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Protestantisme oecuméniste : les anglicans rejoignent la déclaration sur « la justification par la foi »

Protestantisme oecuméniste : les anglicans rejoignent la déclaration sur « la justification par la foi » 2017-10-31
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Justin Welby, primat de la Communion anglicane, a annoncé que son Église rejoignait la Déclaration commune sur la « justification par la foi », signée en 1999 par luthériens et catholiques.

En conclusion du cinquième centenaire de la Réforme, les anglicans ont annoncé, mardi 31 octobre, qu’ils rejoignaient la déclaration sur « la justification par la foi », signée en 1999 par catholiques et luthériens.

En juillet, les réformés avaient eux aussi souscrit à cet important document œcuménique.

Au dernier jour de l’année jubilaire marquant le 500e anniversaire de la Réforme protestante, l’archevêque de Cantorbéry, primat de la Communion anglicane, a annoncé que son Église rejoignait la Déclaration commune sur la « justification par la foi », signée en 1999 par luthériens et catholiques et constituant un pas majeur en matière œcuménique.

Au mois de juillet, la Communion mondiale d’Églises réformées avait elle aussi signé, à Wittenberg, ville allemande où est née la Réforme protestante en 1517, ce texte, mettant fin à cinq siècles de contentieux théologique.

Un texte majeur

En 1999, un texte majeur était signé entre catholiques et luthériens à Augsbourg, en Allemagne. Au terme de longues années d’un dialogue amorcé à la suite du Concile Vatican II, ils s’étaient finalement accordés sur une formulation commune du cœur de leur foi, à savoir le salut accordé aux hommes par la grâce de Dieu, et non en raison de leurs mérites. Cet accord sur « la justification par la grâce », pour reprendre la formule communément admise, mettait ainsi fin à 500 ans d’un contentieux théologique à l’origine de la Réforme protestante.

En effet, au XVIe siècle, alors que l’Église catholique insistait sur l’importance des œuvres, et invitait même les fidèles à acheter des indulgences pour s’assurer le paradis, Luther et les autres réformateurs s’élevèrent contre cette vision pour affirmer la primauté de la grâce.

Dans l’accord de 1999 – fortement voulu par Jean-Paul II et auquel le cardinal Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi à l’époque, avait personnellement travaillé –, catholiques et luthériens reconnaissaient que les condamnations prononcées à l’époque de la Réforme n’avaient plus lieu d’être.

La Déclaration d’Augsbourg n’avait pas fait l’unanimité au sein du monde protestant, qui était resté divisé quant à ce rapprochement avec l’Église catholique. Sept ans plus tard, en 2006, les méthodistes s’étaient ralliés toutefois à ce texte.

Une étape déterminante pour l’unité des chrétiens

En cette année de commémoration des 500 ans de la Réforme, l’intégration de la Communion mondiale d’Églises réformées et de la Communion anglicane marque une étape déterminante pour l’unité des chrétiens, puisqu’il s’agit de deux entités parmi les plus importantes du monde protestant.

Pour le théologien luthérien André Birmelé, figure de pointe de l’œcuménisme, cette Déclaration commune « n’est pas une conclusion de dialogue comme une autre, puisqu’elle n’engage pas seulement les théologiens signataires, comme c’est le cas normalement, mais bien les Églises concernées ».

Fruit d’une méthode originale

Ce progrès œcuménique majeur est le fruit d’une méthodologie mise en place pour aboutir à la Déclaration d’Augsbourg, celle du « consensus différencié », qui reconnaît que l’unité de la foi peut être portée par différents langages.

« Cela signifie que nous reconnaissons qu’il y a des différences, explique le Père Emmanuel Gougaud, directeur du service national pour l’unité des chrétiens de l’épiscopat français, mais qu’elles ne sont plus séparatrices. »

Désormais, ce consensus s’étend aussi aux réformés et aux anglicans du monde entier. Dans les faits, rien ne bouge, mais de nouveaux jalons théologiques sont posés afin de poursuivre le dialogue, en levant le principal obstacle théologique qui avait suscité la Réforme.

Marie Malzac
La Croix
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