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Journée internationale du jazz : la célébration lancée à Kinshasa

Journée internationale du jazz : la célébration lancée à Kinshasa 2018-04-25
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Prévue en une semaine, soit du 24 au 30 avril, la vaste programmation entre concerts, atelier et projection concoctée par l’Institut national des arts (INA) et Jazz ya Kongo a débuté avec le colloque tenu, le 24 avril en fin de matinée, dans la salle du Centre d’études et de diffusion des arts (Cedar) de l’INA.

 Deux orateurs ont animé le colloque qui a constitué l’ouverture des activités organisées en marge de la célébration de la Journée internationale du jazz 2018. Brain Tshibanda et Christophe Ngandu ont exposé devant une assistance composée en majeure partie d'étudiants de l’INA. Le premier s’est étendu sur l’expérience du Centre Wallonie-Bruxelles (CWB), dont il est le directeur adjoint, dans l’expansion du jazz à Kinshasa.

Cette musique qu’il affectionne au point de se constituer parmi l’un de ses fervents diffuseurs, il a affirmé l’avoir connue lui-même en fréquentant notamment l’hôtel Memling et le Grand Hôtel. «  Les artistes jouaient parfois devant à peine deux personnes qui venaient discuter et échanger. Leur musique était comme une sorte de fond sonore pour ces gens-là. Nous avons pensé que le jazz ne devait pas rester dans ses hôtels huppés. Pourquoi ne pas produire des spectacles dans des salles ? Nous avons alors pris contact avec les groupes qui jouaient au Memling à l’époque. Il y avait Moreau Mandjeku, Tshamala, Suke, etc. Nous avons signé une convention avec eux, de sorte que nous avons commencé à les produire au CWB de manière sporadique comme nous le faisons d’habitude », a-t-il expliqué.

Dans ce contexte initial, il y a eu des personnages-clés qui ont œuvré avec entrain. C’est en 2000 qu’avec l’arrivée de Fredy Jacquet, nouveau délégué du centre culturel belge, qu’un nouvel élan a été impulsé. Le CWB avec le Music Club de Kinshasa présidé alors par Serge Gontcho et un de ses amis, agent à l’ambassade belge, mettent en place un programme de jazz. Il portait au début sur deux éléments-clés, à savoir la formation des artistes et la production de concerts. « À la suite de formations assurées par le saxophoniste Pierre Vaiana s’est créé le Big band, un grand groupe de jazz. Lors de son premier concert, il y avait vingt artistes sur scène pour un public composé d’à peine cinq personnes. Loin de se décourager, les initiateurs du projet ont décidé de poursuivre l’aventure quitte à susciter l’engouement du public pour cette musique au fil du temps », se rappelle Brain.

La persévérance a payé, la sauce a fini par prendre car, au fur et à mesure, la salle s’est remplie de moitié et a fini par l’être complètement. Puis, les ambitions n’étant plus les mêmes pour tous, le Big band s’est disloqué et a donné naissance à d’autres groupes. « Il s’est créé quatre à cinq nouveaux groupes. Le percussionniste Paul Le Perc a créé le sien et le batteur Habacuc a fait de même tandis que le flutiste Tshamala a reformé le sien. Le CWB a pensé qu’à quelque chose malheur est bon, parce qu’il était désormais plus aisé de faire une programmation. Chaque mois, il y en avait un qui se produisait et nous avons pu constituer un public pour le jazz », a dit le directeur adjoint du CWB.

Fort de ce succès naissant, de nouvelles initiatives sont tentées. « Il y a eu un premier festival organisé par Serge Gontcho qui fut un flop, la seconde édition n’accroche pas non plus et l’aventure s’arrête net », avoue Brain. Puis vient l’idée d’associer des stars de la musique congolaise. Chaque groupe avait la liberté d’en contacter une mais un seul s’intéressera au projet jusqu’au bout. « Avec Papa Wemba, c’était super. Il s’est vite intégré comme une anguille. Nous avons jazzifié ses propres morceaux, entre autres, Rail on. C’était malheureux que les autres n’aient pas marché avec nous. Plus grave, un artiste nous a posé un lapin le jour même du concert alors que le public était dans la salle », se souvient Brain Tshibanda. En 2007, avec le projet du Festival Yambi, il a été procédé à une sélection des meilleurs acteurs de l’univers jazz d’où est né Jazz ya Kongo, le groupe qui a représenté la RDC au dit festival.

Un accompagnement indéfectible

Par la suite, Wallonie-Bruxelles a favorisé la mobilité des artistes à travers les festivals en Afrique, certains groupes sont sortis dans ce cadre-là, question de favoriser l’essor du jazz congolais mais surtout le faire connaître à l’extérieur. Mais il restait un défi à relever : produire les artistes en dehors de la Gombe, apporter le jazz à la cité. Cela n’a pas été facile. La première expérience tentée à l’Écurie Maloba a donné des résultats mitigés. Les groupes n’ont plus tellement osé le faire. Ils attendaient que Wallonie-Bruxelles prenne encore l’initiative de les y produire alors qu’ils auraient dû tenter chacun de se lancer sur cette voie. Le jazz paraît donc toujours comme une musique élitiste avec ce paradoxe que ceux qui la pratiquent habitent la cité et non la Gombe. Donc, ce sont eux qui auraient dû aider Wallonie-Bruxelles à la ramener en cité et à attaquer les provinces. Vu qu’il était déjà difficile de sortir du CWB à Kinshasa, il paraissait compliqué d’y aller. Avant d’aller en province, il aurait d’abord fallu relever le défi de Kinshasa, affirme-t-il. Néanmoins, à défaut de faire le tour du pays, une expérience a été menée à Lubumbashi où se trouvait déjà un foyer de jazz avec des productions limitées le plus souvent dans des hôtels. Mais là aussi, n’ayant trouvé personne qui puisse porter le projet à bras-le-corps, il n’ira pas plus loin. Mais à ce jour, se réjouit Brain, « il est intéressant de constater que les artistes de première génération ont formé des plus jeunes qui s’y sont mis, donnant lieu notamment à Vijana, Rainbow, Cojazz, etc. Par ailleurs, les enseignants de l’INA commencent aussi à s’y former. Nous croyons donc que le jazz va continuer son bonhomme de chemin et que d’autres groupes vont naître ».  

Christophe Ngandu, professeur de guitare à l’INA, a, pour sa part, parlé des interactions du jazz avec la musique congolaise moderne. Un fait observé notamment avec les tout premiers orchestres dans les dénominations comme Ok Jazz ou African Jazz, par exemple. De ce second exposé, l’assistance a retenu aussi le récit portant sur la genèse du jazz aux États-Unis avec ses deux tendances. D’une part, le blues chants des esclaves en labeur dans les champs évoquant leurs origines noires et la tendance religieuse rendue à travers le negro spirituals qui a donné naissance au Gospel. Le pédagogue s’est également laissé aller à des explications plus techniques à l’adresse de son assistance, les étudiants particulièrement, sur la structure du jazz et celle de la musique congolaise moderne. Il a alors évoque l’incidence et les influences du premier genre musical sur le second déjà vers les années 1960, en relevant notamment la technique de la guitare de feu Dr Nico et de son frère Dechaux. "Ngalula", un de ses tubes reconnus de l’African Jazz, a été cité à titre illustratif dont les accords plaqués renvoient à ceux du jazz.


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