Politique
Faut-il négocier une petite transition politique de stabilisation du processus électoral ou foncer dans la direction de l’organisation d’élections contestées dans le délai constitutionnel ? Félix Tshisekedi se trouve à la croisée des chemins, lui dont le mandat quinquennal arrive à terme dans les six prochains mois.
À l’Union sacrée, le credo semble fixé sur l’option d’une tenue effective des scrutins le 20 décembre, quoi qu’il en coûte. Mais, la société civile, l’opposition politique et la communauté internationale ne se rassurent pas de la qualité des élections attendues.
Félix Tshisekedi est appelé à user de sa sagesse pour une traversée en douceur de la saison électorale 2023-2024. Tout indique que l’Union sacrée est préparée à travailler pour arracher un nouveau mandat constitutionnel en faveur de son champion. Le président, lui, est placé face à ses responsabilités politiques et historiques qui l’obligent à prendre en compte à la fois le pour et le contre. Car, outre la majorité présidentielle qui le soutient, il est le président de la République, chef de l’État, garant du bon fonctionnement des institutions et père de la nation. Va-t-il obéir au seul son de cloche de sa famille politique ou tenir compte des avis contradictoires qui appellent à un consensus politique avant la tenue des élections.
Campagne électorale anticipée
La République démocratique du Congo vit au jour le jour une montée en puissance des activités politiques de campagne. Acteurs politiques, gestionnaires des institutions et entreprises publiques ainsi que les militants des partis politiques occupent décidément tout espace. Les effigies du président de la République, candidat annoncé à sa propre succession, sont omniprésentes dans les villes et cités de la République. Les médias congolais ont été mobilisés à accompagner le candidat “Béton”. Du côté de l’opposition, les candidats annoncés ne sont pas en reste. La dernière marche pacifique de l’opposition organisée le 20 mai dernier a été couverte d’une publicité appuyée et d’une campagne de porte-à-porte. Drapeaux des partis politiques, affiches et insignes des partis amplement visibles ont donné tout l’air d’une présidentielle anticipée. Les mois de juin, juillet, août et septembre s’annoncent bouillants.
Tshisekedi peut-il décider ?
Le président est avant tout un candidat ambitieux et soucieux d’accomplir ses grandes promesses de campagne. Félix Tshisekedi s’estime encore apte et capable de réaliser le rêve congolais de bâtir au cœur de l’Afrique une grande démocratie de développement. La question reste celle de savoir, qu’est-ce qui va advenir si l’optait pour le glissement ? Étant donné que l’opposition semble lui tendre un double piège : aller aux élections dans le délai constitutionnel le 20 décembre 2023 pour critiquer la qualité des élections et les contester immédiatement après la tenue des scrutins ou alors aller dans la logique du glissement de mandat avec possibilité d’un large consensus pour déclarer Tshisekedi illégitime au terme de son premier mandat. Il s’agit d’un choix cornélien qui risque de conduire Félix Tshisekedi à opter pour le rendez-vous électoral de décembre 2023. Car, l’option du glissement, si elle n’est pas encadrée par des garanties internationales sérieuses, pourrait ouvrir la voie à une vague de contestation ingérable.
Cependant, un processus électoral non crédible est d’autant plus suicidaire qu’il est susceptible d’enfanter une immense zone d’incertitude et faire reculer la démocratie congolaise. Tshisekedi navigue entre le marteau et l’enclume.
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