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Conjoncture : le yoyo du franc congolais inquiète

Conjoncture : le yoyo du franc congolais inquiète 2017-08-04
http://www.mediacongo.net/dpics/filesmanager/actualite/2017-actu/08-aout/1-6/franc_congolais_taux_change_17_0001.jpg Kinshasa-

En date du 29 juillet 2017, la monnaie nationale atteignait pour la première fois le pic de 1 710 FC pour un dollar américain. Cette semaine, le marché de change a démarré avec un taux plus clément de 1 650 CDF le dollar. Une appréciation que ne s’expliquent pas bon nombre d’analystes qui se réfèrent à la fragile offre de devises, l’amenuisement des réserves nationales, la chute de la production et l’incapacité pour la RDC de conclure un nouveau programme avec les institutions multilatérales partenaires.

Le taux de change référentiel appliqué par les bureaux de change de Kinshasa est arrivé à redescendre jusqu’à 1 550 FC le dollar, avant de recommencer à remonter progressivement. Jusqu'où ?  C'est la grande question. Entre-temps, cette légère décrispation n’a aucune incidence sur les prix intérieurs. Ce qui fait dire à plus d'un observateur averti de l'évolution de la vie économique du pays qu’il s’agit d’une situation "temporaire". Pour autant, le gouvernement vient d'adresser le 3 août une sévère menace aux opérateurs économiques responsables de l'actuelle spéculation.  Spéculation ou reflet d’une économie en difficulté depuis le second semestre de 2015, plusieurs opinions avisées s’affrontent mais les tendances observées sur le marché de change restent inexplicables, du moins économiquement parlant. Récemment, un expert a mis en garde contre le recours systématique à la planche à billet par la Banque centrale du Congo (BCC) pour financer le déficit du gouvernement ainsi que celui de son propre compte d’exploitation. Pour lui, il s’agit d’une stratégie suicidaire, au regard des effets néfastes déjà enregistrés sur l’économie nationale par le passé. L’histoire est-elle en train de se répéter ? Rien n’est bien sûr.

Pour certains analystes, l’actuelle appréciation est la conséquence de la simple loi de l’offre et de la demande sur le marché de change. Selon eux, elles sont provoquées, notamment, par les échéances fiscales qui contraignent les opérateurs économiques, qui exportent et réalisent leurs chiffres d’affaires en devises étrangères, à chercher des Francs congolais pour s’acquitter de leurs obligations fiscales. L’on estime que des millions de dollars ont été ainsi déversées sur le marché de change qui souffrait jusque-là d'une surliquidité du Franc congolais. Ce jeudi, le gouvernement les a ouvertement accusés d'être responsables de la spéculation observée actuellement (voir intégralité du communiqué officiel).

Le pays est loin d’être sorti de l’auberge

Le Fonds monétaire international (FMI) s’est montré particulièrement pessimiste sur la marge de manœuvre de l’exécutif national pour espérer renverser la tendance. Il s’agit d’une situation, explique son expert lors de sa dernière mission en RDC, qui survient à cause de deux raisons principales : la chute des prix des matières premières et l’impasse politique. Cela a abouti à l’effondrement des réserves de la BCC, la percée de l’inflation, l’effritement du pouvoir d’achat et la baisse des investissements. À cela, il faut ajouter la tempête sociale, avec la grogne des fonctionnaires et agents de l’État. Pour le FMI, le budget de l’État s’avère « irréaliste » en cette période, même si le Premier ministre, Bruno Tshibala, a tablé sur une reprise significative des cours des matières premières pour justifier les chiffres. Pour fin 2017, le FMI projette plutôt un taux de change en surchauffe, atteignant les 1 900 à 2 000 FC pour un dollar américain. L’on est loin des 1 600 FC du gouvernement dans le cadre de son budget 2017. Quant à l’inflation en pleine remontée, le gouvernement projette 19 % alors que l’institution de bretton Woods parle de 45 % pour la fin de l’année. Sans capitaux extérieurs frais, aucune chance pour le pays d’arriver à répondre efficacement aux différents défis qui se dessinent.

La RDC est placée dans l’obligation de rechercher les solutions « réalistes » en interne. La crise de la rareté de la devise américaine dans une économie aussi fragile appelle à des politiques de diversification de l’économie nationale, d’industrialisation pour doper la production, de réduction des importations et de l’augmentation de l’exportation des produits à valeur ajoutée. L’objectif de Bruno Tshibala est de passer au taux de 1 000 FC pour un dollar américain. Avec l’écart qui se creuse de plus en plus, une telle perspective risque de n’être qu’un vœu pieux.

Laurent Essolomwa
Adiac-Congo / MCN
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gogerdol@outlook.fr - 08.08.2017 14:07

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