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Mgr Monsengwo : Un "Desmond Tutu congolais" ?

Mgr Monsengwo : Un "Desmond Tutu congolais" ? 2018-01-07
Société
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Le cardinal archevêque de Kinshasa, Laurent Monsengwo Pasinya

L'archevêque de Kinshasa Laurent Monsengwo, figure de la puissante Eglise congolaise et du Vatican, ressort la carte du défi frontal au pouvoir en ce début d'année 2018 cruciale pour la République démocratique du Congo, un an après la médiation de l'épiscopat dans la crise liée au maintien du président Joseph Kabila.


"Il est temps que les médiocres dégagent", "barbarie", "mensonge systémique", "brutalités policières"...: il a suffi de quelques mots bien sentis en 48 heures pour que Mgr Monsengwo, 78 ans, fasse honneur à sa réputation d'opposant numéro un. D'autant que les appels à manifester de l'opposition politique ont sonné creux fin 2017 face à l'interdiction et la dispersion systématique de tout rassemblement.

L'archevêque de Kinshasa, une capitale d'environ 10 millions d'habitants et plus de 130 paroisses, est la figure de proue de l'Eglise romaine dans un pays de quelque 80 millions d'habitants très majoritairement catholiques malgré la prolifération des Eglises évangéliques dite du "réveil" (dont certains avancent qu'elles soutiennent le président Kabila).

Puissant à Kinshasa, le prélat congolais pèse lourd aussi à Rome. Elevé au rang de cardinal par Benoît XVI, Mgr Monsengwo représente l'Afrique dans le collège des neuf cardinaux nommés par le pape François pour travailler sur la réforme de la Curie.

Le Vatican lui a apporté son soutien après ses déclarations fracassantes. A Kinshasa, le nonce apostolique, Luis Mariano Montemayor, un Argentin proche du pape, a aussi dénoncé "la réaction disproportionnée des forces de sécurité congolaises" face à la marche des catholiques du 31 janvier.

Dans un premier temps, Mgr Monsengwo n'avait pas commenté cet appel de laïcs proches de l'Eglise à une marche pour demander au président Kabila de déclarer publiquement qu'il quitterait bien le pouvoir.

La réponse des forces de sécurité (au moins cinq morts, 134 paroisses encerclés, cinq messes interrompues..., d'après la nonciature) semble avoir réveillé une profonde colère chez cet homme de taille moyenne, qui lit ses homélies à voix basse entrecoupée de longs silences.

Communiqué souhaitant la fin du "mensonge systémique" et que "les médiocres dégagent", interview à radio Vatican, messe du 4 janvier à la mémoire des martyrs de l'indépendance, qu'il compare "aux morts d'aujourd'hui" victimes des "brutalités policières"...: ses prises de position ont suscité une mise en garde du gouvernement frisant la menace de poursuites.

"Monseigneur Laurent Monsengwo a tenu des propos injurieux à l’endroit des dirigeants du pays ainsi que des forces de l’ordre", a indiqué vendredi un compte-rendu du Conseil des ministres.

Un 'Desmond Tutu congolais'

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Archevêque de Kinshasa depuis 2007, Laurent Monsengwo s'inscrit dans l'histoire de l’Église du Congo, engagée depuis l'indépendance (1960) dans les questions de société, selon le père Léon de Saint-Moulin, jésuite et historien du Congo.

Noël 2016 déjà. Le président Kabila n'a pas organisé d'élections alors que son deuxième et dernier mandat a pris fin le 20 décembre, provoquant des manifestations étouffées dans le sang en septembre et décembre.

"Il est révolu le temps où l'on cherchait à conserver le pouvoir par les armes, en tuant son peuple. Celui qui respecte la Constitution n’a rien à craindre de la justice", glisse le cardinal pendant la messe de minuit entre deux citations tirées des Evangiles.

Quelques jours plus tard, pour enrayer la violence, le puissant épiscopat congolais parraine un accord majorité-opposition prévoyant des élections en décembre 2017 au plus tard.

Des élections finalement reportées au 23 décembre 2018. Mgr Monsengwo s'est-il senti floué? La conférence épiscopale fait en tous cas savoir qu'elle regrette ce report et demande au président Kabila de déclarer publiquement qu'il ne sera pas candidat à sa propre succession.

En 2011, le cardinal avait déjà contesté la réélection du jeune chef de l'Etat, en estimant que les résultats de la présidentielle n'étaient "conformes ni à la Vérité, ni à la Justice".

A l'époque du président Kabila père (Laurent-Désiré, 1997-2001), alors archevêque de Kisangani, Mgr Monsengwo se montre déjà critique envers le nouveau pouvoir. Pendant les guerres de 1998-2003 qui ravage l'est de l'ex-Zaïre, il doit à un moment quitter cette grande ville de l'est de la RDC, théâtre d'une guerre entre forces du Rwanda et de l'Ouganda.

Son parcours politique a commencé sous la dictature du maréchal Mobutu (1965-1997), qui a entretenu des relations ambivalentes avec l'Eglise, entre interdiction des noms chrétiens et accueil du pape Jean-Paul II en 1980.

Déjà figure morale et populaire, Laurent Monsengwo a pu apparaître dans les années 90 comme le Desmond Tutu congolais en prenant la tête de la Conférence nationale souveraine supposée libéraliser le pouvoir, puis d'une sorte de Parlement de transition, avant d'être écarté.

Un quart de siècle plus tard, cet homme polyglotte, proche du président du Congo-Brazzaville Denis Sassou Nguesso, se trouve plus que jamais au centre du jeu en cette année 2018 de toutes les attentes.


VOA / MCN, via mediacongo.net
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22 commentaire(s)
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Anonyme - 08.01.2018 12:03

A vous AMP, lisez cet Auteur .Gustavo Gutierrez : développe sa réflexion qui se structure et s'articule dans un livre considéré comme la pierre de touche de la théologie de la libération: en 1971 il publie sa Teología de la liberación qui sera rapidement traduit en une vingtaine de langues. À ce titre, il est considéré comme l'un des fondateurs de la Théologie de la libération, élaborant une pensée fondée sur la solidarité avec les plus pauvres, la justice sociale, la paix dans le monde et la dignité humaine2. Dès lors, il n'a de cesse d'encourager les instances ecclésiales à s'engager dans un combat pour plus de justice sociale, et à développer la spiritualité de...

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Anonyme - 08.01.2018 11:56

Merci tata cardinal Tata ya milimo,Desmond Tutu, Gustavo Guttierez Congolais pour ce mot d'ordre de l'année:"Il est temps que les médiocres dégagent", "barbarie", "mensonge systémique", "brutalités policières":dégager.Nous attendons le mot d'ordre.

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Congolais débouts - 08.01.2018 11:40

Que les Mediocres dégagent de ce pays! Mr le Cardinal, homme propre et sauveur de l'humanité

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Congolais débouts - 08.01.2018 11:35

Que les Mediocres dégagent de ce pays! Mr le Cardinal, homme propre et sauveur de l'humanité

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kawasaki - 08.01.2018 11:10

Le vrais médiocres sont: JKK, Mende, Minaku, Ramazani surtout, Sho UKITUNTU, Alain ATUNDU, KOKO NYANGI,Papy TAMBA, Thiery MUSENEMPO ainsi que les autres doivent dégager pour que l'espace politique respire.

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Bondekwe - 08.01.2018 10:50

Toute religion qui n'est pas capable de repondre aux problemes sociaux, economiques et politiques de la societe dans laquelle elle vie, n'a pas de raison d'exister, disait Martin Luther King. Mais que disent les pasteurs mediocres de mon pays ? A Cesar ce qui est a Cesar... Il y a donc lieu de faire un choix entre ceux qui prient au nom de guegue et ceux qui n'ont que la croix de Jesus attachee au mur. moi, je suis catholique, donc pas mediocre. Que les mediocres degagent, a tous les niveaux d'ailleurs.

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TROP C'EST TROP - 08.01.2018 08:51

Ne pas accepter que le régime actuel en RDC est composé des médiocres, c'est baigner dans le sophisme. Quel est ce secteur ou ce ministère qui n'est pas dans la médiocrité, du sommet en bas et d'une façon verticale, la médiocrité est devenue même une source de longévité à un poste donné (ministre, gouverneur, officier, ambassadeur, DG des entreprise publiques, conseiller, magistrat, directeur de cabinet, ainsi de suite); pour faire long temps, il faut être médiocre; les excellents n'ont pas de place au sein du régime actuel, ceci est une triste réalité en RDC.

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MWIN MANGAND - 08.01.2018 08:31

Que le mediocre degage !!!!

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florent - 08.01.2018 08:01

les médiocres sont pleins au gouvernement, qu'ils dégagent

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ODINGI - 08.01.2018 07:51

Vraiment que les médiocres dégagent tel qu'a dit le Cardinal MONSENGWO.

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VERITE' - 08.01.2018 07:47

MP (Mediocre Presidentiel), ils ont comis une erreure grave en attaquant l'eglise Catholique. Aucun regime au monde a deja vaincu l'eglise catholique. Ces mediocres doivent degager, c'est question du temps. Au Zimbabwe la justice commence deja a travaille'.1. Mugabe avait 16 fermes, la justice reprend 15 et lui laisse une ferme. 2. Sa femme Grace Mugabe est investiguee pour son faut Doctorat. 3. Les deux enfants de Mugabe et L'Enfant adoptif de Mugabe bientot devant la bare pour mispropriation des fonds de l'etat. EZAKOYA. LES MEDIOCRES NE VONT JAMAIS ECHAPER.

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Encore_Vous - 08.01.2018 07:22

Allez y cher Prélat

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Zairois - 08.01.2018 06:24

Nous vous attendons toucher l'enfant chéri du pape, comme ça vous verrez quelle différence il y a entre l'église catholique et vos églises de réveils qui soutiennent ce régime de médiocres. Bokotisaka bango prison makala tout le ndenge bolingi, bo tenter pe Monsengwo to ndima bino. Awa bofandisaki kutino, Denis lessi, Mwanda NSEMI na ba pasteurs misusu ya mikie mikie bandimi na bango bazalaki wapi? Bo meka pe oyo ya biso grand prêtre Monsengwo tondima bino.

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Zairois - 08.01.2018 06:13

Vous n'êtes plus les dirigeants de ce pays sur le plan constitutionnel, donc le cardinal Monsengwo et tout congolais se voit choquer de la manière dont le pays est dirigé peut le dénoncer d'une manière ou d'une autre. Le cardinal a choisi de vous dénigrer c'est tout! Les autres vont choisir de vous abattre comme vous ne voulez pas quitter ce pouvoir par consensus. Tromper les congolais 3 fois avec des élections truquées ça suffit! En 2006, 2011 et vous voulez faire la même chose en 2018 selon vous.

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LES KABILISTES PRETS A TOUT VENDRE POUR JKK - 08.01.2018 00:31

Songinzila,leur mariage a eu lieu quand?...CETTE PARTIE DU COMMENTAIRE A ETE SUPPRIME (PROPOS NON FONDES)

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Sylvain membre de la famille Katintima - 07.01.2018 21:28

kanambe n'existe que par des tueries en RDC. Quoi autre dont il est capable? piller peut-être, tricher les élections peut-être? il est mediocre avec ses maitres minaku, boshab, shadary et consorts. Un kadogo venu en mercenaire qu'on fait passer à la t3te d'un pays comme la RDC.

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Mampuya - 07.01.2018 20:16

N'insultons pas Desmond Tutu et le peuple noir sud Africain. De la folie comparer l'apparteid avec l'incapacité de nos dirigeants congolais de gérer notre économie depuis l'indépendance.Nous sommes vu comme des petits nègres qui veulent ressembler aux blancs. C'est l'économie qui dirige la politique.

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Kimamba/Kalenge - 07.01.2018 20:08

CE COMMENTAIRE A ETE SUPPRIME (PROPOS INJURIEUX ET MANQUE DE SAVOIR-VIVRE ENVERS LES INTERVENANTS)

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Songinzila - 07.01.2018 19:17

Il sait bien que cette année est la dernière pour KABILA alors il va multiplier les déclarations pour se faire valoir. KABILA a dit qu'il y a élections en 2018. Toutes déclarations qui viendront soit de Monsengwo ou de l'opposition n'auront pas de valeur. Une question SVP, qui a marié à grande pompe le médiocre KABILA avec OLIVE LEMBE sans qu'il sache avant que KABILA est médiocre? En ce moment là étant homme de Dieu, il ne savait pas que KABILA était médiocre ? La vérité appartient à Dieu et non aux hommes. La Bible dit qu'il n'y a pas de parfait sur cette terre, seul Jésus-Christ est parfait car Il a vaincu la mort et le reste n'est que vanité de vanité. Que Dieu...

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Anonyme! - 07.01.2018 16:39

la parole prophétique du Cardinal pointe bien le CHEF DES MÉDIOCRES. Ce qu'il faut faire c'est d'aider les congolaises et congolais à se débarasser de ces médiocres avec leur chef en tête. Les filles et filles du Congo sont prêts comme ils l'ont été en 1996 face à la dictature mobutienne.

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Anonyme - 07.01.2018 16:07

CE COMMENTAIRE A ETE SUPPRIME (INSULTES ET PROPOS NON FONDES)

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Serge k - 07.01.2018 14:53

En disant "Que les médiocres degagent..." ou est le mal?

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