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Des réformes à l’Académie des Beaux Arts : Patrick Missassi se donne comme mission principale de redorer le blason terni de cette institution

Des réformes à l’Académie des Beaux Arts : Patrick Missassi se donne comme mission principale de redorer le blason terni de cette institution
Interviews

Et, il suffit d’y faire un tour pour le constater. Dépouillé de toutes les parures éphémères (buvettes, resto…) qui  noyaient  la beauté des œuvres ornant son espace, le campus de l’Académie des Beaux Arts (ABA) respire à nouveau un air pur émanant de l’essentiel de ses activités : les arts. Le mérite de ces performances réalisées en moins de deux ans est dû à son nouveau directeur général. Architecte intérieur et designer, Patrick Missassi que l’on appelle autrement fils-maison (ancien de l’ABA, du secondaire aux études supérieurs et enseignant) assume ses fonctions depuis le 5 mars 2012 et est le neuvième DG de l’Académie des Beaux Arts qui vient de célébrer ses septante ans depuis sa création. Modèle pour plusieurs (étudiants, amis, vedettes), son histoire, sa vision pour l’ABA, à lire dans cette interview. Rencontre

mediacongo.net : qu’est-ce qui fait de vous un modèle pour votre entourage ?

Patrick Missassi : une question assez complexe… mais je pense que c’est ma façon de me tenir, ma personnalité. Vous savez, lorsque vous encadrez la jeunesse, il y a un code qui s’impose à vous. C’est depuis les années 90 que je suis dans le métier d’enseignant et de ce parcours, j’ai beaucoup appris. Mon métier d’architecte intérieur, m’impose un mode de vie que je dois assumer et des fois, malgré moi. Dans tous les cas, nous sommes prisonniers des choix que nous opérons et le protocole ; on s’y soumet simplement.

mediacongo.net : c’est depuis les années 90 que vous êtes enseignant, et vous vous êtes lancé dans la carrière d’architecte intérieur. Une carrière plutôt insolite lorsqu’on reste figé sur ces années là avec un regard sur le contexte social. Comment cela s’est passé ? Aviez-vous un modèle ?

Un modèle ? Oh que non ! Sans me voiler la face, c’était difficile. Plusieurs difficultés entravaient ma démarche. A l’époque, j’ai ouvert un atelier mais que j’ai aussitôt fermé. Il y avait un grand travail à abattre auprès de « clients ». Il fallait convaincre. Mais comment ? Sans références congolaises (zaïroises à l’époque), sans mentor, personne ne pouvait confier à un jeune ce genre de travail. Des doutes planaient énormément sur mes compétences… Et ce n’était pas facile à vivre. Dans tous les cas, j’ai dû retourner ma veste, pas en signe d’abandon, mais je devais bien vivre. Car, l’option que j’avais choisie n’était pas encore rentable. C’est ainsi que je me suis reconverti en organisateur d’événements. J’organisais dorénavant des manifestations à caractère musical, culturel, bref, tout ce que ma main trouvait à faire dans ce domaine, je l’ai fait. Et cela m’a ouvert beaucoup de portes alors que je ne m’y attendais pas tellement. Pour moi c’était une voie de survie, or, ce que je n’avais pas vu venir c’était les opportunités pour ma carrière d’architecte intérieur et designer.

mediacongo.net : donc, travailler dans l’évènementiel vous a facilement remis en selle dans l’univers de l’art déco. Mais, comment ?

Vous savez pour réussir dans le domaine qui est nôtre il faut avoir un carnet d’adresse bien fourni. De fil en aiguille, j’ai arpenté tous les milieux de notre société et percé dans ce métier. Ce qui a fait de moi ce que je suis aujourd’hui repose sur : la connaissance du métier, pas de tricherie. L’honnêteté et exercer dans la droiture. Ces valeurs englobent le respect des engagements, le pouvoir de décliner un marché lorsqu’on n’est pas sûr de satisfaire le client dans le temps. Ceci traduit le respect envers ce client, un respect que l’on peut exprimer aussi envers ses collègues ce qui en retour, nous fait respecter nous-même.

mediacongo.net : pourquoi le choix s’est porté sur vous ?

Il n’y a que le ministre qui pourrait satisfaire votre préoccupation. Ce que je peux par contre vous relater, c’est que lorsque j’ai été convié, l’autorité de tutelle  m’a renseigné que je ferai partie du comité de gestion. Et en tant que tel quel serait mon plan d’action, en tant que fils-maison … et sans hésiter je lui étalé mon programme sur trois axes qui se traduit en l’assainissement du campus universitaire ; la réorganisation de l’enseignement et la création d’un département de restauration et de conservation des œuvres d’art en bois et en céramique, ce qui fera de nous la première école à dispenser cette matière en Afrique centrale.

mediacongo.net : aujourd’hui Directeur général, qu’en est-il de cette trilogie ?

Il vous suffit de faire un tour sur le campus pour constater que nous avons largement évolué avec le premier axe. Le site universitaire est vidé de toutes les buvettes et gargottes qui étouffaient son espace.

Quant au deuxième, la réorganisation des enseignements est bel est bien en cours. A ce jour, j’ai déjà contracté beaucoup de partenariats avec l’occident pour la mise à niveau des enseignants et étudiants. Deux de nos enseignants ont obtenu des bourses d’études pour leur recyclage en Belgique. Et ce sera comme ça chaque année. Le nombre pourra même croître si les termes du contrat sont respectés. Pareil pour les étudiants. Nous allons organiser des échanges qui  enrichiront la connaissance de nos apprenants. C’est un partage de savoir entre les écoles sœurs, notamment avec l’université d’art de Dortmund (Allemagne) qui a déjà envoyé deux de ses étudiants à l’ABA pour apprendre ce que nous faisons ici et partager leurs connaissances ainsi que leurs expériences  avec leurs collègues. Et ce partage est vraiment intéressant. Le rendez-vous est pris pour le printemps 2014 ; deux étudiants d’ici iront apprendre d’eux et échanger.

Toujours dans ce cadre, j’ai  introduit une demande pour qu’il y a ait des cours sur l’art congolais. Le programme soumet les étudiants à l’apprentissage de l’art occidental ou oriental mais pas de ses racines. Avant que nos étudiants ne connaissent des arts d’autres cieux il faut qu’ils maitrisent d’abord ce que nous avons. Connaître son art est une expérience qui ouvre l’esprit et permet de bien appréhender ceux des autres selon leurs disparités.

Dans le même ordre d’idées vient le projet de construction de deux bâtiments ayant une capacité d’au moins 350 places en vue de contenir les étudiants dans les cours à tronc commun. En 1970, nous étions à 170 et à ce jour le même auditoire contient près de 1mille étudiants ! Et à ça, il faut vite y remédier.

Le troisième axe concerne, comme dit plus haut, l’ouverture d’un département de restauration et de conservation des œuvres d’art en bois et en céramique, ce qui fera de nous la première école à dispenser cette matière en Afrique centrale.

mediacongo.net : mais en attendant la construction de ces deux édifices et avec près de mille étudiants, avez-vous déjà pensé à aménager un programme pour plus d’espace pendant les heures des cours ?
L’Académie ne dispose pas de beaucoup de salles de cours, mais a plusieurs bâtiments. Et avec ces bâtiments comme la salle d’exposition et autres qui ne sont ouvrables que les samedis, nous les récupérons pendant la semaine pour les enseignements.

mediacongo.net : dans les réformes que subissent l’ABA, avez-vous pris en compte la partie qui choque plus d’un étudiant voire les parents, notamment les points monnayables ?
Tous ces aspects sont pris en compte. D’aucune façon la réussite d’un étudiant ne devrait être conditionnée de quelle que manière que ce soit. Lorsqu’un encadreur est pris la main dans le sac, écoutez, la sanction est unique : c’est le renvoi. Je suis catégorique sur ce point et vous le dit en toute franchise. Un professeur vient d’en subir le châtiment et je n’aimerai pas être à la place de ceux qui s’hasarderont à jouer au fanfaron, à moins qu’ils soient sûrs de  pouvoir échapper à notre vigilance. Et là, je conseille vivement aux étudiants de ne pas lier leur langue devant pareil cas. C’est ce qui nous permettra d’ailleurs de bouter hors de nos murs le vice qui le jour au jour revêt l’apparence de la vertu. Toutefois, il faut reconnaître aux enseignants le droit d’auteur car c’est un travail intellectuel qu’est d’élaborer un outil de travail (syllabus) tout en précisant que son acquisition n’est pas une obligation.

mediacongo.net : oui ou non, la vente d’alcool est-elle autorisée sur le campus ? Et quel service s’attèle à faire respecter la règle ?
Pas avant 14h, aussi bien pour les enseignants que les étudiants. La mesure la plus évidente pour la direction est la fermeture de l’établissement qui déroge à la règle. Quant au service de régulation, la tâche est confiée au secrétariat. Mais ne vous inquiétez pas, en tant que chef, j’ai les yeux et les oreilles partout.

mediacongo.net : un bon DG, professeur ou architecte intérieur, quel souvenir voudriez-vous que l’on garde de vous ?

Je suis professeur. Je l’ai été avant d’assumer ses autres fonctions. Et je continue à l’être tout en les assumant.

Mediacongo vous remercie et vous souhaite plein succès dans ce mandat.

70 ans de l’ABA : images du vernissage de l’expo


De g. à d: le professeur Kambay, le DG de l’ABA Patrick Missassi, maître Pamba et maître Liyolo





Vue du campus de l’ABA


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