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Nicaragua: Trois semaines de colère populaire ont fait près de 50 morts

Nicaragua: Trois semaines de colère populaire ont fait près de 50 morts 2018-05-12
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Des étudiants manifestent contre le président du Nicaragua Daniel Ortega, le vendredi 11 mai

Sous tension depuis plus de trois semaines, le Nicaragua continue de vivre au rythme des manifestations, qui ont fait au moins 49 morts. Vendredi à l’aube, des affrontements entre la police et des étudiants, sur deux campus de la ville, ont fait deux morts et au moins dix blessés.

Les étudiants ont accusé le gouvernement d’avoir commandité une attaque par les forces de l’ordre et des civils armés contre ces deux campus, pour les déloger, car ils y sont retranchés depuis le début de la vague de contestation, le 18 avril.

Tué d’une « balle dans le cœur »

Kevin Valle, 18 ans, a été tué par arme à feu, a confirmé le sous-directeur de la police, Francisco Diaz. Angel Parajon a lui annoncé le décès de son fils Jimmy : « Il est mort à l’Upoli [l’Université polytechnique, bastion des étudiants contestataires] d’une balle dans le cœur », a-t-il raconté, en larmes.

Ces nouveaux décès ont ravivé les tensions dans ce pays où des milliers de manifestants dénoncent depuis des semaines le manque de libertés individuelles et la confiscation du pouvoir par le président Ortega​, au pouvoir de 1979 à 1990 puis depuis 2007. Depuis le début des protestations, provoquées par une réforme des retraites (depuis abandonnée), le bilan est d’au moins 49 morts, selon les associations de défense des droits de l’homme.

Ortega fait un pas en avant

Le chef de l’Etat, leader de la révolution sandiniste en 1979, a cependant fait un premier pas vers l’apaisement vendredi soir, en acceptant les deux conditions « préalables » à tout dialogue, posées par la Conférence épiscopale du Nicaragua (CEN), qui joue le rôle de médiateur. La CEN a demandé la fin de la répression des manifestations et que la Commission interaméricaine des droits de l’Homme (CIDH) soit autorisée à enquêter sur les circonstances des décès.

« Assez de répression violente contre les étudiants au Nicaragua ! », a lancé sur Twitter l’évêque auxiliaire de Managua, Silvio Baez. « Rien de violent n’est durable. L’intimidation et l’agression ne sont pas le chemin » à suivre, a-t-il ajouté.

« Nous sommes tous tendus, nous n’avons pas dormi »
Vendredi, les étudiants de l’Université nationale autonome du Nicaragua (Unan) ont érigé des barricades avec des pavés pour empêcher la police d’accéder jusqu’à leur campus, après un assaut mené dans la matinée qui a fait quatre blessés, a raconté à l’AFP Yaritza, une des leaders du mouvement étudiant.

« Nous sommes tous tendus, nous n’avons pas dormi. A l’aube nous avons été attaqués par des groupes de civils avec des armes à feu, mais nous soupçonnons qu’il s’agissait de policiers déguisés en civils », a indiqué la jeune femme. Des centaines d’étudiants d’autres universités ont manifesté vendredi près de l’Unan en soutien avec leurs camarades et aux cris de « Peuple, unis-toi ! ».


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