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Tabu Ley : 4 ans après sa mort, voici comment les enfants sont organisés en matière de succession

Tabu Ley : 4 ans après sa mort, voici comment les enfants sont organisés en matière de succession 2017-12-04
Musique
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Pascal Tabu Ley et Gisèle Tabu

Pour d’aucuns, Sinamoyi Tabu Ley Pascal dit Seigneur Rochereau demeurera à jamais dans le panthéon de la musique congolaise moderne, pour l’ensemble de ses œuvres enchanteresses. Considéré comme un génie compositeur, cet artiste-chanteur totalise 4 ans dans l’au-delà depuis que le Dieu créateur l’a rappelé dans sa divinité suprême. Malgré qu’aucune manifestation officielle n’ait été organisée pour commémorer ce triste anniversaire de sa disparition, au Congo, le journal « La Prospérité» a rencontré deux des enfants de la famille TABU qui ont témoigné sur le personnage de l’illustre disparu dont la sagesse et le talent ont beaucoup contribué à l’émergence de la rumba et surtout, à la promotion de la culture congolaise, en général. C’était une occasion pour la belle  Gisèle TABU et l’inamovible Patou TABU de fixer la lanterne de l’opinion sur l’héritage artistique que le Congo-Kinshasa semble négliger au détriment de l’histoire pour les générations futures.

30 novembre 2013-30 novembre 2017 : il y a 4 ans mourait Pascal Tabu Ley, qui fut également votre père biologique. Quel est le plus grand souvenir inoubliable que vous gardez de cet homme ?

Gisèle TABU : Il était un père très affectueux. Toujours présent quand j’avais besoin de lui. Quel que soit  le problème que tu puisses avoir, il avait toujours les mots qui puissent te rassurer et te réconforter. Mes enfants l’appelaient «Gros Papy» et c’est comme ça que tous ses petits-fils le chouchoutaient de son vivant. J’en suis fière. Du côté artistique, il a légué au Congo sa voix inégalable et sa musique, avec tout son répertoire fantastique et bien garni, constitué de chefs-d’œuvre. Vraiment quel bel héritage n’est-ce pas? Son art fait revivre d’une certaine façon ce grand monument de la musique congolaise et la légende. C’est un génie immortel. Et un  papa qui savait toujours faire le bonheur de ses enfants.

Comment réagissez-vous lorsqu’une certaine opinion raconte que Rochereau a réussi son art, mais il n’a pas pu structurer sa famille biologique et mettre ensemble ses nombreux enfants?

GT: Si ! Il l’a fait. Il a réuni tous ses enfants, parce que autant que nous sommes, on se connaît tous et cela, grâce à lui, pendant qu’il était encore vivant. Sauf que chacun des enfants a sa personnalité et que nous ne vivons pas tous au Congo. Moi, personnellement, je peux témoigner connaître tous mes frères et sœurs. Du plus grand au plus petit.

Qu’est-ce que la famille Tabu a prévu pour marquer ce 4ème anniversaire de sa disparition ?

Patou Tabu : Pour cette date du 4ème  anniversaire, la famille n’a prévu, ni organisé une grandiose manifestation, si ce n’est le dépôt d’une couronne de fleur sur son mausolée qui, d’ailleurs, était en réfection après le terrible accident de la nature et dont les travaux ont pris fin la semaine dernière, à Nécropole «entre Terre et Ciel de la N’sele. Car, nous projetons déjà une rencontre familiale pour les préparatifs du 5ème anniversaire dont vous serez d’ailleurs associés, vous les As de la presse.

Jusqu’à preuve du contraire, votre père reste le plus fécond compositeur, en termes de nombre de chansons écrites dans l’histoire de la musique. Est-ce que les héritiers perçoivent le droit d’auteur, 4 ans après sa mort, à la SOCODA?

PT : Sur le point en rapport avec les droits d’auteur, je me réserve. Car, étant bien organisé, la famille a délégué un de nous pour s’en occuper et le rapport se fait à l’assemblée générale des enfants. Vous le savez bien que nous sommes une succession et nous avons un sens du respect et d’organisation par rapport aux procédures en la matière. Donc, il revient à ma sœur qui s’en charge d’y répondre.

Quelles sont vos impressions lorsque vous voyez vos frères, Youssoupha et Peguy Tabu, emboîter les pas à votre Père dans un art qui a fait de lui un monument et une légende en Afrique et dans le monde ?

PT : Nous sommes émus de voir cela, mais Papa n’a pas été que musicien. Il était aussi un acteur politique dont nous autres nous sommes sous l’ombre de ses pas bien que nous ne sommes pas encore affirmés. Mais, nous nous préparons dans le bon soin des grands politiciens de cette ville. Il n’était pas qu’icône de la musique, mais aussi Vice-gouverneur de Kinshasa.

A travers la Chancellerie des Ordres nationaux, le pays a décoré à titre posthume Tabu Ley au rang de dignitaire de la République. Est-ce que sa famille en tire profit jusqu’à nos jours? 

PT : Pour rappel, Tabu Ley a été décoré une année avant sa mort au rang de dignitaire de la République (Chevalier du Léopard). Le profit de ce décor n’est que le prestige et rien d’autre. A moins que l’on soit vivant pour bénéficier des certains privilèges et ce décor est intuito personae, nul ne peut en jouir si ce n’est lui-même.

Quelle politique avez-vous mise en place pour conserver et préserver son héritage artistique ?

PT : Vous savez qu’on est une famille nombreuse et avions du mal à nous réunir tous facilement afin de dégager une politique quelconque. Sauf que l’héritage est le nôtre et appartient à tous. Hormis les droits d’auteurs, le reste, chacun selon ses facultés et des moyens, est dans le droit d’user positivement de cet héritage artistique. Jusque-là pas de politique commune.

Avez-vous un message particulier à adresser aux congolais ainsi qu’à tous ceux qui admiraient la voix et les œuvres musicales de Pascal Tabu Ley ?

PT : Oui. D’abord merci de leur attention particulière à l’égard de leur artiste et qu’il garde toujours une pensée positive pour tout ceux qui, une fois dans leur vie, ont suscité le sourire de leur peuple et monde tout entier. Merci !

Jordache Diala
La Prospérité
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