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Thérèse Kanpangala :Plus d’une semaine après sa mort, sa famille n’a toujours pas accès au corps !

Thérèse Kanpangala :Plus d’une semaine après sa mort, sa famille n’a toujours pas accès au corps ! 2018-02-01
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Le 21 janvier, Thérèse Dechade Kanpangala, une aspirante à la vie religieuse, a été tuée par balle en marge d’une marche de laïcs catholiques.

Plus d’une semaine après sa mort, sa famille n’a toujours pas accès au corps.

Sa mort cristallise toute l’indignation autour de la répression policière pendant la marche du 21 janvier.
Dimanche 28 janvier, une messe a été célébrée à la paroisse Saint-François de Sales de Kintambo, une commune du nord-ouest de Kinshasa, en l’honneur de Thérèse Dechade Kapangala.

Cette aspirante à la vie religieuse âgée de 24 ans a été tuée dans cette paroisse de Kinshasa où des fidèles s’étaient réfugiés, dimanche 21 janvier, pour fuir la répression policière après une marche de catholiques contre le pouvoir de Joseph Kabila.

Cent personnes, dont plusieurs arboraient des tee-shirts à l’effigie de Thérèse, ont pris part à la célébration. Les membres de l’amicale des jeunes de la paroisse et le curé, le père Aimé Lusambo, ont réaffirmé leur soutien à la famille éplorée.

Impossible d’avoir accès au corps

Depuis le 21 janvier, la famille Kapangala multiplie, sans succès, les démarches pour récupérer le corps de Thérèse.

« Depuis que j’ai fait enregistrer le corps à la morgue centrale de Kinshasa, nous n’y avons plus accès, explique le père Joseph Musubao, oncle maternel de la victime. On nous fait passer d’une autorité administrative, sanitaire ou judiciaire à une autre pour avoir l’autorisation de récupérer le corps pour l’embaumer. Aucun service ne veut prendre la responsabilité de nous rendre le corps pour que nous puissions célébrer les obsèques. »

À ce jour, aucun représentant de la morgue centrale ou du gouvernement n’a souhaité répondre à la Croix Africa, concernant la mort de l’aspirante à la vie religieuse.

La mort de Thérèse cristallise toute l’indignation autour de la répression policière pendant la marche du 21 janvier. Baptisée « martyre de la liberté » par une partie de la presse, la jeune aspirante est devenue l’icône des marches catholiques contre le pouvoir de Kabila.

Signe de toute la tension autour de ses obsèques, deux membres de la famille vivent dans la clandestinité, estimant que leur vie est menacée. Son père, Steve Kapaganla, un major de la police, a quitté le domicile familial le lendemain de la mort de sa fille. Le jour du décès de Thérèse, il avait exprimé toute sa détresse sur les ondes de RFI, suscitant un élan de compassion. Membre de la police qui, selon les témoins, serait à l’origine de la mort de sa fille, le major Kapangala vit dans la clandestinité. « Sa vie est en danger et en même temps son poste l’oblige à se taire », explique le père Musubao qui a dû, lui aussi, fuir son séminaire et sa paroisse.

« Nous ne pouvons même plus nous donner du réconfort mutuel »

Au lendemain de la mort de sa nièce, le père Musubao, professeur de philosophie, avait été filé par une voiture pendant de longs kilomètres. Des mouvements suspects autour du grand séminaire de Kintambo où il est formateur ont obligé ses supérieurs à l’envoyer vers une destination gardée secrète. « Je m’inquiète pour le reste de la famille, confie-t-il à La Croix Africa. La famille est séparée, nous ne pouvons même plus nous donner du réconfort mutuel. »

Dans la maison familiale à Kintambo, l’ambiance est lourde. Madeleine, la mère de Thérèse, très abattue, préfère laisser un de ses fils s’exprimer au nom de la famille.

« Nous sommes obligés de ne pas parler trop fort et de ne jamais sortir seuls car il y a des policiers en civil qui circulent dans le quartier pour nous espionner, confie Stanislas Kapangala. Notre père a dû fuir nous nous demandons comment il vit cette épreuve, seul. Notre mère est complètement dévastée. Notre oncle (le père Musubao, NDLR) qui pouvait nous épauler a dû aller se cacher parce que sa vie est en danger. »


La Croix / MCN, via mediacongo.net
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