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Marche de la Saint-Sylvestre: Aucun fusil n’a jamais arrêté une vague de fond (Analyse)

Marche de la Saint-Sylvestre: Aucun fusil n’a jamais arrêté une vague de fond (Analyse) 2018-01-01
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Les manifestants comptent leurs morts, leurs blessés,-une quinzaine selon les organisateurs -le pouvoir assure, refrain classique, qu’il a déjoué des manœuvres de provocation, voire d’infiltration et les forces de police ont démontré qu’elles disposaient de suffisamment de troupes pour pouvoir se déployer simultanément dans plusieurs villes, dans plusieurs provinces.

Ce qui démontre que l’outil de répression est sans doute le plus rodé des rouages du pouvoir, et que rien ne l’arrête, ni le caractère sacré des églises dans lesquelles des coups de feu ont été tirés, ni l’allure pacifique des chrétiens qui défilaient derrière les croix et ne brandissaient que les chapelets et les banderoles.

Dans les salons de la Gombe, on estime que le pire est passé : l’opposition politique étant faible et divisée, c’est l’Eglise catholique qui dispose de la plus grande capacité de mobilisation et cette Eglise elle-même n’a pas parlé d’une seule voix car certains diocèses n’ont pas rejoint le mouvement…

En outre, les revendications des laïcs chrétiens ont été relativement modestes : la date des élections étant fixée à décembre 2018 les manifestants ont surtout insisté sur les mesures de décrispation, comme la libération des prisonniers politiques.

Le pouvoir aurait cependant tort de célébrer trop vite sa facile victoire, car d’autres évidences s’imposent : dans cet immense pays, d’Est en Ouest et du Nord et Sud, malgré la répression, bravant la violence d’un pouvoir qui n’hésite pas à recourir à des supplétifs sans états d’âme, les citoyens ont osé sortir de chez eux. Ils réclament certes la décrispation du climat, la tenue des élections dans des conditions acceptables, mais surtout, d’abord et avant tout, le changement. Plus de moralité, plus de justice, moins de corruption, un avenir pour les jeunes…

Même si la presse s’autocontrôle et si le pouvoir n’hésite pas à suspendre Internet, le ras le bol est perceptible et pourrait prendre un jour des formes imprévisibles : ce n’est pas avec des chars et des fusils que l’on arrête un raz de marée et la manifestation des chrétiens est, peut-être, le signe précurseur des autres vagues de fond qui s’annoncent…

Colette Braeckman
Le Soir
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