Sur le net
Si le contenu de mauvaise qualité a toujours été légion sur Internet, la recrudescence de l’IA a fait naître un nouveau type de spam : le « slop ».
Le web est un terrain mouvant en permanence et pour décrire cette réalité changeante, de nouveaux termes doivent continuellement être inventés. Le dernier en date ? Le « slop ». Un nom derrière lequel se cache une toute nouvelle forme de spam qui ne pouvait pas exister auparavant : celui-ci est généré à l’IA.
Le terme désigne donc tout un tas de contenus peu qualitatifs, des articles de blogs générés sur ChatGPT aux images artificielles que l’on trouve beaucoup sur Facebook et qui y sont généralement présentées comme de véritables photos.
Un peu comme le « spam » désigne à la base de la viande en conserve, le « slop » a lui aussi une origine bien détachée d’Internet. Celle-ci est toutefois beaucoup plus évocatrice, car le terme « slop » désigne à la base les résidus qui s’amassent au fond de la citerne des grands bateaux type tankers et pétroliers. On peut assez aisément comprendre comment un tel terme a pu dériver pour en venir à désigner le contenu de mauvaise qualité généré par IA qui, lui aussi, s’amasse au « fond » d’Internet.
Inutile de dire que cette dérive du web n’est pas nécessairement accueillie d’un très bon œil par la plupart des internautes, d’aucuns y voyant une menace. Il faut dire qu’une bonne partie de ce « slop » est de nature tout simplement mensongère (pas toujours volontairement : on sait bien à quel point l’IA peut « halluciner » de fausses informations) et que tout le monde n’est pas nécessairement encore bien entraîné à distinguer le contenu généré par IA du vrai (d’autant plus qu’avec l’évolution des modèles, les critères permettant la distinction ne cessent de changer).
Le gros problème tient surtout dans le fait que le contenu généré par IA est par définition bien plus aisé et rapide à créer que son équivalent « fait-main ». Il prendra donc inévitablement à plus ou moins long terme le dessus en termes de quantité pure sur le contenu créé par l’être humain. Et même si, par exemple, l’algorithme de Google s’adapte pour mieux cacher le « slop », le rendant nettement moins visible à première vue, le « slop » ne va pas disparaître, et continuer à former une sorte de « couche de fond » d’Internet sur laquelle tout un chacun va inévitablement régulièrement tomber sans en avoir l’intention.
D’un point de vue du stockage du web, c’est même tout un problème qui est déjà bien connu : la construction de nouveaux data centers se fait souvent depuis deux ans avec une nouvelle optique : la multiplication exponentielle du contenu en raison de l’arrivée de l’IA.
Alors, le slop, c’est la fin du web ? Ne soyons pas non plus trop prompts à enterrer le net, car force est de reconnaître que malgré tous les défauts d’Internet, celui-ci a tout de même, au cours des années, permis de démontrer une capacité assez impressionnante de l’humanité à s’adapter face aux nouvelles pratiques douteuses. Un développement certes souvent un peu trop lent, mais il est fort probable que le grand public développe à plus ou moins long terme une capacité à plus aisément distinguer le « slop » du véritable contenu.
Le code à 7 caractères (précédé de « @ ») à côté du Nom est le Code MediaCongo de l’utilisateur. Par exemple « Jeanne243 @AB25CDF ». Ce code est unique à chaque utilisateur. Il permet de différencier les utilisateurs.
Les plus commentés
Société « Affaire d’escorte de Judith Suminwa » : la justice militaire ouvre une enquête sur la mort du policier de roulage
01.04.2025, 18 commentairesProvinces Menaces du fils Museveni contre l’armée congolaise : « Il ne peut pas menacer un gouverneur nommé par ordonnance, établi ici en Ituri » (Lt Général Jacques Ychaligonza)
31.03.2025, 11 commentairesPolitique Guerre à l’Est : rencontre entre le gouvernement et le M23 pour des pourparlers directs ce 9 avril à Doha
02.04.2025, 9 commentairesSociété Génocide dans l'Est : le Président Félix Tshisekedi annonce la mise en place imminente d'un groupe interdisciplinaire d'experts
31.03.2025, 7 commentaires
Ils nous font confiance