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Procès Kamwena Nsapu : vers le rétablissement de la vérité

Procès Kamwena Nsapu : vers le rétablissement de la vérité 2018-02-09
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Face à la stratégie de négation adoptée par les prévenus, auteurs présumés de l’attaque de l’ex-prison centrale de Makala et membres de la milice "Kamwena Nsapu ", le Ministère public est revenu à la charge, à l’audience d’hier, jeudi 8 février 2018, en brandissant cette fois-ci, une liste de présences des membres de ce mouvement terroriste, ayant pris part à une réunion préparatoire de l’attaque de la prison centrale. Un élément qui vient à coup sûr renforcer l’accusation. Le Tribunal a également enregistré un aveu important d’un prévenu, qui a déclaré avoir été assisté par ses avocats lors de l’instruction préjuridictionnelle. Ce qui vient renforcer l’« austénite » des éléments contenus dans les PV.

A en croire l’organe de la loi, cette liste de noms a été retrouvée dans la poche d’un assaillant après sa mort sur le lieu du crime. Un PV de constat a été établi à cet effet et constitue, poursuit-il, l’un des éléments de preuves de base de ce dossier. Cet argument a, cependant, été réfuté par la défense qui ne croit nullement à l’authenticité de cette liste. La partie civile également estime que cette liste ne peut pas faire foi, du moment où rien n’atteste qu’elle a été trouvée dans la poche d’un assaillant et que les signatures qu’elle porte peuvent être facilement reniées. 

L’audience d’hier jeudi 8 février à la prison militaire de Ndolo a tourné essentiellement autour de ce débat sur la liste de présences. Même le renseignant Michel Endongo, commissaire principal de la PNC, qui devrait éclairer davantage la religion du tribunal, quant à certains propos tenus par le prévenu Mpoy Placide, n’a pas pu prendre la parole faute de temps et de l’absence dans la salle des avocats dudit prévenu. Il pourra prendre la parole à l’audience de ce mardi 13 février, a déclaré le président du Tribunal militaire, lors de la levée de séance.

LES DEUX PREVENUS ENTENDUS HIER ONT TOUT NIE

Cependant, un prévenu a reconnu au cours du même procès qu’il se fait assister de ses avocats au cours d’une instruction préliminaire. Un argument qui vient remettre en cause la stratégie de négation de ces accusés, selon laquelle les éléments contenus dans les PV auraient été arrachés sur base de tortures.

Deux prévenus seulement ont été entendus au cours de l’audience d’hier à la prison militaire de Ndolo. Ils ont rejeté en bloc les huit griefs mis à leur charge. Edo Kashama, dont la comparution avait déjà été amorcée au cours de l’audience du mardi 6 février, a indiqué n’avoir jamais entendu parler du "mouvement Kamwena Nsapu" de sa vie. Ce militant de l’UDPS et préposé à la sécurité du SG de cette formation politique nie ses propres déclarations contenues dans les procès verbaux.

"Je ne connais rien de tout ce qu’on me reproche. J’ai été arrêté le 3 septembre 2017 alors que je rentrais au siège de l’UDPS. On revenait le même jour de l’aéroport où nous sommes allés accueillir le SGA de notre parti, Félix Tshisekedi. Les aveux contenus dans les PV d’audition ont été obtenus sur fond des tortures", a-t-il déclaré. 

UN AVEU QUI CONCOURT A LA RECHERCHE DE LA VERITE

L’accusé a, cependant, reconnu ses signatures apposées sur les PV dont il dénie le contenu. Un détail que l’officier du ministère public fait acter par le greffier. 

Une autre avancée dans ce procès, fait remarquer le bâtonnier Fréderic Djamamo, c’est le fait qu’un prévenu ait avoué, à l’audience d’hier, qu’il s’était fait assister d’un avocat lors de l’instruction préjuridictionnelle. "Que les prévenus nient tous les faits pour lesquels ils sont poursuivis fait peut-être partie de leur moyen de défense. Nous sommes, malgré cela, contents de constater qu’un prévenu a avoué au cours de cette audience avoir été assisté par son avocat conseil lors de son audition devant l’officier du ministère public. C’est un pas important vers la vérité des faits", a-t-il rassuré.

"Nous devons nous convenir sur le fait que l’instruction prejuridictionnelle n’a pas été bien fignolée. Les PV ne sont pas de preuves par excellence. Ils ne comportent que les renseignements. C’est ainsi que nous demandons au Ministère public de nous brandir d’autres preuves", a, pour sa part, indiqué Me Bernard Tshituakadi, avocat de la défense.

L’essentiel des questions des avocats de la partie civile a tourné sur le fait que le nom du prévenu Kashama soit cité plusieurs fois pendant les auditions préjuridictionnelles d’autres prévenus. C’est le cas de Mazanga Mazarin, secrétaire national de l’UDPS, de Paul Mukendi, de Nancy Nanshakale et de Anny Nambu, tous membres du parti cher à feu Etienne Tshisekedi.

Prenant la parole, les avocats de la défense se sont étonnés de constater que la plupart des questions adressées à leur client n’ait nullement fait allusion à la matérialité des faits pour lesquels il est poursuivi. "Nous demandons aux avocats de la partie civile RDC de nous préciser. Après l’attaque de la prison de Makala, nous avons entendu un officiel congolais dire que ces assaillants étaient du mouvement Bundu dia Mayala. Qu’est ce qui explique ce changement", se sont-ils interrogés.

Réagissant à ce questionnement, le président du tribunal militaire a rappelé que sa juridiction n’a pas été saisi pour d’autres faits. Il n’a été saisi que pour les faits liés au mouvement Kamwena Nsapu. "Nous sommes surpris de constater que la défense pose des questions à une personne morale qu’est la RDC dont les avocats représentent les intérêts dans ce procès", a fait constater l’Officier du ministère public.

Orly-Darel Ngiambukulu
Forum des As
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1 commentaire(s)
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fausseliberation - 09.02.2018 15:23

botika ba aventures, vérité ekobima na yango mais lelo te, lobi pe te !

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