Economie
C’est grâce à la vente d’or et d’hétérogénite, que Chetan Chug accumule un premier capital qui lui permet de créer en 2002, la Société minière du Katanga (Somika). Peu à peu naissent des filiales et des co-entreprises. Réunies au sein du groupe éponyme, ces dernières opèrent principalement au Katanga et interviennent dans une gamme diversifiée d’activités : les mines, la sous-traitance minière, la construction et l’agro-alimentaire.
Les premières activités engagées se sont focalisées sur la filière cuivre cobalt. Somika possède une usine de traitement à Lubumbashi, dont la production d’environ 15’000 tonnes de cathodes de cuivre, 3’500 tonnes de cobalt métal, et de concentrés est alimentée par les gisements de cuivre et de cobalt de la Société de développement industriel et minier du Katanga, une co-entreprise entre Somika (70 %) et Sodimico, ainsi que ceux de Kisanfu Mining (Kimin), un partenariat entre Somika et la Gécamines. Aurum, qui détient une bonne vingtaine de permis de recherche, fait seulement de l’exploration.
Dans un deuxième temps, Chetan Chug s’est lancé dans les filières cassitérite, coltan et or, avec la création, en 2009, de Mineral Mining Resources (MMR). -L’entreprise, basée à Kalemie, un des principaux ports du lac Tanganyika, opère dans les districts du Tanganyika et du Haut Katanga et dans la province du Maniema. Première société minière du Katanga à avoir exporté du coltan, MMR compte plusieurs carrières dont l’exploitation est assurée par des creuseurs. En 2010, la signature, avec le Ministère provincial des Mines et des Affaires Foncières, d’un contrat d’encadrement de trois coopératives d’exploitants artisanaux, lui a permis d’avoir le monopole d’achat de la cassitérite et du coltan, sur les sites de Kisengo, Mai Baridi, Katonge et Lunda, en échange de son engagement à fournir un appui technique et des services sociaux aux exploitants et à renforcer la traçabilité des minerais. À Mitwaba (Haut Katanga) et à Manono (Tanganyika), MMR n’en est qu’au stade de l’exploration. Tous les produits sont exportés vers la Chine, l’Inde, le Brésil et la Malaisie, via Kasumbalesa, le poste frontalier avec la Zambie, et Kalemie.
Pour diversifier ses activités, le groupe a mis pied dans la sous-traitance minière via 4 de ses filiales. Sotrafer fabrique des barres de fer et produit de l’oxygène et de l’acétylène. Solutions for Africa fore des puits, Mining Engineery Services (MES) est spécialisée dans la fourniture de solutions d’ingénierie et d’usines clé en main et Mining Chemical Suppliers (MCS) dans la fourniture de produits chimiques.
Avec TechnoConstruct, le groupe s’est spécialisé dans la fabrication de maisons et de petits immeubles en préfabriqué. Ses clients ? Le gouvernorat (écoles et hôpitaux) et des sociétés privées, notamment des miniers et des banques. Pas encore de particuliers. « Il faut d’abord tester des produits adaptés au pouvoir d’achat local », insiste Rahim Dhrolia, son directeur.
Le quatrième pôle de diversification est l’agro-alimentaire dans lequel le groupe a investi bien avant que le gouvernorat incite les miniers à faire de l’agriculture. Tout a commencé avec Terra, qui a obtenu une concession de 10’000 hectares, à la sortie du Lubumbashi sur la route de Kasenga. L’emblavement de 1’100 hectares de maïs laisse espérer une production de 6’ 000 à 8’000 tonnes de maïs en 2013. De quoi alimenter la minoterie African Milling Company Congo (AMCC), la toute dernière création du groupe, installée à une vingtaine de kilomètres de Lubumbashi sur la route de Kinsevere.
Dotée de six silos pouvant stocker chacun 6’000 tonnes de maïs et d’une capacité de production de 336 tonnes de farine de maïs par jour, AMCC sera opérationnelle fin 2013. « D’ici 3 ans, Terra pourra fournir 60 à 70 % des besoins d’AMCC qui vise une production annuelle de 110’000 tonnes », informe Dhrolia, son directeur. Revin, une entreprise de production d’eau minérale et de sodas, complète la panoplie du groupe, qui compte bien étendre ses activités notamment agro-alimentaires à d’autres provinces du pays.
Outre la RD Congo, sa base, ce petit empire, qui emploie quelque 3’000 personnes et reste très discret sur son chiffre d’affaires, ses productions et le montant de ses investissements, a des bureaux en Tanzanie, en Afrique du Sud, en Zambie, au Canada, en Grande Bretagne, en Inde, en Chine et aux Emirats arabes Unis. Jusqu’où ira-t-il ?
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