Recherche
  Home Actualités Petites annonces Offres d’emploi Appels d’offres Publireportages C'est vous qui le dites Medias & tendances Immobilier Recherche Contact



Infos congo - Actualités Congo - MCN - 20 ans
mediacongo
Retour

Politique

Changer ou réviser : le dilemme de Tshisekedi

2024-10-25
25.10.2024
2024-10-25
Ajouter aux favoris
http://www.mediacongo.net/dpics/filesmanager/actualite/2024_actu/10-octobre/21-27/tshisekedi_a_kisangani_ce_qu_il_a_dit_a_la_population_23_oct_2024.jpg -

À Kisangani où il a jeté le pavé dans la mare sur ses intentions de réformer la Constitution, le président Félix Tshisekedi est resté cependant évasif. Tantôt, il parle de la révision constitutionnelle, tantôt de soumettre la question des articles intangibles à la décision du peuple souverain, dont le “oui” à un quelconque référendum conduirait au changement de la Constitution. En d’autres termes, le déverrouillage des articles intangibles est le chemin qui mène à la présidence à vie ou à une rallonge de son mandat deux fois, s’il est encore élu. Le Togo de Faure Gnassingbé fils l’a fait, le Rwanda de Paul Kagame aussi et surtout la Russie de Vladimir Poutine. À se demander si le Congo-Kinshasa ne vire pas lentement et sûrement vers un régime autocratique.

Tout est désormais clair. La voix du chef a fixé l’opinion. La Constitution sera retouchée ou carrément changée, faute d’intégrer les réalités congolaises. D’ailleurs, le président de la République a accusé les législateurs de l’époque d’avoir fait le lit de l’étranger. Pour lui, l’actuelle loi fondamentale, caricature de l’étranger et conçue par les étrangers, ne reflète pas les réalités locales. D’où, il faut la réviser ou la changer carrément. “Notre Constitution n’est pas bonne, elle a été élaborée à l’étranger et par des étrangers”, a dénoncé Tshisekedi lors d’un meeting à la place de la Poste, au cœur de Kisangani, le chef-lieu de la province de la Tshopo (nord-est).

Devant une foule immense, le président congolais a promis de mettre en place dès l’année prochaine une commission chargée d’élaborer une “Constitution adaptée aux réalités” de la République démocratique du Congo (RDC). “Notre Constitution doit être élaborée sur la base de nos habitudes, en tant que peuple congolais”, a-t-il expliqué. Il a précisé que “cette Constitution ne va plus handicaper le fonctionnement du pays”.

Seulement, le chef, accusé de vouloir s’éterniser au pouvoir, évite malignement d’évoquer son maintien à la fin de son deuxième mandat constitutionnel. Dans ses dires, on le sent se réfugier derrière la volonté du peuple. Une manière de dire que si le peuple dit “oui” au référendum, il va s’incliner. “Personne n’est dupe”, s’égosille un activiste de la société civile. Avec la Ceni-Kadima, dit-il, le pouvoir dictera sa volonté. Pas surprenant de voir Tshisekedi rester à vie comme l’a toujours clamé son parti, hurle-t-il. En RDC, un changement de la Constitution doit être approuvé par référendum ou par le vote favorable des 3/5e du Parlement.

Depuis un temps, Tshisekedi, 61 ans, ne cesse de décrier cette constitution qu’il juge “dépassée” et le besoin de faire des “réformes”. Mais attention, l’opposition le met déjà en garde contre toute tentative de s’accrocher au pouvoir en torpillant la Constitution de 2006. D’ailleurs, les propos du président sur l’élaboration de cette nouvelle constitution n’ont pas suscité de grands applaudissements du public, contrairement à l’appel à l’unité entre deux communautés rivales (Mbole et Lengole), évoqué quelques instants plus tôt.

– Katumbi vent debout contre tout changement de la Constitution –

À haute voix, Moïse Katumbi a désapprouvé la démarche du président Tshisekedi et de son parti qui, selon lui, foncent vers un crash. A ses yeux, M. Tshisekedi a trahi le peuple en qualifiant la Constitution du 18 février « des étrangers ».

Au micro d’actualité.cd, le chef de file de l’opposition a été trop tranchant. « La Constitution ne changera pas. Elle a été approuvée par le peuple, et aujourd’hui, Félix Tshisekedi traite ce peuple comme des étrangers ? Ça ne m’étonne pas. Je crois que Félix Tshisekedi n’était pas prêt à diriger la RDC», rappelant que prétendre changer la Constitution aujourd’hui, c’est une « utopie ».

Et d’ajouter qu’« après six ans au pouvoir, Tshisekedi n’est toujours pas prêt à diriger la RDC, et même si on lui laissait 30 ou 40 ans au pouvoir, il ne serait toujours pas prêt. Il n’y aura pas de changement de la Constitution, c’est de l’utopie. Le problème du Congo, c’est la mauvaise gouvernance, ce n’est pas la Constitution. Voyez-vous pourquoi le pouvoir s’acharne sur les opposants et toute autre voix discordante ? Félix Tshisekedi vient de commettre ce qu’on appelle trahison. Il a menti au peuple et il a trahi la confiance du peuple », a rallé le leader d’Ensemble.

– Lamuka rejette le schéma Tshisekedi –

À la coalition Lamuka, l’un des ténors, Prince Epenge, a fustigé le coup de force de l’Udps. « Après avoir suivi Félix Tshisekedi à Kisangani, je confirme qu’il est devenu un danger pour notre pays ». Le radical opposant rappelle que « (…) la Constitution qu’il tente péniblement de vilipender, a cimenté l’unité du pays par voie référendaire. D’ailleurs, son père Étienne Tshisekedi, docteur en droit, « avait prêté serment sur la même Constitution ».

Epenge prévient que « Félix Tshisekedi assumera jusqu’au bout les conséquences désastreuses de son aventure ». Le proche collaborateur de Fayulu rappelle la vidéo où Félix Tshisekedi, dans sa casquette d’opposant, avait déclaré que le problème du Congo, « ce n’est pas la Constitution ».

Pour sa part, la direction d’Envol avertit que la Constitution ne saurait être tenue pour responsable des dysfonctionnements institutionnels qui minent la démocratie congolaise. “Ce n’est pas la Constitution qui empêche la conquête de la paix dans l’est, où les institutions sont sous l’état de siège depuis le mois de mai 2021; ce n’est pas la Constitution qui a établi non plus que la rétrocommission soit légale, faisant du détournement des deniers publics le modèle ordinaire de la gestion de l’État ; ce n’est pas la Constitution qui a organisé le RAM; ce n’est pas la Constitution qui a institué la fraude électorale comme moyen d’accession au pouvoir; ce n’est pas la Constitution qui empêche le respect du principe de la séparation des pouvoirs d’État ; ce n’est pas enfin la Constitution qui éloigne le commandant suprême du pays pourtant en guerre”.

– La société civile opposée au changement de la Constitution –

Des voix s’élèvent également au sein de la société civile pour dire non à toute révision de la Constitution. La Nouvelle société civile congolaise considère que le projet du chef de l’État pour la rédaction d’une nouvelle Constitution est inopportun pour le pays. Pour son coordonnateur, Jonas Tshiombela, le pays vit sous l’état de siège, ce qui ne permet pas de changer ou modifier la loi fondamentale.

Même ton utilisé par Bienvenu Matumo, le célèbre militant du mouvement citoyen Lutte pour le changement (LUCHA). D’après lui, prolonger le mandat au-delà de 2028, risque de provoquer des tensions sociales et politiques, avec comme conséquences : l’instabilité institutionnelle du pays. Le militant pro-démocratie accuse Félix Tshisekedi de se détourner de véritables préoccupations des Congolais pour chercher à se maintenir au pouvoir, accumuler et accaparer des richesses. « En clair, la situation du Congolais ne s’améliorera pas. Elle va connaître une dégradation croissante. », lâche Matumo qui exhorte les Congolais à se mobiliser pacifiquement contre cette initiative « maléfique », afin de protéger la Constitution de 2006, considérée comme un acquis historique et précieux obtenu par le peuple dans le sang et la douleur.

Adoptée en 2006 par référendum, la Constitution congolaise avait été révisée en 2011 par les parlementaires qui n’ont pas touché aux articles dits “verrouillés”, dont l’un stipulant que le président est élu pour “un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois.” Pour modifier cette disposition, “il revient au peuple de le décider et non au président de la République”, a insisté mercredi Félix Tshisekedi.

La révision de 2011 avait, en revanche, porté le scrutin universel à un tour au lieu de deux. En janvier 2015, des manifestations avaient éclaté notamment dans la capitale Kinshasa et Goma (est), pour protester contre une loi électorale susceptible de permettre à l’ex-président Joseph Kabila (2001-2019) de se maintenir au pouvoir au-delà de deux mandats. Sous pression, Kabila ne s’était pas présenté à la présidentielle de 2018 tenue dans un climat tendu.

Landry Amisi
OURAGAN / MCP, via mediacongo.net
C’est vous qui le dites : 12 commentaires
4185 suivent la conversation

Faites connaissance avec votre « Code MediaCongo »

Le code à 7 caractères (précédé de « @ ») à côté du Nom est le Code MediaCongo de l’utilisateur. Par exemple « Jeanne243 @AB25CDF ». Ce code est unique à chaque utilisateur. Il permet de différencier les utilisateurs.

Poster un commentaire, réagir ?

Les commentaires et réactions sont postés librement, tout en respectant les conditions d’utilisation de la plateforme mediacongo.net. Vous pouvez cliquer sur 2 émojis au maximum.

Merci et excellente expérience sur mediacongo.net, première plateforme congolaise

MediaCongo – Support Utilisateurs


Kawele @EA7P3NU   Message  - Publié le 27.10.2024 à 02:25
Réalité de la RDC voulu par Chilolo :  Qu’un président fasse 30 mandats et que cela soit normal  Comme, il y a encore beaucoup de Lubas au chômage , Que le président nomme dans le 26 provinces les lubas et que cela soit conforme à la constitution  Que la membre de gouvernement soient tous le lubas qui buvaient avec lui la bière à crédit à Bruxelles et que cela soit normal  Que ses amis détournent 90% de ressources allouées aux projets sociaux et que personne ne dénonce  Que les élections soient organisées pendant 30 jours et 30 nuits avec les machines à voter dans les permanences du parti et que cela soit accepté  Que la présidence dépasse son budget a 3000% dans les voyages qui coûtent de million au trésor public et que cela devienne acceptable et normal selon la réalité congolaise  Que les partis politique qui ne sont pas d’accord avec le pouvoir en place soient interdit de fonctionner comme le veut la réalité congolaise actuelle  Que les routes se transformant en fleuve pendant la saison de pluie et le pauvre peuple d’accepter que ce soit cela la réalité de chez nous  Que la maman du président et...

Réagir

3
1
1
Répondre
@
Insérez un émoji
Congo aux Congolais @YXCHNW4   Message  - Publié le 25.10.2024 à 18:45
POUR LIBERER CE PAYS, FAUT KOLUKA FETICHEUR OYO YA TSHITSHI A UTILIZAKA POUR ENVOUTER ET AVEUGLER LES MEMBRES DE L' USPS. MAWA

Réagir

21
1
1
Répondre
@
Insérez un émoji
LE CONGOMANI @HPHMW34   Message  - Publié le 25.10.2024 à 14:05
Etienne Tshisekedi avait raison quand il disait que le jour où l'UDPS sera au pouvoir, il n'y aura plus d'opposition au Congo. C'est ce que nous vivons. Où est passée l'opposition? En 2015, la tentative de Kabila avait échoué parce que l'UDPS avait dit NON. Mais aujourd'hui c'est l'UDPS qui dit OUI. Parlez, criez, vociférez. Cela ne changera rien. Bientôt le Congo aura une nouvelle constitution, et un référendum sera organisé dont vous connaissez déjà le résultat. Le chien aboie, la caravane passe.

Réagir

58
3
2
1
Répondre
@
Insérez un émoji
KALUMBA @TR57OBY   Message  - Publié le 25.10.2024 à 11:48
Prince Epenge, Tshilombo n'est pas devenu un danger, il est un danger, comment vous pouvez donner un couteau A un fou ????

Réagir

46
14
1
Répondre
@
Insérez un émoji
KALUMBA @TR57OBY   Message  - Publié le 25.10.2024 à 11:43
Est ce que dans un pays normale les propos de Tshilombo peuvent etre conside' ? Il avait dit notre armee est mal formee, il avait dit nos enseignants sont incopetents, il a dit que la justice est malade, il a dit que nous fabriquons les pains des maniocs, il avait que KAGAME est partenaire fiable et necessaire, il avait dit que " je rend hommage au president Kabila ", il avait dit que " BA CONGOLAIS BAZA BA NDOKI ", il avait " MBOKA ESI EKUFA ", aujourd'hui il nous dit que c'est une constitution des etrangers. Je pense meme un enfant de 4 ans est coherant dans ses propos. Tu peux avoir 60 ans mais avec un Quotient Intellectuel d'un enfant de 3 ans.

Réagir

58
16
1
Répondre
@
Insérez un émoji
Mampuya @T6L7OKA   Message  - Publié le 25.10.2024 à 11:03
( Suite) Le goût du pouvoir de Tshisekedi wa Mulumba et sa bande à prendre le pouvoir. De se voir les autres congolais inférieurs. Les insultes, ba senzi, niangalaka, ba ndoki,seront abondamment utilisées. À chaque pas en avant du pays, depuis 1990, Tshisekedi wa Mulumba et son UDPS, se sont toujours opposés par peur de perdre le pouvoir. Ainsi au delà des textes, il impératif de comprendre dans quel duperie évolue la RDC. Le goût du pouvoir d'un clan, rien de plus.

Réagir

5
Répondre
@
Insérez un émoji
Mampuya @T6L7OKA   Message  - Publié le 25.10.2024 à 11:02
Nous ne pouvons pas comparer le changement de la constitution avec les pays cités. Tenez, nous avons à la tête du pays, le fils de Tshisekedi wa Mulumba, supposé à tort ou raison, un combattant de la démocratie dans notre pays. Pas pour rien, son parti se dit UDPS. Cette constitution a ses martyrs pour éviter son changement sous Kabila. Tshilombo, les églises, la société civile, descendaient dans la rue pour défendre cette constitution, jusqu'au martyrs des jeunes , alors nous pensons que Tshilombo devait être plus orthodoxe pour le respect de cette, suite aux sacrifices des ceux qui sont morts. Mais, si nous faisons un pas en arrière, c'est là où se cache le complot de l'intelligentsia congolaise au complot envers son pays. À la soumission de cette intelligentsia à des forces étrangères obscures et à une intelligentsia interne tribalisee. " nous devons diriger les autres tribus". Durant la conférence souveraine. Il y'avait 3 personnalités qui dominaient la scène politique. Mobutu, Cardinal Monsengwo et Tshisekedi wa Mulumba. Qui avait empêcher Mobutu et Tshisekedi wa Mulumba, à instaurer la démocratie ? Le goût du pouvoir de Tshisekedi wa Mulumba et...

Réagir

4
Répondre
@
Insérez un émoji
Bertin @U73CMIZ   Message  - Publié le 25.10.2024 à 10:44
La même constitution qu'il a défendu bec et ongles sous Joseph,devient tout d'un coup,comme par une baguette magique, mauvaise et le fruit des étrangers Le ridicule ne tue pas Front pour la défense de la constitution

Réagir

25
2
Répondre
@
Insérez un émoji
gracedivine @XT3QU6M   Message  - Publié le 25.10.2024 à 10:43
Aux termes de l'article 217 de la Constitution, la RDC peut conclure des traités ou des accords d'association ou de communauté comportant un abandon partiel de souveraineté en vue de promouvoir l'Union africaine: qu'il parte ou pas il ya des articles qu'il faut sortir de la constitution et ce n'est pas parce qu'il en parle today que les opposants veulent se dresser comme si c'est du forcing alors depuis un temps plusieurs denoncaient des articles non sens qui par ex du temps de Mobutu ne pouvaient pas passer, mais ce n'est pas la constitution qui empeche Felix a lutté contgre la corruption avec le cas Flagrant de l'ex Min des Finances Kazadi dont les soupcons des deniers publics sont averés et le president n'a pas pipé un mot ce qui est inquiétant et frise une certaine complicité y compris du populaire Constant Mutamba, pourquoi un tel silence alors que le Min de Budget est ,meme menacé, je ne comoprends rien du tout de ce silence de la classe politique, de la pop et la jeunesse en particulier qui doit galvaniser par l'opposition ou autres leaders pour que lumiere soit faite sur ces detournements de 2023 sinon c'est du bleuff de nous dire le Peuple d'abord ca devient un...

Réagir

52
Répondre
@
Insérez un émoji
derekNk @71RJVQY   Message  - Publié le 25.10.2024 à 09:58
Qu'il parte en 2028 ou 2030 il partira toujours et la constitution sera révisé ou changé totalement. Les députés de 2006, ces robots faconnés par l'U E, les USA ont manqué cet amour de la patrie. Comment peut-on accepter l'article 217 dans cette constitution ? Que katumbi nous disent en quoi c'est bénéfique pour la rdc.

Réagir

23
4
Répondre
@
Insérez un émoji
Okolela @V73Q7NS   Message  - Publié le 25.10.2024 à 08:53
Révision ou Changement de la CONSTITUTION par Référendum populaire , ce qui vrai et sûr, ce que, Félix Tshilombo doit partir en 2028 et laisser place à un autre.

Réagir

35
1
Répondre
@
Insérez un émoji
right
Article suivant Accord minerais stratégiques contre sécurité : Kinshasa et Washington se conviennent sur une voie à suivre
left
Article précédent "Vous savez, quand j'étais là-bas, j'ai été choqué par le niveau de corruption!" : le député américain Ronny Jackson critique vertement le gouvernement

Les plus commentés

Société « Affaire d’escorte de Judith Suminwa » : la justice militaire ouvre une enquête sur la mort du policier de roulage

01.04.2025, 18 commentaires

Provinces Menaces du fils Museveni contre l’armée congolaise : « Il ne peut pas menacer un gouverneur nommé par ordonnance, établi ici en Ituri » (Lt Général Jacques Ychaligonza)

31.03.2025, 11 commentaires

Politique Guerre à l’Est : rencontre entre le gouvernement et le M23 pour des pourparlers directs ce 9 avril à Doha

02.04.2025, 9 commentaires

Société Génocide dans l'Est : le Président Félix Tshisekedi annonce la mise en place imminente d'un groupe interdisciplinaire d'experts

31.03.2025, 7 commentaires

Ont commenté cet article



Ils nous font confiance

Infos congo - Actualités Congo - confiance