Société
Tutsis congolais, les Banyamulenge donnent de la voix et dénoncent à leur tour l’agression rwandaise dont est victime le Congo-Kinshasa.
Les Banyamulenge ne sont ni de près, ni de loin assimilables à cette guerre du M23, dit un communiqué. La déclaration du notable Enock Ruberangabo Sebineza, ministre honoraire sous le gouvernement Matata et président honoraire de l’Association Shikama/Banyamulenge s’insurge contre toutes les personnes qui les associent gratuitement à la guerre du M23. « Nous-mêmes, le répétons ici et maintenant, les Banyamulenge ne sont ni de près, ni de loin assimilables à cette guerre du M23. Ceux qui les y associent sont des alliés stratégiques et objectifs de Kigali », se désolidarise ainsi cette communauté rwandophone du Sud-Kivu.
Que la communauté internationale stoppe Paul Kagame
Cette déclaration du 15 juin dernier prend la mesure du danger en invitant les différents gouvernements du monde à s’intéresser à la crise créée de toute pièce par le régime de Kigali. « La communauté internationale doit peser de tout son poids pour faire stopper la guerre du M23. Empêcher le Rwanda de ne pas surfer sur la braise ethnique au Kivu en créant un groupe armé truffé de ses éléments que les extrémistes congolais qualifieront facilement de « rwandais » par leur faciès.
Un discours discriminatoire qui rend les tutsi congolais ou Banyamulenge responsables d’une guerre dont ils ne savent ni les tenants ni les aboutissants, et qui doit, illico presto, s’arrêter », avertit Enock Ruberangabo Sebineza.
Les Banyamulenge participent à la défense du territoire national
Pour le leader de la communauté Banyamulenge, « les compatriotes qui assimilent les Banyamulenge au M23 en jouant le jeu de l’agresseur, sont ennemis à la République au même titre que l’agresseur et peuvent être pires car ils détruisent la nation de l’intérieur. Ne dit-on pas gue un royaume divisé est voué à l’échec ?
Cessez donc chers patriotes de prêter le flanc à l’ennemi par vos discours de haine contre les Banyamulenge », tire ainsi la sonnette d’alarme l’ancien vice-ministre congolais des PTNTIC.
C’est ainsi qu’il rappelle à toute la nation que des compatriotes ont encore en mémoire et sont véritablement témoins du « rôle que les membres de la communauté Banyamulenge ont joué dans les services de l’époque », notamment dans la neutralisation des velléités du M23 en 2012-2013 à Uvira et ailleurs par l’arrestation de ceux qui voulaient étendre la guerre au Sud-Kivu.
« Qu’est-ce qui a changé aujourd’hui pour qu’ils soient injustement accusés de collabos à lyncher », se demande-t-il. Hier comme aujourd’hui, insiste la même déclaration, « les Banyamulenge sont dans le même état d’esprit mais la marche de Goma et le discours de haine distillé envers les Congolais d’expression kinyarwanda ou des Banyamulenge, fait craindre le pire », prévient Enock Ruberangabo Sebineza.
Un officier Munyamulenge brutalisé à Kisangani
Après la brutalité ethnique à l’endroit du colonel Bageni à Kisangani par ses compagnons d’armes et le climat entretenu au sein des FARDC contre les éléments issus de ces communautés supposées être naturellement des collabos de l’agression, la communauté Banyamulenge interpelle les autorités à tous les niveaux, y compris le commandant suprême des Forces armées de la RDC qui est le chef de l’Etat, garant de l’unité nationale, de « faire tout pour arrêter ce discours qui détruit un corps de souveraineté que sont les FARDC ».
D’après Enock Sebineza, des informations à sa possession feraient « craindre le pire si rien n’est fait pour arrêter ces médias de la haine et poursuivre leurs responsables ». Car, poursuit-il, « la victoire à la guerre nous imposée tous est à ce prix ».
Les Banyamulenge et leur congolité
La déclaration de la communauté Banyamulenge fait état des cas de stigmatisation leur infligée par certaines personnes depuis plusieurs décennies et qui ne sécurisent pas durablement cette communauté du pays. « La haine contre les Banyamulenge attisée depuis les années 1982, vielles de plus de 58 ans, de 1964 à ce jour, en passant par l’élection de 1987, de la CNS (conférence nationale souveraine) des années 1990 et du HCR-PT (Haut conseil de la République/ Parlement de transition) s’est cristallisée autour de la mise en cause injuste de leur citoyenneté au point de voter une résolution du Parlement à l’époque qualifiant gratuitement d’étrangers les Banyamulenge », rappelle encore Enock Ruberangabo Sebineza, le président honoraire de Shikama/Banyamulenge.
A travers les messages des présidents de la Mutualité Shikama/Banyamulenge le 04 juin 2022 à Bukavu et du collectif des mutualités locales nationales et de la diaspora Banyamulenge Gakondo du 09 juin 2022, les Banyamulenge ont bel et bien dénoncé la guerre du M23 contre les institutions de la République. « Le pays est agressé pour la énième fois par le même agresseur qu’est le Rwanda à travers son bras armé, le M23 et le dénonçons ouvertement », l’ont-ils sans de vive voix.
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