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Kikwit : le genre et l’autonomisation des femmes se manifestent petit à petit dans des couples et familles

Kikwit : le genre et l’autonomisation des femmes se manifestent petit à petit dans des couples et familles 2018-01-08
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http://www.mediacongo.net/dpics/filesmanager/actualite/2018_actu/01-janvier/8-14/pelagie_kusadila_prospere_fumungongo.JPG Kikwit, Kwilu-

Le couple Prospère Fumungongo et Pelagie Kusadila en train d'analiser ensemble les problèmes de famille

Quelques couples et familles de la ville de Kikwit, province du Kwilu, dans le sud-ouest de la République démocratique du Congo (RDC) appliquent petit à petit des notions du Genre et favorisent l’autonomisation des femmes pour le développement familial. Bien que beaucoup reste encore à faire, ce pas est salué par des activistes des droits humains.

«Depuis quelques années, je ne décide plus seul dans notre couple. J’associe toujours maman Pélagie Kusadila, mon épouse. S’il y a une situation, nous nous asseyons et chacun apporte ses idées de la même façon. Après analyse et considérations, nous décidons ensemble», témoigne Prospère Fumungongo, un des papas du quartier Mbongisa, commune de Lukolela, assis à côté de son épouse. 

Fumungongo et Kusadila ont déjà accompli 45 ans dans le mariage. Ils ont six enfants dont trois garçons et trois filles. Ils affirment avoir scolarisé filles et garçons de la même façon. Et pas de  discrimination en ce qui concerne les droits des enfants.

«Les années antérieures, lorsque nous avions deux enfants, papa ne voulait pas que je puisse vendre pour que j’aie aussi des billets de banque. Mais depuis plus de cinq ans Je me débrouille comme papa. Je vends et je donne aussi l’argent de ristourne sans dépendre de papa», déclare Kusadila.

Kusadila ajoute que ce changement était dû au fait que la famille suivait régulièrement des émissions parlant du genre et des droits des femmes sur les antennes des radios communautaires comme Radio Tomisa, Radio Sangomalamu, RCMI etc.

A Kikwit 3, quartier Ndeke-Zulu dans la commune de Nzinda, Benjamin Nkoto et Hélène Mabuta vivent en harmonie depuis six ans de mariage.

«Depuis que nous sommes ensemble, je n’ai pas encore dénigré mon épouse. Car elle est un être humain comme moi. Elle a des mêmes chances que moi. Elle travaille comme enseignante et moi je travaille comme vendeur dans un magasin des Chinois en ville basse. Elle apporte de l’argent comme moi et notre famille avance peu à peu», indique Nkoto rencontré devant sa parcelle.

Interrogée à ce sujet, Mabuta, son épouse confirme : «Ce que papa a dit est une vérité. Je sais que depuis notre mariage il m’a fortement frappée une seule fois puisque j’avais abimé son téléphone androïde qui coûte cher. Mais depuis un certain temps cette  violence physique n’existe plus. Il me laisse aussi la chance de m’épanouir économiquement, parce que nous avions assisté à une conférence qui parlait des violences faites à la  femme et à son autonomisation. Cette conférence était organisée en 2015 par le REFADI (Réseau des femmes engagées pour le développement intégral)».

«Si je vends au marché, c’est puisque mon mari a compris que j’ai le droit de promouvoir l’économie. Par jour, j’amène en moyenne 45000 Francs congolais (28,1 dollars). Cela contribue à l’essor de notre famille», déclare Françoise Mpukuta devant son étalage au marché Ville basse dans la commune de Lukolela.

«Je vais discuter avec ma femme pour voir comment nous pouvons développer ensemble un projet pour le bien de notre famille», promet Sylvain Mena, menuisier.

Les couples Prospère-Pélagie, Benjamin-Hélène ; Françoise et Sylvain  sont parmi les quelque 36 couples et familles que nous avons visités lors de nos investigations. 52 pour cent des familles visitées insèrent peu à peu des notions de Genre dans leur vie.

Depuis plusieurs années, des radios communautaires et associatives de cette ville ont inséré dans leurs grilles des programmes des émissions relatives aux droits des femmes, au Genre et à l’autonomisation des femmes. Ces émissions passent souvent à téléphone ouvert. Certaines structures et associations organisent des conférences sur ces thématiques.

«J’encourage les quelques familles qui ont compris et qui commencent déjà à appliquer ces notions. Beaucoup reste encore à faire. Ces pas qui sont déjà lancés doivent être encouragés. C’est un long processus», indique Laurent Bwenia Muhéhia, président l’Association africaine de défense des droits de l’Homme dans la ville de Kikwit.

De son côté, Pascaline Muramba, juriste et activiste des droits humains suggère qu’il y ait dans l’avenir des séances des sensibilisation  sur le Genre et des droits des femmes à l’intention des couples et des élèves dans des écoles secondaires.

«L’article 14 de la constitution de la RDC parle de la parité Homme-Femme. C’est normal que certaines familles l’appliquent», affirme Brigite Mukwa, chef du bureau urbain du ministère du Genre, Famille et Enfant.

«Bâtir, avec tous les acteurs, une société sans discrimination, où les Hommes et les Femmes, les Filles et les Garçons, ont les mêmes changes et droits de participer à son développement et de jouir des bénéfices de sa croissance, constitue un droit fondamental», stipule le Document lié à la Politique nationale Genre en RDC.

«De la manière dont on éduque les filles et les garçons, en famille ou à l’école, dépendent leurs capacités à se réaliser en tant que personnes autonomes libres dans la société, mais aussi leurs perceptions du rôle de la femme et de l’homme, une fois dans la vie productive», renchérit le manuel ‘’Genre et Médias’’, produit par l’Union congolaise des femmes des médias à l’intention des journalistes en RDC.

«La voix des femmes de la diaspora aussi s’est faite de plus en plus présente. Un écho du cri des femmes, ayant subies les horreurs (violences de tout genre ) dans les régions en conflit a été relayé par plusieurs ONG internationales et locales, mais aussi par les femmes de la diaspora disséminées dans les pays africains, en Europe et aux USA», note, sur son site,  Genge en action, un réseau international francophone pour l’égalité des femmes et des hommes dans le développement.

Badylon Kawanda Bakiman / Correspondant
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