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Jean-Marie Lussamaki : « Le Congo c’est mon pays. Toute l’expertise acquise ailleurs contribuera à l’essor du pays »

Jean-Marie Lussamaki : « Le Congo c’est mon pays. Toute l’expertise acquise ailleurs contribuera à l’essor du pays »
Interviews

Jean-Marie Lussamaki est un consultant en aéronautique. Il vit à Toulouse, en France, ce pays qui l’a accueilli dès ses premiers pas dans la vie professionnelle en lui offrant des opportunités, qui à ce jour, font de lui une personne connue et reconnue dans le monde de l’aviation européenne. Actuellement, il dirige une structure nommée Alcyon avec une composante de droit français  appelée Alcyon Consulting et une composante de droit congolais appelée Alcyon Maintenance. Ce qui constitue donc un trait d’union entre la France et la RDC avec comme base commune l’aéronautique. Mais avant cela, dans un passé assez lointain, Jean-Marie est un ancien de l’Université de Kinshasa où il a étudié à la faculté polytechnique pendant trois ans avant de rejoindre l’Ecole Royale Militaire de Belgique pour y décrocher son diplôme d’Ingénieur Civil en mécanique, option transport aérien, de la faculté polytechnique. Ragaillardi par son statut, il revient en RDC, Zaïre à l’époque, pensant apporter un plus au sein des Forces Armées Zaïroises, les effets pervers de ses attentes se sont traduits par une prestation pendant dix-huit mois sans affectation. Chose qui le révolte et le conduit en France, où il vit jusqu’à ce jour.

A cheval entre la France et la Belgique, il a acquis une riche expérience en aéronautique, renforcée par un diplôme de 3e cycle en management de l’Institut de l’Administration des Entreprises de l’Université d’Aix en Provence et cumulant des postes de direction jusqu’à la direction générale des entreprises de grande envergure sur le plan international, telles que le groupe Air France, le groupe Derichebourg, le groupe TAT ou encore le Groupe Dubreuil. En fils du terroir, l’amour de sa patrie réside toujours dans son cœur et ce qu’il entreprend à ce jour, ce n’est que pour mettre la main à la pâte, dans la reconstruction du pays. Rencontre avec mediacongo.net (MCN)

MCN : dites-nous, en quoi consiste le travail d’un consultant en aéronautique ?

Je peux vous dire que sous ce titre se cachent des réalités différentes qui toutes touchent à l’aéronautique mais ne couvrent pas les mêmes domaines d’activité.
En effet, par définition, un consultant fournit du conseil et de l’expertise aux problématiques que rencontrent les entreprises, pour les aider à exécuter leur stratégie, à piloter leur performance et à prendre les bonnes décisions, au bon moment. Cela concerne aussi bien l’amélioration de la performance opérationnelle, que la mise en œuvre de projets spécifiques ou l’optimisation du système d’information. Il accompagne les entreprises vers une réussite durable en déployant ses compétences multi sectorielles et techniques. En bref, le consultant est un expert et fin stratège qui recherche des solutions pour le bon fonctionnement de la grande entreprise à la PME (petites et moyennes entreprises), sans oublier le secteur public.

Vous admettrez que de la conception, en passant par la fabrication jusqu’à l’exploitation des aéronefs, les problématiques ne sont pas les mêmes et les règles qui régissent ces domaines d’activités ne sont pas les mêmes. C’est pourquoi il est quasiment impossible de trouver un consultant qui couvre les 3 domaines d’activité et ceci d’autant plus que dans chaque domaine d’activités, il y a des activités qui à elles seules peuvent nécessiter tellement des compétences qu’on ne peut pas considérer que le métier d’un consultant aéronautique à un autre soit monolithique et recouvre les mêmes réalités.
C’est pourquoi, je pense qu’il serait préférable, que je vous parle de ce que je fais aujourd’hui avec Alcyon pour vous donner une vision réelle de ce que j’appelle consulting aéronautique.

MCN :
avant d’en arriver à Alcyon, parlez-nous donc des aléas de ce métier.

Vous savez, il y a encore peu, j’étais Directeur général Adjoint et j’avais les commandes pour les opérations de mon entreprise et depuis lors, j’ai appris à m’adapter pour conseiller, suggérer et laisser la prise de décision aux Responsables des entreprises que je conseille.

En effet, lorsqu’on a été joueur et qu’on devient coach, le plus difficile et de conserver son calme et de rester sur le banc à conseiller ses joueurs, alors qu’on aimerait être sur le terrain. Je pense, c’est mon plus grand challenge d’arriver à concevoir la meilleure façon de faire, faisant appel à mon savoir-faire et surtout à  mon savoir être, pour que les entreprises accompagnées soient performantes et réussissent leur croissance. Plutôt que de m’étaler sur les incertitudes de la profession, je préfère vous parler des joies et du plaisir que je prends à exercer ce métier.
Lorsqu’on a accompagné  une entreprise pour la mise en place d’une nouvelle organisation, ou pour obtenir un agrément ou une certification, et qu’à la fin on voit l’entreprise arriver à son objectif, alors là, on se dit : j’ai fait du bon boulot ! Car la victoire d’une équipe devient la victoire du coach. Je ne marque pas de but mais mon accompagnement est tel que l’entreprise accompagnée arrive à être performante.

MCN : et vous pensez maintenant expérimenter ces victoires au pays ? 

Exactement. Après ce long et enrichissant parcours où j’ai connu plus de succès, j’ai préféré donner une orientation nouvelle à ma carrière en créant Alcyon. Ceci me permettra de transmettre mes connaissances et  d’apporter mon expertise ainsi que mes conseils aux entreprises  partout dans le monde et plus particulièrement en RDC.

MCN : Alcyon, c’est quoi exactement ?

Alcyon c’est un petit holding avec une composante de droit français appelée Alcyon Consulting et une composante de droit congolais appelée Alcyon Maintenance. Alcyon constitue donc un trait d’union entre ici et là-bas avec comme base commune l’aéronautique.

Alcyon Consulting, société  de droit français, est une entreprise qui fédère les compétences et l’expertise de personnes ayant travaillées de nombreuses années dans des entreprises privées à  dominante aéronautique. Elle a pour vocation d’apporter des solutions souples et pragmatiques. Elle propose ses services à diverses entreprises, notamment aux constructeurs d’avions, aux compagnies aériennes, aux loueurs d’avions, aux banques et à toute entreprise désireuse d’améliorer son fonctionnement.

La mission principale d’Alcyon Consulting est de combiner la richesse de l'expertise acquise à partir des carrières respectives de ses partenaires et de la transmettre à ses clients, leur permettant de développer les meilleures pratiques et d’atteindre leurs objectifs de croissance.

Nos services de conseil couvrent des domaines divers et variés qui concernent aussi bien la réglementation relative à l’industrie de l’aviation, la gestion opérationnelle, le management,  le suivi de la fabrication des avions, la sécurité aérienne et la formation aéronautique.
Pour la sécurité aérienne, nous donnons des conseils sur la mise en œuvre et l'amélioration de la sécurité  aérienne et des procédures de sécurité, pour atteindre, au minimum, les exigences de l'OACI telles qu’édictées dans les SARP.

Alcyon Maintenance, un outil pour redynamiser la maintenance aérienne en RDC
Nous sommes dans la phase de création d’Alcyon Maintenance qui est la composante maintenance d’Alcyon. Alcyon Maintenance est une société à responsabilité  limitée (SPRL) de droit congolais, qui  se crée pour offrir aux compagnies aériennes étrangères atterrissant à Kinshasa des prestations de services de qualité en matière de maintenance aéronautique en accord avec les exigences internationales les plus drastiques notamment l’EASA part 145.

Alcyon Maintenance, dans un premier temps, réalisera des prestations destinées à  des compagnies étrangères exigeant l’agrément Part 145 pour l’entretien en ligne de leurs avions. Dans un deuxième temps, nous espérons attirer les compagnies aériennes congolaises pour leur fournir nos prestations.
Quel que soit l’opérateur que nous assisterons, la mission première d’Alcyon Maintenance, est de mettre en place une solution conjuguant sécurité, performance économique, qualité de service et respect des délais à leur problématique.

MCN :   Que pouvez-dire sur l’aéronautique congolaise ?

On connaît la problématique aéronautique dans notre pays où  toutes les compagnies aériennes congolaises sont sur la liste noire de l’Union européenne. Ce  bannissement a des conséquences très néfastes pour le développement de la RDC. Les nombreux accidents aériens qui ont endeuillés notre pays viennent confirmer, malheureusement, la problématique de la sécurité aérienne. Les audits réalisés par les organismes internationaux tels que l’OACI relèvent des écarts que le gouvernement congolais cherche à juguler en créant entre autres, l’AAC et le BEA, en promulguant la loi sur l’aviation civile, en faisant appel à certains organismes internationaux pour accompagner l’AAC pour la certification des compagnies aériennes. Malheureusement tous ces efforts ne suffisent pas encore à redorer le blason terni.
Même s’il est vrai que la tâche est immense et que Rome ne s’est pas fait en un jour, il est impératif que la réalisation des plans d’actions qui ont été nécessités par les audits des organismes internationaux (OACI) soit mise en place rapidement.

Par exemple, on a de nombreux échanges commerciaux avec les pays du Golfe (essentiellement Dubaï), mais nos compagnies ne peuvent s’y rendre au motif qu’elles sont bannies du ciel européen car ne garantissant pas suffisamment les conditions de sécurité nécessaires à  la navigabilité de leurs avions. Vous savez, il y a six mois, je m’étais rendu à Dubaï et de mon hublot sur le tarmac, je vois un magnifique B737-800 aux couleurs de Rwandair qui assurait la liaison Naïrobi-Dubaï. Alors qu’on a un passé aéronautique prestigieux, plus que le Rwanda en tout cas, les avions immatriculés 9Q ne peuvent pas faire la même chose. Comment en est-on arrivé là ? La réponse est d’une simplicité affligeante : les rwandais, malgré toutes les vicissitudes qu’ils ont vécues, ils ont su rebondir et progresser alors que nous on n’a pas cessé de régresser.

La promulgation de la loi sur l’aviation civile qui permet déjà d’avoir un cadre juridique se basant sur des exigences, au minimum, égal aux SARP de l’OACI, ne constitue qu’une étape. La réussite de la mise en œuvre de ces règles et de son respect par tous c’est cela qui constituera la rampe de lancement pour aller accrocher l’altitude de croisière d’une aéronautique ayant la reconnaissance internationale. L’AAC a besoin de moyens pour aller plus vite dans la mise en œuvre de cette nouvelle loi sur l’aviation civile d’une part, et d’autre part il faudrait que la culture de la sécurité s’installe dans le paysage aérien congolais (PAC). Je pense qu’il appartient à l’AAC de promouvoir ce changement. Malheureusement, il n’y a plus en RDC, comme jadis, une grande compagnie aérienne comme Air Zaïre qui peut impulser de manière harmonieuse et homogène cette nouvelle culture de la sécurité. En effet le PAC est très atomisé avec de nombreuses compagnies qui ont longtemps fait ce qu’elles voulaient pour qu’aujourd’hui elles puissent s’adapter rapidement à un changement de pratiques. Il faudra beaucoup d’effort de formation aussi bien du personnel de l’AAC que du personnel des compagnies aériennes  pour que le changement soit efficace.

L’exploitation des services aériens de transport public en RDC est encore soumise à de nombreuses contre-performances qui ne pourront être améliorées que si on instaure une vraie culture positive de la sécurité à tous les  niveaux. Cela suppose que le laxisme et autre comportement désinvolte soient, à jamais, bannis dans le mode de fonctionnement de l’industrie de l’Aviation en RDC. Je suis conscient que cela ne peut pas se faire par un coup de baguette magique mais cela peut s’organiser, se planifier et se réaliser dans un délai acceptable, surtout si on se fait accompagner. Comme vous le voyez, il ne s’agit pas d’un effort des autorités mais de toute l’industrie du transport aérien pour arriver à adopter et instaurer cette culture positive de la sécurité de manière durable en RDC.

Au-delà des black lists et autre interdiction, le peuple congolais a besoin de profiter aussi des effets bénéfiques du moyen de transport le plus sûr au monde et pas seulement de faire partie de l’équipe championne du monde des accidents aéronautiques. Il est plus que temps que la RDC retrouve sa place dans le monde de l’aérien international, à l’instar des pays comme le Sénégal, le Kenya, l’Ethiopie et bien d’autres.

Contacts :
Tél 00243 825243970 / 0033 609571242
jmlussamaki@gmail.com
www.alcyonconsulting.com


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