (Dixit TechCrunch). La version finale de l'outil doit être lancée en 2016. Elle sera proposée sous la forme d'une offre freemium.
Un réseau social d'entreprise, mais pas uniquement
Concrètement, FB@Work est une déclinaison de Facebook qui permettra aux organisations de créer leur propre réseau social. Il s'agit d'une solution dont l'ergonomie et les fonctionnalités sont très proches du Facebook historique (voir la capture ci-dessous). Elle s'accompagne d'une app, baptisée Work, déclinée pour iOS et Android, conçue pour accéder à ses fonctionnalités en mobilité. Et ce à l'exception de la messagerie instantanée - qui fait l'objet d'une app à part (baptisée Work Chat), pour l'heure limitée à Android.
Avec cette initiative, Facebook se positionne en concurrent direct de nombreux éditeurs de réseaux sociaux d'entreprise (RSE), au premier rang desquels Microsoft (avec Yammer), Salesforce (avec Chatter) ou encore Jive, pour ne citer que quelques-uns d'entre eux.
Une solution très inspirée du Facebook historique
Facebook at Work reprend les grandes fonctionnalités de Facebook. En premier lieu, "le Profil permet aux collègues de se connecter entre eux", explique Julien Lesaicherre, responsable de Facebook at Work pour la région EMEA. "Il fournit une vue dynamique du profil collaborateur : son activité sur le réseau, les personnes qui le suivent..." Comme Facebook, FB@Work propose aussi de créer des groupes. Ils pourront être ouverts à tous les salariés, ou fermés (avec pour les non-membres la possibilité de consulter seulement leur objet), voire secrets et visibles uniquement de leurs participants. "Le groupe peut permettre de gérer des projets, traiter l'opérationnel, le support...", commente Julien Lesaicherre. Enfin Facebook at Work n'est pas seulement un réseau social d'entreprise puisqu'il comprend également, tout comme Facebook, une messagerie instantanée par texte, voix ou vidéo. Ce qui le rend d'ailleurs potentiellement concurrent des applications SaaS de collaboration temps réel, comme Slack ou HipChat, qui s'articulent aussi autour d'une messagerie instantanée.
Une expérience connue des 1,5 milliard d'utilisateurs de Facebook
Le principal avantage de FB@Work sur ses concurrents ? Proposer une expérience que maitrisent déjà les 1,5 milliard d'utilisateurs du réseau social à travers le monde, dont 28 millions en France. L'outil promet d'être extrêmement facile à prendre en main, y compris pour les administrateurs (via une console de gestion des comptes de l'entreprise). FB@Work pourrait par ailleurs faciliter les interactions avec l'extérieur, que ce soit avec des clients, eux-mêmes présents sur Facebook, qu'avec des fournisseurs ou partenaires.
Un modèle Freemium
Le modèle Freemium de Facebook at Work a pour but de faciliter encore son adoption. Sa formule gratuite devrait permettre d'accéder à toutes les fonctionnalités de l'environnement. Facebook prévoit ensuite de tarifer quelques dollars par utilisateur et par mois des services Premium - qui incluront support et outils analytics de suivi d'activité.
Reste à savoir si l'offre premium ne sera pas obligatoire passé un certain nombre d'utilisateurs.
Les bots arrivent...
Pour la suite, quelles pourraient être les futures évolutions apportées à Facebook at Work ? Les bots devraient très probablement être l'une d'entre elles. N'oublions pas qu'il s'agit de la fonctionnalité phare mise en avant par l'un des plus grands concurrents de Facebook at Work, alias Slack notamment pour l'intégration d'apps tierces. Facebook a déjà annoncé la possibilité d'intégrer des bots à sa messagerie instantanée grand public Messenger (lire : Comment les bots vont envahir Messenger). Conçus pour comprendre des questions en langage naturel et y apporter des réponses, ces robots virtuels doivent permettre aux entreprises de proposer, via Facebook, de nouveaux services BtoC (fils d'actualités personnalisés, support client...). De là à ce que Facebook décide de les introduire, aussi, dans le Messenger de Facebook at Work, il n'y a qu'un pas.
Depuis août 2015, le groupe américain teste aussi un assistant personnel, baptisé M, intégré lui aussi à Messenger. Une brique qui pourrait venir enrichir la Facebook at Work en vue d'automatiser certaines tâches.
Une sécurité qui se veut sans faille
Les premières réactions à FB@Work sont plutôt mitigées. "Facebook at Work pourra permettre aux organisations de s'équiper d'un réseau social d'entreprise de base. Mais cet outil ne modifiera pas profondément le marché. Il ne devrait pas concurrencer les solutions les plus avancées", a pu nous confier Arnaud Rayrole, directeur du cabinet Lecko (lire l'interview complète). Dans les colonnes de Techcrunch, Brent Leary, associé chez CRM Essentials, abonde dans le même sens : "Il est certes intéressant pour Facebook de se lancer sur ce terrain, mais il sera assez difficile pour lui de bâtir une plateforme capable de répondre aux besoins d'interactions multiples du contexte business." Pour Rachel Happe, co-fondateur de The Community Roundtable, "les faiblesses de l'outil sur la gestion de contenu et de projet limiteront son intérêt pour les grandes organisations". En revanche, les PME pourraient, elles, y trouver leur compte.
La délicate question de la sécurité
Autre difficulté soulignée par la plupart des observateurs, Facebook devra aussi convaincre les DSI. La question de la sécurité constituera ici le principal point d'achoppement. "Chaque compte d'entreprise de Facebook at Work est isolé et sécurisé sur une architecture hébergée chez nous et que nous maîtrisons de A à Z. Je rappelle que nous construisons nos serveurs et équipements réseau", argue sur ce point Julien Lesaicherre chez Facebook. "Il n'y a aucune passerelle avec les comptes publics, et l'outil est compatible avec les annuaires LDAP et Active Directory. Enfin, Facebook at Work est livré avec une console pour les administrateurs pour ajouter des utilisateurs, gérer des groupes..." (voir aussi un document PDF publié par le Facebook sur cette question de la sécurité). Ainsi, Facebook a pris un soin tout particulier à peaufiner cet aspect, car il sait que dans ce domaine, il n'a pas droit à l'erreur.
Le code à 7 caractères (précédé de « @ ») à côté du Nom est le Code MediaCongo de l’utilisateur. Par exemple « Jeanne243 @AB25CDF ». Ce code est unique à chaque utilisateur. Il permet de différencier les utilisateurs.
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Pésentation des écrans desktop et mobile de Facebook at Work publié sur le site dédié à l'application