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Syrie : Washington prêt à «dégainer» de nouveau s'il le faut

Syrie : Washington prêt à «dégainer» de nouveau s'il le faut 2018-04-15
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«Nous ne cherchons pas à intervenir dans le conflit en Syrie mais nous ne pouvons permettre de telles violations des lois internationales», a déclaré une porte-parole du Pentagone, Dana White.

Donald Trump et ses alliés français et britannique ont vanté samedi le succès de leurs bombardements contre le régime de Damas, une opération ponctuelle destinée à punir Bachar al-Assad pour son usage allégué d'armes chimiques, et ont brandi la menace de nouvelles frappes s'il franchissait encore cette « ligne rouge ».

La Russie, soutien politique et militaire du pouvoir syrien, a répliqué aux frappes sur le terrain diplomatique. Aux Nations unies, elle a demandé une réunion d'urgence du Conseil de sécurité, mais a échoué à faire voter sa résolution condamnant « l'agression » armée contre Damas, son représentant Vassily Nebenzia fustigeant « le néo-colonialisme » des États-Unis et de leurs deux alliés.

L'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley, est, elle, montée au créneau pour maintenir la pression sur le président Assad, mais aussi sur ses alliés russes et iraniens.

L'ambassadrice des États-Unis à l'ONU, Nikki Haley, lors d'une réunion du Conseil de sécurité, le 7 avril 2017 à New-York. (© AFP)

« J'ai parlé au président (Trump) ce matin, il a dit que », a-t-elle affirmé dans une nouvelle joute entre Washington et Moscou qui symbolise l'extrême tension entre les deux anciens ennemis de la Guerre froide.

Le président français Emmanuel Macron a pour sa part estimé qu'après les frappes, c'était maintenant au Conseil de sécurité de « reprendre, dans l'unité, l'initiative sur les plans politique, chimique et humanitaire ».

Un projet de résolution sur la table

L'ambassadeur russe à l'ONU, Vladimir Safronkov, lors d'une réunion du Conseil de sécurité, le 7 avril 2017 à New York. (© AFP)

La France, les États-Unis et le Royaume-Uni ont remis samedi à leurs 12 partenaires du Conseil un nouveau projet de résolution sur la Syrie à plusieurs facettes — chimique, humanitaire et politique —, incluant la création d'un nouveau mécanisme d'enquête sur l'emploi d'armes chimiques, selon des diplomates.

Les négociations sur ce texte, rédigé par la France, doivent débuter lundi, selon les mêmes sources. C'est la première fois qu'un texte regroupant les aspects chimique, humanitaire et politique du conflit vieux de plus de sept ans est proposé au Conseil.

Dans le domaine chimique, le texte, obtenu par l'AFP, « condamne dans les termes les plus forts tout recours aux armes chimiques en Syrie, en particulier l'attaque du 7 avril à Douma ». Il prévoit de créer « un mécanisme indépendant » d'enquête et d'attribution des responsabilités «basé sur des principes d'impartialité et de professionnalisme».

Le projet de résolution des trois pays qui ont mené les frappes « exige des autorités syriennes qu'elles s'engagent dans des négociations inter-syriennes de bonne foi, de manière constructive et sans préalables » en application des dernières discussions menées à Genève le 3 mars.

Ces négociations, au point mort, doivent porter sur la gouvernance, la question constitutionnelle, les élections, le contre-terrorisme et des mesures de confiance.

Du gaz sarin utilisé ?

Les raids, dont la menace planait depuis plusieurs jours et qui ont donné lieu à une intense coordination entre les États-Unis, la France et le Royaume-Uni, ont été lancés dans la nuit de vendredi à samedi en riposte à l'attaque chimique du 7 avril dans la ville de Douma imputée au régime Assad.

Une responsable de l'administration américaine a indiqué samedi à la presse que Washington pensait que du chlore et du gaz sarin avaient été utilisés par le régime lors de cette attaque.

Une mission de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) se trouve en Syrie pour réunir des éléments sur cette attaque chimique présumée qui aurait fait au moins 40 morts à Douma, selon des secouristes sur place. Elle a été qualifiée de «fabrication» des rebelles par Damas et par la Russie.

Les frappes ont visé selon les Occidentaux trois sites liés au programme d'armement chimique syrien près de la capitale et dans le centre du pays.

Image satellite fournie par le Pentagone des points d'impacts sur la base aérienne syrienne d'al-Chaayrate après la frappe américaine, le 7 avril 2017. (© DoD/AFP)

Cette opération semble avoir été ciblée pour éviter une escalade de la guerre en Syrie, plus complexe que jamais après sept années de conflit et la présence sur le terrain de plusieurs forces étrangères, dont les armées américaine, russe et iranienne.

Trop peu trop tard, pour les évacués de Douma, rencontrés par l'AFP à 400 kilomètres de chez eux, dans un camp de déplacés.

« Nous sommes contents de voir que quelqu'un a enfin senti qu'on existait », a déclaré Nadia Sidaoui. Mais, ajoute-t-elle, « les frappes menées n'ont pas eu vraiment d'impact » sur Bachar al-Assad.

Les experts estiment que ces frappes n'auront pas d'impact sur le conflit syrien, dont le président Assad semble en passe de sortir victorieux. Son armée a annoncé samedi la reprise intégrale de l'enclave rebelle dans la Ghouta orientale, la région proche de Damas dans laquelle se trouve la ville de Douma.

Les raids occidentaux n'ont fait « aucune victime au sein de la population civile ou de l'armée syrienne », d'après l'armée russe, dont les installations sur place ont été soigneusement évitées.

« Mission accomplie ! »

 

« Mission accomplie ! », a lancé Donald Trump - comme son prédécesseur George W. Bush en 2003, qui avait alors annoncé, de manière prématurée, la fin de la guerre en Irak.

Le Pentagone a réfuté une déclaration de l'armée russe selon laquelle la défense antiaérienne syrienne a intercepté 71 missiles sur 103, dénonçant une « campagne de désinformation russe ».

Il a affirmé que le programme chimique syrien « mettra des années à s'en remettre», mais sans pouvoir garantir que le régime Assad «ne sera pas en mesure de le reconstituer ».

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a aussi estimé qu'une « bonne partie de l'arsenal chimique » avait été « détruite ».

La porte-parole du ministère américain de la Défense Dana White a réaffirmé que les États-Unis ne cherchaient « pas à intervenir » dans la guerre civile syrienne.

La seule mission de l'armée américaine en Syrie reste le combat contre le groupe Etat islamique (EI), considérablement affaibli, et Donald Trump a plaidé récemment pour un désengagement le plus rapide possible.

Des manifestants pro-Assad et contre les frappes américaines dans les rues des Damas. (© AFP/Getty Images/Louai Beshara)

Le président Assad a dénoncé une « agression » qui ne fait que « renforcer » sa « détermination à continuer de lutter et d'écraser le terrorisme », terme par lequel il désigne les rebelles islamistes.

Moscou a évoqué une « insulte » au président Vladimir Poutine, tandis qu'en Iran, le guide suprême Ali Khamenei a qualifié les dirigeants américain, français et britannique de « criminels ».

À Damas, les frappes ont galvanisé les partisans du régime. Au lever du soleil, plusieurs dizaines d'entre eux se sont rassemblés sur l'emblématique place des Omeyyades, au son de klaxons et de musiques patriotiques, arborant des drapeaux syriens, chantant et dansant à la gloire de Bachar al-Assad.


TVA Nouvelles / MCN, via mediacongo.net
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kabupwe - 19.04.2018 14:32

une leçon pour bachard et la Russie; que vive l'Amérique

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Le sage - 15.04.2018 16:26

Venez frapper aussi kanambe. Il est pire que Bachar Al Assad.

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