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Serge Diantantu : « Réveillez-vous… maintenant ! »

Serge Diantantu : « Réveillez-vous… maintenant ! »
Talents

Serge Diantantu est un Congolais, ébéniste et sculpteur de formation, qui a travaillé durant plus de vingt-cinq ans en tant que concepteur de décors pour la télévision et le cinéma en France. Aujourd’hui, Serge Diantantu est connu en tant que dessinateur de bandes dessinées, avec plus de 18 ans de carrière à son actif. Quel a été l’élément déclencheur de sa carrière et quel message prône-t-il dans ses bandes dessinées ?

Comment êtes-vous devenu bédéiste ?

Quand je travaillais en tant que concepteur de décors, je voyais la manière dont les Français sauvegardaient leur patrimoine. Je me demandais ce qui nous manquait à nous, Africains, de conserver notre patrimoine soit par l’audiovisuel ou par des supports vivants. J’avais déjà lancé mon premier album : Attention SIDA, en 1994, afin de faire une prévention de lutte contre le SIDA car les chiffres de personnes noires atteintes de cette maladie grimpaient fortement. À ce moment, je n’avais pas encore eu le déclic. Il est arrivé un jour en allant dans une grande librairie parisienne. Il y avait devant moi à la caisse une petite fille accompagnée de sa maman, l’enfant cherchait des bandes dessinées dans lesquelles des Noirs étaient représentés. La caissière lui en a proposé certaines mais c’était des albums souples et la petite fille ne les voulait pas. Elle désirait des bandes dessinées telles que Tintin, Lucky Luke,… dans lesquelles les Noirs n’étaient pas des figurants mais plutôt des protagonistes. La caissière lui a répondu devant tout le monde que les Africains ne faisaient pas cela. Ce fut un choc pour moi. C’est de là que tout a commencé, j’ai abandonné mon travail en tant que concepteur de décors pour me consacrer pleinement à la bande dessinée. Dont mes albums sont toujours cartonnés.

Quel est votre style ?

Mon travail est un style qu’on appelle le Mindélô, ce sont des lignes. Nos ancêtres quand ils construisaient des cases, ils faisaient des dessins qui étaient en forme de lignes. On retrouve également, le mindélô, dans les tresses des femmes qui se font des nattes. Des artistes occidentaux tels que Picasso et Hergé se sont aussi inspirés de l’art nègre dans leurs œuvres.

Quel travail fournissez-vous pour créer vos bandes dessinées ?

Il y a un grand travail de recherche. Je lis énormément de livres et de documents. Je cherche tout ce qui me permet d’avoir de la matière pour mes albums, en lisant des histoires du passé lointain. Là, je suis en train de retracer la mémoire de l’esclavage qui est un pari pour moi. Je sauvegarde le patrimoine depuis le début. A savoir qui était le roi Nzinga Nkuvu, le roi Mvemba, Kimpa Vita,… 

Pourquoi faites-vous ce travail ?

Car l’image a une grande importance dans la société et dans la vie humaine. Ici, en Europe, lorsque l’on voit des enfants en bas âge dans des écoles maternelles, pour ouvrir leur mémoire, ils commencent par des livres illustrés. Les bandes dessinées sont à la fois destinées au plus jeunes et plus âgés donc elles permettent de comprendre notre histoire et d’avoir plus d’arguments. C’est à nous de valoriser notre art et c’est à nous de nous réveiller… maintenant !

Depuis que vous êtes bédéiste, trouvez-vous qu’il y a une valorisation de la culture africaine chez les Africains ?

Oui, il y a une réception qui commence à s’effectuer. Il y a donc une naissance de conscience. S’il m’arrive de voyager dans les Caraïbes, c’est par mes bandes dessinées. Je dirai qu’il y a quelque chose qui est en train de se mettre en place. Je recherche dans tout cela, l’échange. Je ne cherche pas à cacher ni à exclure qui que ce soit mais il est vrai que dans mes bandes dessinées, il y a ce que l’on nomme des initiations africaines. Ces initiations sont liées à la culture africaine et ne peuvent être expliquées dans des livres.

Dans vos bandes dessinées, il y a beaucoup de thématiques qui sont liées au Congo, à l’Afrique, aux Caraïbes. Au final, quels sont les thèmes qui vous passionnent le plus ? 
Là, on revient vers le Congo. N’est-ce pas que c’est le centre du monde ? N’est-ce pas que c’est le pays de Simon Kimbangu, de Kimpa Vita, de Panda Farnana,… ? Et tout cela, ce sont des valeurs à faire connaitre. Il y a beaucoup d’enfants congolais qui ne connaissent pas Lumumba.

Quels sont vos projets dans l’avenir ?
Je compte mettre en animation le commerce triangulaire, l’esclavage, toutes ces histoires pour les tout- petits qui sont en maternel. Je n’ai pas encore de dates précises de sortie mais je l’envisage.

En savoir davantage sur Serge Diantantu :
www.serge-diantantu.com



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