Provinces
À Lubumbashi, certains quartiers de la ville deviennent de plus en plus de no man’s land. Car des jeunes désœuvrés membres des partis politiques reconnus y font la loi. Ils se substituent à l’Etat. C‘est le cas du quartier Taba Congo. Ici, la jeunesse des nationalistes fédéralistes Congolais (Unafec) est maître. Au centre-ville, les environs de la poste où se trouve le siège de l’Union pour la démocratie et le progrès social (Udps) est aussi à éviter à tout prix.
Cette jeunesse des partis politiques, dans certains coins, perçoit même des taxes. Bref, elle sème la terreur. Pour Joe Sanduku analyste politique, la faute revient aux leaders des partis politiques. Car, ceux-ci les utilisent pour leurs intérêts sans rien en retour. Et c’est souvent pour des besoins électoraux. "Et lorsqu’on regarde dans les partis politiques, les jeunes jouent le rôle de décor. Soit, on les utilise pour les sales boulots où encore pour se faire valoir”.
Des jeunes livrés à eux-mêmes
Il déplore le fait qu’après ces échéances, ils sont délaissés. ”C’est ainsi qu’ils développent en eux des mécanismes de survie. Il y en a qui se sont transformés en milice. Ainsi, ils font le travail que devait faire la police. Ils font les travaux que devait faire l’armée. Parfois, ils sont utilisés pour intimider les membres des autres partis”, dit-il. Et même leur tenue ressemble fort à celui des services de sécurité. ”Vous vous rendez compte que les jeunes des partis politiques s’habillent à la manière des militaires et ils passent leur temps à s’entraîner à la violence et à résister face à d’autres violences potentielles qui pourront venir. Bref, on est dans cette ambiance où la violence constitue le dénominateur commun des jeunes des différents partis politiques”.
Autre chose que déplore Joe Sanduku est que ces jeunes, faute des moyens, créent des mécanismes pour en avoir. ”Étant donné que les partis ne sont pas en mesure de les entretenir, ou de leur remettre de ressource pour subvenir à leurs besoins, ils sont obligés de se chercher eux-mêmes leurs propres moyens de survie. C’est ainsi qu’on les voit traîner dans des lieux de négoce, soit à la frontière, soit aux stations des bus, ou marchés, à la recherche de ressources qui leur permettront de pouvoir faire face aux multiples besoins qu’ils ont”.
L‘Etat doit prendre ses responsabilités
Pour arriver à mettre fin à ce phénomène, il faut, en effet, une forte volonté politique. ”De plus, il doit mettre les moyens nécessaires pour éradiquer ce phénomène qui est devenu une gangrène”, dit-il, avant d’ajouter : ”il faut aussi sensibiliser les leaders. Leur faire savoir les directives et les nouvelles instructions par rapport à ce que nous avons comme phénomène des jeunes, sur la violence de jeunes à la place des services de sécurité”.
Mais le problème est que le pays prend des mesures, sans les mettre en application. ”Il faut qu’il y ait les mesures d’encadrement, de coercition par rapport à ce phénomène”, dit-il encore. Mais néanmoins, il pense qu’il faut occuper ces jeunes. ”Car ils ont besoin du travail, ils vont là-bas par ce qu’ils sont au chômage. Ils n’ont pas d’occupations. Ainsi, ils ont besoin de survie”. Joe Sanduku insiste sur le fait qu’il faut occuper utilement ces jeunes. ”C’est de l’énergie qui chôme et que la république peut utiliser à bon escient pour pouvoir développer notre pays”, a-a-t-il conclu.
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