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"Boma Yé", "Sony Music" et "Universal" ouvrent une nouvelle ère musicale en Afrique

"Boma Yé", "Sony Music" et "Universal" ouvrent une nouvelle ère musicale en Afrique 2018-04-16
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Le Forum Africain "MIDEM" a réuni, du 11 au 13 avril 2018 à Brazzaville (République du Congo), autour d'une table les acteurs majeurs du secteur musical dans le monde afin de cogiter sur l'industrialisation musicale en Afrique.

Avec le concours de la Société des auteurs des compositeurs et des éditeurs de musique (Sacem), Universal Music, Sony Music, Boma Yé Music, Trace, Radio Nova, Believe Digital, l'Institut Français du Congo a été mouvementé en atelier, workshop et show cases des opérateurs culturels et artistes venus essentiellement du Cameroun, de la Côte d'Ivoire, de France, du Sénégal et de la République démocratique du Congo.

Outre les prestations des groupes musicaux du Congo-Brazzaville et de Kinshasa, la journée du 12 avril a été consacrée à deux conférences sur la création « des contacts pour exporter sa musique » et « Structurer la chaîne de valeur pour développer les entreprises musicales au niveau local et mondial ».

Pour la première thématique, Yannick Zagba, directeur artistique Afrique francophone, a conseillé aux artistes de prendre l'initiative pour profiter de la présence des professionnels, s'inscrire au site de Midem pour rencontrer des grands médiums comme Sony Music, Universal Music et pousser un certain nombre d'opérateurs à s'intéresser à eux.

Par ailleurs, Philo, directeur général, a souhaité que les artistes fassent partie des labels pour faciliter la tâche aux bookers. Le succès et l'envol, c'est une question de temps, « il n’y a pas de magie, c'est une question de temps. Boma Yé est maintenant à Kinshasa, on va aller à fond avec les artistes locaux », a-t-il confirmé.
Pour lui, enfin, les artistes musiciens doivent s'entourer des gens essentiels.

Maxime Mfoutou, directeur au Bureau congolais-Brazza de droits d'auteurs depuis 2010, pense que la téléphonie mobile ouvre un champ large dans ce domaine. Pour lui, ce qui freine les pas, c'est l'actuelle loi sur les droits d'auteurs au Congo qui présente certaines lacunes qui doivent vite être remédiées.

Un autre sujet a été évoqué l'après-midi de la même journée par ces opérateurs musicaux « Structurer la chaîne de valeur pour développer les entreprises musicales au niveau local et mondial ».

Tchaye Okio, chargé d'Afrique francophone à la Sacem Afrique, a été d'avis que pour permettre l'implantation et le décollage de cette industrie, il faut structurer toute la chaine de valeurs et cela ne concerne pas seulement les artistes eux-mêmes. « On peut beau demander aux artistes musiciens de se structurer, mais aucune banque ne peut donner du crédit à ces derniers à l'exception près".

Concernant la vie des orchestres, les musiciens africains doivent apprendre à s'entourer des gens utiles pour booster leurs carrières », a-t-il proposé.

Evoquant la problématique de la pénétration de Spotify en Afrique, il est convaincu que ça n'a pas marché parce que cela ne cadre pas avec les réalités du terrain. Il faut que les professionnels arrivent à proposer leurs histoires. « YouTube doit impliquer le payement des droits d'auteurs dans l'écoute. Puisque à part la rémunération sur le nombre de vues, les oeuvres musicales sont aussi exploitées en termes d'écoute. Donc il est normal à ce jour que Youtube pense à payer ses droits d'auteurs pour faire vivre aussi les auteurs-compositeurs et ce fait ne doit pas épargner les opérateurs de la téléphonie mobile », a-t-il avancé.

Chanteur compositeur et producteur St Patrick Azano qui est leader d'un groupe éponyme à Brazzaville soulève le refus des orchestres congolais à devenir des entreprises reconnues par l’Etat congolais. Deux mille orchestres ont été recensés, mais aucun n'est enregistré en tant qu'entreprise. Ils fuient les impôts par manque d'informations possibles sur les avantages à devenir une entreprise, mais également par ignorance sur les formalités à mener.

Il a estimé que l'Etat congolais doit définir leur statut juridique et a suggéré la mise en place d'une politique culturelle pour permettre aux groupes locaux de sortir de l'informel pour se professionnaliser et structurer l'industrie musicale congolaise. En plus, renforcer les capacités des infrastructures culturelles et améliorer la gestion de droits d'auteurs puisque, selon lui, les artistes peuvent être créatifs, mais si derrière, les infrastructures ne suivent pas, il y a aura toujours des soucis à se faire.

Alex, le représentant de FNAC, une maison de vente des disques, rappelle que « la musique est comme tous les autres produits, il faut l'entretenir. Jusque-là, en Afrique, les objets qui véhiculent la musique ont évolué, mais la production est restée statique et même dégradée. De l'autre côté, beaucoup d'artistes n'ont pas compris que faire la musique est un boulot. Il est temps que les artistes se remettent en question. Puisque, le digital aujourdhui est une formidable opportunité pour se faire connaître. Plus un artiste est créatif, plus il a le moyen pour s'en sortir ».

Après Johannesburg, Lagos, Abidjan, Brazzaville, le rendez-vous est donc pris au mois de juin prochain du 5 au 8 à Cannes pour une grande rencontre culturelle MIDEM en France.


MCNTeam / mediacongo.net
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Midem veut structurer l'industrie musicale en Afrique

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