La désolation et l'émotion ont été à leur comble,
la boulangerie Upak à Kinshasa/Ngiri-Ngiri a connu un sinistre sérieux
dans la nuit de vendredi 5 jusque le samedi 6 février. Un incendie grave
s'est déclaré dans le grand dépôt de farine, grand
dépôt construit il y a à peine environ six mois. Conséquence
: un stock de farine de trois mois pour cette usine de panification qui utilise
1000 sacs de farine/jour, et le matériel destiné à la modernisation
et à l'extension de l'usine sont partis en fumée, volatilisés.
Arrivé sur le lieu du sinistre samedi 6 février vers 16 heures,
le ministre de l'industrie, Simon Mboso, a pris la mesure de l'étendue
des dégâts. Attristé, le numéro 1 de l'industrie a
apporté à la haute direction et au personnel de l'Upak le réconfort
moral et le soutien du gouvernement dans cette dure épreuve.
En compagnie du directeur général de l'Upak, M. Luis, le ministre
Mboso a visité le grand dépôt en question où des
sacs de farine brûlaient encore , certes ,avec moins d'intensité.
L'incendie encore vivace a été circoncis et partiellement maîtrisé,
les sapeurs pompiers étaient maîtres de la situation, mais encore
loin de terminer totalement le travail commencé la veille. La chaleur
dégagée et l'odeur de brûlé n'ont pas permis au ministre
de rester longtemps dans le dépôt sinistré où les
sapeurs pompiers continuaient à lutter contre le feu. Profitant de son
passage, Simon Mboso a échangé longuement avec le directeur général
de l'Upak. A cette occasion, celui-ci fera savoir au ministre qu'une enquête
était ouverte pour déterminer la cause de l'incendie.
" L'Upak est aujourd'hui un des fleurons de l'industrie congolaise. Après
la disparition de Qvo Vadis, l'Upak est une industrie vitale comme nous en parlons
dans le projet de loi en discussion à l'Assemblée nationale. Après
la Cilu fin 2008, l'Upak vient d'avoir un grave accident qui a détruit
une grande partie de son nouveau dépôt financé en partie
par le Fonds de promotion de l'industrie.Un incendie qui a détruit un
stock de farine de trois mois de travail et une bonne partie du matériel
pour la modernisation et l'extension de cette usine. C'est donc une nouvelle
triste. Et c'est pour cela que je suis là , au nom du gouvernement, pour
encourager le promoteur,les travailleurs,les techniciens et la direction de
cette entreprise de rester courageux dans cette épreuve et de poursuivre
leurs efforts pour continuer la modernisation de cette grande usine de panification.
Nous serons à côté d'eux pour les accompagner ", ainsi
s'est exprimé le ministre Mboso abordé par la presse.
Pour le ministre, il revient aux responsables de l'entreprise d'évaluer
l'importance des dégâts et de l'appui dont ils ont besoin pour
relancer leur activité. " Peut être qu'ils auront d'autres
solutions en interne ou par l'appui de leur banque. S'il s'avère que
par un dossier bien documenté, un appui du gouvernement est nécessaire
nous allons examiner leurs doléances ". La disparition de trois
mois de stock de farine et d'une grande partie du matériel pour la modernisation,
cofinancé par le Fonds de promotion de l'industrie, donc par l'activité
du gouvernement, ne peut laisser Simon Mboso indifférent. " Il est
clair que cet accident va perturber quelque peu le marché d'approvisionnement
du pain qui est un aliment de base dans notre pays. Par ailleurs, l'industrie
alimentaire dont fait partie cette usine est une des priorités de la
politique industrielle de notre pays. C'est donc pour moi un moment de grande
tristesse après ce que nous avons connu dans le même genre à
la Cimenterie de Lukala ".
Profitant de l'occasion, le ministre a évoqué l'initiative du
gouvernement qui a déposé un projet de loi à l'Assemblée
nationale portant mesures de sauvegarde de l'industrie nationale en péril.
" Ce projet de loi a été fortement amélioré
en commission à l'Assemblée Nationale, en collaboration avec mon
ministère. Aujourd'hui c'est une industrie qui a bénéficié
d'un contrat programme, qui est frappée par les circonstances,
Il
y a des mesures prévues par ce projet de loi pour pouvoir aider les entreprises
en péril de sortir de cette situation. Ce projet prévoit que l'Etat
intervienne avec des facilités fiscales, non fiscales, tarifaires, voire
même des subventions en vue d'aider les entreprises qui pour des causes
exogènes peuvent se retrouver en situation de péril. Ici, il s'agit
d'une cause exogène, un incendie, comme n'importe quelle calamité
".Toutefois, le ministre s'est réjoui que l'incendie s'est arrêté
à temps. Ainsi, l'ancienne usine n'est pas touchée et continue
à produire. Le problème urgent est de reconstituer le stock de
farine. Il reste aussi au promoteur de réunir de nouveaux fonds pour
réhabiliter la nouvelle usine. Le programme de modernisation va connaître
un retard. L'usine qui utilise 1000 sacs/jour aujourd'hui devait passer à
2000 sacs/jours. Et au ministre de souligner que Upak est une usine vitale dont
dépend une grande partie de la ville de Kinshasa, le Bas-Congo et une
partie du Bandundu pour son alimentation journalière. C'est une activité
qui fait vivre beaucoup de familles, de distributeurs,
" Les mamans
qui vendent du pain ici chaque jour, c'est grâce à cette vente
qu'elles peuvent nourrir leurs enfants et les envoyer à l'école,
peuvent les faire soigner. C'est donc une chaîne importante qui va souffrir
d'un arrêt ou un ralentissement momentané des activités
de cette usine...Il s'agit d'une industrie prioritaire que nous devons soutenir".
Une enquête a été ouverte
Face à cet incendie qui a ravagé une partie de ses installations
industrielles, l'Upak se donne le temps de faire aboutir toutes les démarches
et enquêtes susceptibles de démontrer la cause ou l'origine exacte
de cet incendie déplorable.
Cet incendie à l'usine Upak remet à jour la question de la dotation
de la ville de Kinshasa d'un service anti-incendie capable d'intervenir efficacement
pour limiter des dégâts en cas de sinistre. Les destructions causées
sur le bâtiment de cette usine auraient été moindres si
la capitale disposait d'un dispositif moderne du service anti-incendie. Ce n'est
pas le cas malheureusement.