Culture
Le 7 septembre dernier, il faisait 18 ans depuis que père Boka de son vrai nom, Simon-Pierre Boka di Mpasi, avait tiré sa révérence, à l’âge de 77 ans, à Abidjan, en Côte d’Ivoire où le jésuite polyglotte (au moins 9 langues) avait préféré s’installer, quelques mois après l’accession de Joseph Kabila Kabange au pouvoir. Sa succession, selon une source bien placée dans l’appareil de l’exécutif, réclame les droits pour l’hymne national à l’État congolais via la présidence de la République.
La famille du père Boka exige la bagatelle somme de 25 millions $US, sans doute, à la suite des propos de la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, sur les droits d’auteur que l’État congolais doit à la famille d‘Emmanuel Assani wa Losomba Emmanuel, concepteur des armoiries du Congo. La cheffe du gouvernement avait insisté lors d’une réunion du Conseil des ministres qu’au-delà des funérailles dignes de son rang, Emmanuel Assani avait aussi droit à une décoration à titre posthume, ainsi que la reconnaissance de son œuvre d’esprit par la République, conformément à l’ordonnance-Loi n°86-033 du 5 avril 1986 relative à la protection des droits d’auteurs et des droits voisins.
La Société congolaise des droits d’auteur et des droits voisins (Socoda) s‘est invitée sur le sujet soutenant que les droits d’auteur des armoiries du Congo et du Zaïre sont intacts. Le DG a.i , Joe Mondonga Moyama, soutient que les œuvres d’Assani wa Losomba relèvent du domaine de la souveraineté de l’État. Et que tous les citoyens devaient les exploiter et les utiliser. “Au vu de toutes ces exploitations, depuis les années 1960, poursuit-il, Emmanuel Assani a tenté plusieurs fois de saisir formellement les autorités politiques du pays, de différentes instances de la République. Malheureusement, toutes ses tentatives amorcées se sont heurtées à une fin de non-recevoir, jusqu’au jour où nous avons fait l’expertise de son œuvre au niveau de la Socoda”. L’on comprend facilement que la Socoda joue maladroitement à la récupération d’un dossier qu’il n’a jamais traité.
Selon le DG intérimaire précité, la famille Assani a remercié le chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, notamment pour les droits reconnus de son père devant être recouvrés. Combien ? Ni la primature ni la Socoda ne l’ont dit.
Plutôt la Congolaise que Debout Congolais”
Mais, fort probable, quidam, bien renseigné au sommet de l’exécutif a mis les Boka au parfum et les voilà qui ont collé une facture que certains services spécialisés dans la lutte contre la mégestion et la dilapidation de deniers publics trouvent exagérés. D’aucuns, par ailleurs, rapportent que l’hymne national composé par père Boka a été baptisé “La Congolaise” et non Debout congolais. Hélas, l’erreur a été reprise même dans la Constitution. En 1971, suite aux mutations politiques à l’initiative de Mobutu, le Congo devient Zaïre. Un concours pour le nouvel hymne national est lancé. Franco Luambo Makiadi offre un chant en lingala, mais la “Zaïroise” du duo père Boka et Joseph Lutumba l’emporte derechef comme en 1960 avec La Congolaise faussement désignée par Debout congolais. À propos, d’aucuns se demandent si la succession Lutumba n’aurait-elle pas droit aussi à ses 25 millions $US!
À la présidence de la République, il y a une structure appelée, “Témoins privilégiés de l’indépendance”. Dans la case des effectifs pris en charge par l’État, il est marqué le chiffre zéro (0) mais chacun des Témoins jouit notamment de frais de logement évalué à 5 200 $US! Le père Boka n’en a jamais fait partie, selon différentes sources. Le jésuite a été professeur à Lumen Vitae à Bruxelles (1974 à 1991), à l’université pontificale grégorienne de Rome (1983 à un1999), à Hekima College à Nairobi (1984 à 1993), à Regina Mundi, à Rome (1991 à 1999) et dans plusieurs institutions congolaises. Il était expert au Synode africain, chercheur en théologie pastorale, chansonnier. Il était chercheur en théologie pastorale et quêteur d’expérience de terrain dans 2 pays d’Amérique latine, 10 de l’Europe et 15 autres d’Afrique. À sa mort, la dépouille de père Boka a été ramenée d’Abidjan et enterrée au Kongo central, à Madimba, dans le cimetière de Ndamba.
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Le légendaire père Boka, concepteur de l’hymne national de la RDC “La Congolaise” devenu Le “Debout congolais” @Photo Droits tiers.