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Pitcho, « Le plus important quand on est artiste c’est d’être sincère »

Pitcho, « Le plus important quand on est artiste c’est d’être sincère »
Talents

On dit de Pitcho qu’il a une personnalité charismatique et qu’il manie les mots avec adresse. Voilà deux des qualités qui conviennent certainement à ses deux domaines de prédilection : la musique d’abord, le théâtre ensuite. C’est par un dimanche  ensoleillé que l’artiste nous donne rendez-vous dans ses bureaux de Bruxelles, situés à Schaerbeek, la commune multiculturelle où il a grandi, la seule agglomération de la capitale européenne où il se sent « à la maison ».
Dans un style décontracté, il nous accueille avec un grand sourire puis d’emblée nous lance : « On ne va pas se vouvoyer quand même ? » le ton de l’interview est donné et à la hauteur du personnage. Charismatique vous disiez ?

En arrière-plan, une musique d’ambiance égaye l’atmosphère déjà  bien chaleureuse des locaux. Ici et là des affiches tapissent les murs, des pochettes de cd et des dossiers parsèment les plans de travail. Loin d’avoir la grosse tête, Pitcho commence à se raconter sans chichis. D’ailleurs, le jeune homme ne se prend pas du tout pour une star et il sait très bien que dans cette vie rien n’est jamais définitivement acquis. Modeste? Un tantinet surtout lorsqu’il évoque ses quatre années de tournée théâtrale passées sous la houlette du très célèbre metteur en scène Peter Brook. Pourtant, son talent il ne l’a pas acheté mais il est le fruit d’un travail acharné. Le fruit de rencontres aussi. De personnes qui ont cru en lui et qui lui ont donné sa chance. Sa place, il l’a donc mérité « Je sais mais je peux concevoir que ça ne doit pas être facile de voir que quelqu’un qui n’a pas fait d’école de théâtre puisse réussir en tant que comédien alors qu’on essuie les refus après avoir fait 5 ans d’Académie par exemple. C’est pas facile de se dire : au fond c’est peut-être pas ma place » se désole Pitcho. Même dans son bonheur, Pitcho ne peut s’empêcher de penser aux autres. « C’est lui tout craché ça! » nous confie un ex-collègue de travail.   

Et dire que plus jeune, l’artiste rêvait uniquement d’avoir une vie stable du genre métro-boulot-dodo. Aujourd’hui, sa vie est loin d’être monotone. En effet, après avoir voyagé du Brésil, au Mexique en passant par le Canada, l’Autriche et la République Tchèque, on peut dire que le petit bout de chou d’hier arrivé sur le sol belge à l’âge de 7 ans en a fait du chemin…

mediacongo.net : Pitcho, pour tous ceux qui ne te connaissent pas, peux-tu revenir sur ton parcours ?
Pitcho : J’ai commencé à écouter du rap quand j’avais 15 ans puis j’ai rappé à 17 ans. D’abord, je le faisais par passion puis c’est devenu un besoin et aujourd’hui je ne peux plus m’en passer. J’ai eu la chance d’être présent dans l’évènementiel et le hip hop en Belgique. J’ai été animateur radio pour une émission Radio Panik et pour Radio Campus. Toutes ces diverses expériences m’ont rapproché davantage de la musique. En 1994, nous avons formé le groupe Onde de choc et c’est à partir de là que je me suis professionnalisé. Avec le groupe, nous nous sommes associés à un collectif nommé Souterrain. Celui-ci réunissait plusieurs artistes/groupes. L’idée était d’avancer tous ensemble et d’utiliser la force du nombre. Il faut savoir qu’avant le rap était mal vu, les institutions ne nous écoutaient pas et refusaient de nous subventionner. Donc, avec Souterrain, on voulait trouver les moyens nécessaires pour s’autoproduire. Par la suite, j’ai démarré une carrière solo. En 2002, j’ai sorti mon premier album « Regarde comment » puis un maxi « Faut pas confondre » et un street album « Livraison spéciale ». Et puis là, je viens de sortir mon deuxième album, « Crise de nègre »

mediacongo.net : Quelle était ta crise de nègre ?
Pitcho : Ma crise de nègre peut se résumer en une phrase : avoir le cul par terre et non entre deux chaises. Les deux chaises représentent le nord et le sud et l’impossibilité de se retrouver dans ces deux pôles. Toute la question est de trouver sa place. A partir du moment ou on voyage beaucoup, on se dit que peut-être sa place est dans le monde et pas spécialement dans le Nord ou le Sud.

mediacongo.net : Sur la pochette de ton nouvel album, on voit Barack Obama et Michael Jackson. Est-ce que ces deux personnes t’ont inspiré ?
Pitcho : Pour vous dire la vérité, je ne me suis pas du tout occupé de la pochette de l’album. Cette tâche a été confiée à HMI, un artiste, qui avait vraiment le champ libre quant à la conception de la pochette. Comme unique information, il avait juste le titre de l’album « Crise de nègre » et à partir de ça, il a réalisé cette pochette. Le résultat est super parce que j’adore Michael Jackson et Obama je ne vais pas dire que je l’adore mais il m’interpelle. Ce qui me touche dans ces deux personnages, c’est la possibilité d’être noir et d’exister dans le monde c’est-à-dire de dépasser sa position de « nègre ».

mediacongo.net : Quand on est artiste, est-ce que l’engagement est important ?
Pitcho : Le plus important quand on est artiste c’est d’être sincère. Envers les gens et envers soi-même. Après, l’engagement dépend de la sensibilité de tout en chacun. Pour moi, l’engagement n’est pas une obligation mais si l’on se définit comme un artiste engagé alors il faut l’être vraiment et pas utiliser cet engagement par effet de mode ou par marketing.

mediacongo.net : En parallèle à ta carrière de musicien, tu t’es aussi illustré dans le théâtre. Peux-tu évoquer ta carrière de comédien ?
Pitcho : En 2003, j’ai joué pour la 1ère fois dans une pièce de Koffi Kwahulé intitulée Bintou, un drame qui traite de l’excision. Cette première expérience théâtrale m’a permis de me faire remarquer par Peter Brook. Avec lui, j’ai joué dans deux pièces pendant 4 ans. La première aborde la sagesse de l’enseignement sufi et la deuxième parle de l’Afrique du Sud. Sans le chercher, toutes les pièces que j’ai jouées parlent de l’Afrique. Comme je suis quelqu’un qui croit aux signes, je me suis dit que si ce côté africain revenait toujours, c’est que j’allais devoir faire quelque chose avec.

mediacongo.net : Que retires-tu de tous tes voyages ?
Pitcho : Sans hésiter je dirais les rencontres. Mais le problème avec les rencontres c’est qu’elles sont toujours à double tranchant. Pourquoi ? Parce que c’est souvent trop éphémère. Pendant la tournée, on ne restait jamais très longtemps au même endroit, on bougeait énormément. Par la suite, on essaye de garder le contact avec les personnes qu’on a rencontrées mais c’est pas toujours évident.

En tant que Congolais d’origine, tu es d’autant plus sensibilisé à ce pays qui est le tien. Y es- tu retourné récemment ?
Pitcho : Je suis retourné à Kinshasa pour le festival « Cœur d’Afrique » il y a 3 ans. Et en 2008, je suis parti là-bas en vacances. C’est très important pour moi de pouvoir y retourner dès que l’occasion se présente parce que j’ai une relation très personnelle avec le Congo et je m’y sens bien. A chaque fois, c’est comme si je retournais à la maison.

mediacongo.net : Avec le jubilé de l’indépendance de la RD Congo, beaucoup dresse le bilan de ces 50 dernières années. Penses-tu qu’il y a encore beaucoup à faire ?
Pitcho : Il y a encore énormément à faire. Ce qui est intéressant serait peut-être de demander aux Congolais de là-bas ce que signifie pour eux l’indépendance. Il y a un véritable débat de fond à avoir sur le sujet. Est-ce que le peuple est vraiment indépendant ? La solution est dans chaque être Congolais ou dans chaque être qui aime le Congo. Pour moi, on peut-être Congolais sans pour autant vivre là-bas, sans pour autant être née là-bas et sans même avoir des parents Congolais. A côté de cela, l’indépendance est aussi une responsabilité dans le sens être responsable de ce qui se passe et mettre le doigt sur la responsabilité civile des citoyens. On ne met pas assez cela en valeur, du coup on a l’impression que le peuple congolais est toujours en attente. Etre responsable signifie aussi être conscient du fait que tout n’est pas noir ou blanc, qu’il peut y avoir des échecs et qu’il y a encore beaucoup à faire. C’est pourquoi il faut permettre aux gens, hommes/femmes, jeunes/vieux de se rencontrer dans des espaces prévus à cet effet. Le Congo a besoin d’une renaissance, de chercher à s’inventer, de se redécouvrir.

mediacongo.net : De quoi rêvais-tu quand tu étais petit ?
Pitcho : Je rêvais juste d’avoir une stabilité. A ce moment là, je m’imaginais travailler dans un bureau, la routine quoi, et arriver à un point ou je ne me ferais plus de soucis pour mon avenir. Jusqu’à ce que je me rende compte que c’est impossible de ne plus se faire de soucis pour son avenir.

mediacongo.net : Pour la nouvelle année 2010, que peut-on te souhaiter ?
Pitcho : Que du bonheur à tout point de vue : santé, amour, argent.

mediacongo.net : Et bien, c’est tout le malheur que l’on te souhaite!

Contacts:

Web: http://www.pitcho.com/ et http://www.myspace.com/pitchomusic
E-mail: info@skinfama.com

Vidéos et quelques photos de Pitcho


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