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Rencontre exclusive avec le staff BENDA BILILI

Rencontre exclusive avec le staff BENDA BILILI
Talents

Depuis 2009, le staff Benda Bilili, cet orchestre congolais composé, principalement de musiciens handicapés, a effectué une centaine de concerts en Europe, aux Etats-Unis et au Japon. Et pour l’été 2011, les festivals internationaux se les sont disputés tandis que les médias ne tarissent que d’éloges à leur sujet. Pourtant, il y a 5 ans rien ne prédestinait ce groupe de musiciens de rue à une telle renommée alors qu’ils répétaient encore dans le jardin zoologique de Kinshasa. C’est qu’entre temps les membres du staff Benda Bilili sont devenus des stars… Pas facile donc de convenir d’une interview avec leur manager entre toutes ces tournées. Toutefois, alors qu’ils étaient de passage en Belgique, le staff a accepté de nous accorder un peu de son temps si précieux quelques minutes avant d’enflammer la scène du Festival les Ardentes à Liège. Dans leur loge, l’ambiance est au rendez-vous, pendant que certains chahutent gaiement d’autres s’essaient à l’exercice du « bain de foule en privé ».Tout un concept. Il faut dire aussi que les membres du groupe sont des bons vivants, ils aiment s’habiller avec élégance, prendre la pause pour les photos, rire, boire de la bière ou du vin et manger des bons plats congolais. Enfoncé dans son fauteil, lunettes de soleil sur le nez, un des chanteurs
témoigne avec philosophie « Il faut toujours croire en soi et en ses capacités. Faire à fond les choses que vous aimez. Beaucoup disait qu’on arriverait jamais à sortir de la rue parce que nous étions handicapés. Regardez-nous aujourd’hui ».

Des rues de Kinshasa…aux scènes mondiales

Bien que le succès international du groupe ait vraiment décollé ces deux dernières années, il n’empêche que leur travail, lui, a débuté depuis bien longtemps. C’est en 2003 que Ricky, surnommé affectueusement « Papa Ricky », fonde en compagnie de ses amis d’enfance le Staff Benda Bilili à Kinshasa. Atteints de polio, ils se déplacent pour la plupart en chaises roulantes ou en béquilles et s’approprient le jardin zoologique de la capitale comme lieu de répétition improvisé. Leur musique, savant mélange de rumba congolaise, de blues, de reggae, de funk, séduit les enfants des rues de la grande métropole qui se joignent à eux avec enthousiasme. Deux ans plus tard, les documentaristes Florent de La Tullaye et Renaud Barret rencontrent cette équipe hors du commun et leur proposent d’enregistrer un disque. Ainsi commence l’odyssée du staff Benda Bilili faite de rencontres magiques, de hasards et de miracles.

L’album au titre prophétique Très Très fort, sorti en 2009, s’est déjà vendu à plus de 50.000 exemplaires dans le monde entier. Et le documentaire Benda Bilili ! sorti en 2010 retrace avec émoi le parcours de ces musiciens hors pairs. Aussitôt, plébiscité par la critique, le film remporte plusieurs récompenses dont récemment le Prix d’Etoile d’Or 2011 et le Prix du public du 16ième Afrikafilmfestival. «  Ce n’est pas un hasard si nous avons reçu ce prix. C’est le fruit de notre travail acharné, c’est pour cela que nous avons gagné » explique Kabosé, chanteur du groupe. Une véritable consécration donc pour Ricky, fondateur du groupe, qui avait rêvé de faire du Staff l’orchestre des musiciens handicapés les plus connus d’Afrique. « C’est nouveau, c’est la première fois que des Congolais handicapés font des tournées internationales. Partout ou nous allons, nous sommes bien accueillis par le public qui est très enthousiaste et nous sommes ravis de partager notre musique avec eux » conclue Kabosé avant de se diriger avec les autres vers la scène car déjà le manageur fait signe d’y aller « Dans 10 minutes, c’est à nous » lance ce dernier dans un sourire.   

Lorsque les musiciens prennent place sur scène pour tester les instruments et aligner les voix, l’espace presque vide se remplit peu à peu et un air de rumba envahit les lieux.  La voix de Théo s’élève tandis que Roger, le benjamin du groupe, accorde son satongué, l’instrument qu’il a fabriqué avec une boîte de conserve. Le concert n’a pas encore commencé mais déjà des cris retentissent : « Benda Bilili très très fort ! » clame le public en chœur. C’est parti pour 1 h de spectacle car loin de rester statique, les membres du staff esquissent des pas de danse et Djuna, le chorégraphe officiel du groupe, n’hésite pas à sortir de son fauteil pour gesticuler ses mains avec habilité. Personne n’est indifférent à l’incroyable dynamisme déployé par le groupe. D’ailleurs, à en croire le public littéralement conquis, le Staff a fait très fort : « Je ne les connaissais pas et là je dois avouer qu’il s’agit de mon coup de cœur du festival de cette année. C’est incroyable l’énergie qu’ils dégagent, la manière dont ils bougent, dont ils chantent! On sent vraiment qu’ils sont contents d’être là et  qu’ils sont passionnés. Je vais courir acheter leur CD dès lundi » crie Laetitia entre deux pas de danse.

« Voir au-delà des apparences » voilà ce que signifie Benda Bilili, une invitation à tout un chacun à poser un regard différent sur le handicap et la maladie. « Tout le monde peut transcender sa condition physique et sociale pour arriver à faire quelque chose de positif mais surtout pour faire ce qu’il aime avec passion » nous confiait en début d’interview Djuna rempli d’espoir. Loin de s’arrêter ici, la saga du groupe continue, leur prochain opus devrait sortir en mars 2012 tandis qu’une deuxième partie du documentaire devrait également voir le jour l’année prochaine. D’ici là de multiples dates sont prévues dont l’Olympia à Paris en octobre 2011. Finalement, le rêve de Ricky s’est bel et bien transformé en réalité. Chapeau bas !    

Pour plus d’informations :
www.staffbendabilili.com

Staff Benda Bilili aux Ardentes de Liège (Belgique)

 

 


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