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Kim Jong-un, plus fort que Trump à l’épreuve des JO

Kim Jong-un, plus fort que Trump à l’épreuve des JO 2018-01-10
Sport
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Le chef de la délégation nord-coréenne, Ri Son-gwon (à droite), salue son homologue du Sud Cho Myoung-gyon, mardi au terme de leur rencontre dans le village frontalier de Panmunjom.

Une poignée de main franche et des sourires, certes un peu crispés. Dans la bien nommée Maison de la paix sise dans la zone démilitarisée qui sépare les deux pays, les représentants de la Corée du Nord et de la Corée du Sud se sont rencontrés mardi et ont affiché devant les caméras leur inespéré rapprochement.

Cela faisait plus de deux ans que les deux parties ne s’étaient pas assises à une table de discussions. Pour la petite histoire, c’est à pied que la délégation nord-coréenne a traversé la ligne de démarcation pour rejoindre le village frontalier de Panmunjom où s’est tenue la rencontre.«Offrons au peuple un cadeau précieux pour le Nouvel-An», a lancé le chef du Comité nord-coréen pour la réunification pacifique de la Corée, Ri Son-gwon.

En guise de cadeau, et confirmant les rumeurs, la Corée du Nord s’est déclarée prête à envoyer des athlètes et une délégation aux prochains Jeux olympiques de Pyeongchang en Corée du Sud, alors que Séoul lui tendait la main sur cette question depuis des mois. Une nouvelle saluée depuis Lausanne, au siège du CIO, qui doit encore finaliser ces prochains jours le cadre des discussions. Le ministre sud-coréen de l’Unification Cho Myoung-gyon, de son côté, a proposé l’organisation, en parallèle des JO, d’une réunion des familles séparées depuis la guerre de 1950-1953. Et les deux parties se sont d’ores et déjà mises d’accord pour rétablir une liaison téléphonique militaire, coupée depuis près de deux ans.

Fin diplomate

Les JO d’hiver, occasion d’un nouveau printemps entre les deux Corées? Et la diplomatie du sport promet-elle un apaisement des tensions dans la région Pacifique? Il y a encore cinq semaines, le régime de Kim Jong-un se livrait à son dernier essai nucléaire, lançant son plus puissant missile balistique en mer du Japon. Et l’escalade de menaces entre le régime de Pyongyang et le locataire de la Maison-Blanche a marqué toute l’année 2017.

«Nous ne nous situons pas dans un tournant de la crise qui oppose Pyongyang à Washington, celle-ci va probablement reprendre après la trêve olympique. Car le dossier de fond autour du nucléaire n’est pas réglé: la Corée du Nord n’a pas l’intention de se dénucléariser», souligne l’historienne Juliette Morillot, coauteure de La Corée du Nord en 100 questions (Ed. Tallandier). «Mais ce qui est marquant aujourd’hui, c’est la manière dont Kim Jong-un, qui est un bon diplomate, a profité de l’opportunité des JO pour jouer gagnant dans ce dossier. Lors de son discours du Nouvel-An, dans son costume gris qui le posait en chef d’État, Kim Jong-un a tendu un rameau d’olivier à son homologue du Sud, Moon Jae-in. C’était une façon de mettre hors jeu, certes de manière temporaire, Donald Trump. Le régime coréen se place soudainement dans une posture rationnelle, faisant passer le président américain et ses tweets intempestifs dans le camp de l’incohérence.» Symptomatique: un jour après avoir affirmé que les États-Unis avaient «le plus gros bouton nucléaire», Donald Trump se voyait contraint, devant la main tendue du Nord vers le Sud, de se déclarer prêt à discuter avec l’homme fort de Pyongyang.

Aspirations partagées

Juliette Morillot le souligne: «Les deux Corées aspirent à renouer le dialogue, mais Pyongyang a attendu de mettre au point son programme nucléaire pour faire le pas. Du côté de Séoul, il ne faut pas oublier que Moon Jae-in s’est fait élire sur un programme d’apaisement avec le Nord. La fenêtre olympique a donc représenté l’occasion pour les deux pays de coller à une aspiration partagée chez tous les Coréens, au Nord comme au Sud, celui de reprendre leur destin en main. Car il y a une aspiration commune des deux Corées à cesser d’être le terrain de jeu de la Chine et des États-Unis.»

Le rapprochement pourrait déboucher sur l’acte très symbolique de retrouvailles, durant les JO, des familles séparées, mais aussi la réouverture de la zone économique de Kaesong, un parc industriel intercoréen (sur territoire du Nord), dont l’accès est fermé aux Sud-Coréens depuis les tensions générées par l’essai nucléaire du régime de Pyongyang de janvier 2016. Mais le réchauffement, tributaire d’enjeux beaucoup plus larges, restera fragile, prédit la coréanologue. «La nouvelle donne ne plaît évidemment pas du tout à Washington. Pour l’heure, Donald Trump ne veut pas raviver les tensions ne serait-ce que pour la sécurité des athlètes américains aux JO. Mais ni les États-Unis ni la Corée du Nord, laquelle fait reposer son identité même sur l’arme nucléaire, n’ont intérêt à mettre en sourdine leur défiance mutuelle».


TDG
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