
Politique
Le Conseil national de suivi de l’Accord et du processus électoral insiste sur la nécessité de faire du dialogue la priorité nationale du moment. Dans sa communication du 31 mars 2026, le CNSA, s’appuyant sur les préoccupations exprimées par les combattants Wazalendo du Nord et Sud-Kivu, insiste sur une évidence qu’elle juge désormais ignorée : la guerre est toujours là, les souffrances persistent, et seule une démarche politique inclusive entre Congolais peut ouvrir la voie à une paix durable.
Pour son président, Joseph Olengankoy, le dialogue n’est plus une option, mais une nécessité vitale. Dans le même souffle, l’institution met en garde contre le déplacement du débat national vers la révision de la Constitution, jugée inopportune et juridiquement discutable en pleine situation de guerre, et surtout dangereuse en ce qu’elle détourne l’attention de l’essentiel à savoir : mettre fin au conflit et restaurer la cohésion nationale.
Réuni en session ordinaire sous la présidence de Joseph Olenghankoy Mukundji, le CNSA a fondé sa réflexion sur une réalité portée par les combattants Wazalendo venus du Nord et Sud-Kivu. À travers leur délégation, ces derniers ont exprimé au patron du Conseil national de suivi de l’accord la gravité des souffrances vécues au quotidien par les populations de l’est, tout en appelant à une issue politique.
Le CNSA voit dans cette démarche un signal fort. Pour l’institution, le recours au dialogue n’est pas une posture politique parmi d’autres, mais l’expression d’un désir profond partagé au sein de la population, au-delà des clivages entretenus par les discours politiques. C’est à ce titre qu’il le considère à la fois comme une étape incontournable et comme un objectif majeur pour stabiliser durablement le pays et prévenir la répétition des conflits.
Mais à cette lecture, Joseph Olengankoy oppose un constat préoccupant : celui d’un décalage grandissant entre la réalité des zones en guerre et les priorités affichées dans les milieux des élites. En dehors des provinces directement touchées, la guerre semble progressivement disparaître du centre des préoccupations nationales. Comme si elle n’était plus une urgence. Comme si les souffrances qu’elle engendre n’imposaient plus de réponse immédiate. Le CNSA va plus loin en pointant une responsabilité précise. Selon lui, ce glissement n’est pas fortuit. Il serait alimenté par une partie de la classe politique, soutenue par une élite intellectuelle décrite comme suiveuse, ayant déplacé le débat vers des enjeux éloignés des réalités du terrain.
Dans cette dynamique, les populations victimes de la guerre se retrouvent reléguées à l’arrière-plan, avec le sentiment croissant d’être abandonnées à leur sort. Au cœur de cette critique se trouve la question de la révision constitutionnelle. Le CNSA ne se contente pas d’en contester l’opportunité politique. Il en souligne également les limites juridiques. Dans un contexte marqué par la guerre et l’état de siège, l’article 219 de la Constitution interdit toute révision. À cela s’ajoute une contrainte pratique majeure : l’organisation d’un référendum sur l’ensemble du territoire apparaît difficilement envisageable tant que certaines zones échappent à l’autorité de l’État.
Pour l’institution, insister sur ce débat dans de telles conditions revient à ignorer les réalités du pays. Pire, cela pourrait exposer la République à des risques majeurs, notamment celui d’alimenter des dynamiques de fragmentation ou de compromettre l’unité nationale. Le CNSA évoque, à ce sujet, une responsabilité historique lourde pour ceux qui s’engageraient dans cette voie sans tenir compte du contexte.
Au-delà des considérations juridiques et politiques, c’est une critique plus profonde du fonctionnement des élites qui se dégage. Le CNSA dénonce une incapacité à hiérarchiser les priorités, à distinguer l’essentiel de l’accessoire. Dans cette logique, les débats autour des positions politiques, des avantages matériels ou des mécanismes d’accession au pouvoir prennent le dessus sur les enjeux fondamentaux liés à la survie même de la nation.
Cette situation, selon l’institution, met en péril non seulement la cohésion nationale, mais alimente également un sentiment de résignation au sein des populations affectées. À force de ne plus se sentir prises en compte, celles-ci pourraient se convaincre que leur sort n’intéresse plus ni les dirigeants ni les élites censées porter leur voix.
Face à ce risque, le CNSA insiste sur la nécessité de revenir à l’essentiel. La paix est présentée comme le bien suprême, celui qui doit primer sur toutes les autres ambitions. Et cette paix ne peut être envisagée sans un cadre politique clair, celui d’un dialogue inter-congolais inclusif, capable de rassembler les différentes composantes de la nation autour d’un objectif commun.
Dans cette perspective, l’institution lance un appel appuyé à l’ensemble des acteurs politiques, intellectuels, économiques et culturels à replacer l’intérêt supérieur du peuple et de l’État au cœur de leurs préoccupations. Il s’agit, selon elle, de redonner du sens à l’action publique, en la recentrant sur sa finalité première : répondre aux attentes des populations et préserver l’unité du pays.
Le code à 7 caractères (précédé de « @ ») à côté du Nom est le Code MediaCongo de l’utilisateur. Par exemple « Jeanne243 @AB25CDF ». Ce code est unique à chaque utilisateur. Il permet de différencier les utilisateurs.
Les plus commentés
Politique « Le vrai blocage, c’est la peur du peuple » : le Front anti-dialogue répond à Olenghankoy
13.04.2026, 7 commentairesPolitique Négociations entre Kinshasa et le M23-AFC : « Vous devez savoir qu’à partir de la semaine prochaine, le processus de paix de Doha va continuer en Suisse » (Patrick Munyomo)
11.04.2026, 5 commentairesPolitique Négociations Kinshasa–AFC/M23 en Suisse : l’ombre de Joseph Kabila alimente les incertitudes
13.04.2026, 5 commentairesSociété Embouteillage à Kinshasa : le gouvernement veut construire un viaduc de 3,5 km dans la baie de Ngaliema pour désengorger la Gombe
12.04.2026, 3 commentairesOnt commenté cet article
Ils nous font confiance
Joseph Olenghankoy, président du Conseil national de suivi de l’Accord @Photo Droits tiers.