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Congo-Brazzaville: Quand les termes « oncle paternel » et « tante maternelle » divisent les familles !

Congo-Brazzaville: Quand les termes « oncle paternel » et « tante maternelle » divisent les familles ! 2017-10-24
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Et pourtant lorsqu'on s'inscrit sur le registre occidental, il n'y a rien de fâcheux dans l'usage de ces termes, car les frères du père sont des oncles paternels et les sœurs de la mère sont des tantes maternelles.

Cependant, ces appellations dans de nombreux quartiers de nos villes créent quelques divisions familiales, surtout lors des retrouvailles familiales du genre : remise d'une dot, conseils et palabres familiaux ou même si un enfant a comme tuteur le petit-frère de son père et, comme par maladresse, il tente de l'appeler par son oncle paternel.

Tenez ! Cela vient de passer dans une famille, il y a environ deux semaines, lors de la remise de la dot où il était inscrit sur la liste les termes « objets à fournir aux tantes maternelles ». L'une des tantes maternelles, c'est-à-dire l'une des sœurs cadettes de la mère de la future épouse a vigoureusement réagi publiquement en jurant de ne plus prendre les objets qui lui étaient destinés, à savoir une pièce de tissu, des sandales, foulards et bijoux. Pour elle, cette appellation était tout simplement une séparation, car « comment comprendre que moi qui suis sortie d'une même mère et d'un même père que ma grande-sœur, on se permet de m'appeler par tante, alors que je suis aussi ni plus ni moins la mère de cette fille qu'on marie », disait-elle avec regret.

De la même manière, dans l'un des quartiers de la ville océane, un enfant a risqué d'être chassé de la maison par le petit-frère de son père.

 

Cet enfant avait, selon le petit-frère de son père qui est aussi son tuteur, carrément séparé la famille, c'est-à-dire diviser la lignée des enfants et celle des pères. Tenez ! Le problème était le suivant. À la question : « Est-ce que votre père est là ?» posée par l'un des amis du petit-frère de son père qui est son tuteur, l'enfant avait tout simplement répondu : « Non, je ne vis pas avec mon père, je suis ici avec mon oncle paternel qui est d'ailleurs dans la maison ». Et son tuteur était brutalement sorti de la maison en donnant une gifle à celui-ci. « Je suis ton père et non ton oncle paternel, car après ton père c'est moi. Et tous, vous êtes mes enfants, que cette appellation cesse à partir de maintenant. Sinon, je te renverrai au village », vociférait avec colère ce tuteur.

Ces deux exemples montrent bien que l'emploi des terminologies parentales telles que « tante maternelle », « oncle paternel », « cousins », « demi-frères », « demi-sœurs » et autres pose énormément de problèmes dans certaines familles, car ces termes, semble-t-il, ont une connotation au Congo par exemple qui n'est pas de nature à souder les membres d'une même famille large que soit-elle. Car étant entendu que dans le jargon congolais, la plupart des familles parlent de l'oncle que l'oncle maternel et de la tante que la tante paternelle, c'est-à-dire respectivement le frère de la mère et la sœur du père. Ainsi donc, tous les autres parents sont soit des pères (petits-frères ou grands-frères du père) soit des mères (petites-sœurs ou grandes-sœurs de la mère).

Ainsi donc, dans certaines familles, quand un enfant commet l'erreur d'appeler le petit-frère de son père par l'oncle paternel, il n'est pas loin d'être sanctionné familialement. Et cela est dit clairement lors de certains regroupements familiaux, encore que l'abus de ces termes peut aussi et surtout occasionner des divisions familiales car des « oncles paternels » ou des « tantes maternelles » se disent être rejetés par des enfants de leurs frères ou de leurs sœurs, car pour eux ces termes sont « salissants » et « séparatistes ». Est-ce que les anthropologues et les autres spécialistes des sciences sociales revisiteront-ils leurs notes sur la notion de la parenté dans certains pays africains ? Affaire à suivre !




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4 commentaire(s)
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Salima - 24.10.2017 20:17

Ce genre des problèmes n'existent que dans les megapoles africains où toutes les cultures sont pèle-mêle. Dans les villages, papa et maman c'est papa et maman et tout le monde s'accommode avec ce par quoi on est appelé. C'est c'est votre frère qui est votre tuteur, cela ne fera pas de lui votre père. En occident votre pere géniteur c'est votre père et votre mère genitrice c'est votre mère et là où votre mère ou père vole en seconde noce, votre padraste ou marâtre n'usurpera le droit de se faire appeler papa ou maman. L'enfant l'appelera simplement Jean, Jérôme ou Marie, Rose est rien de plus. Les africains de ce jour se mettent dans du desordre même en occident. Dans...

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Mukumbane - 24.10.2017 19:21

Restons africains. Nous n'avons rien à envier du sens de la famille occidentale. La famille africaine reste riche et solidaire et regroupe plusieurs personnes. Elle est élargie et garde des liens solides entre ses membres qui la compose.

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Mwana Mboka RDC - 24.10.2017 13:25

Cette situation m'est arrivée en 2015, je devais présenter par téléphone ma fiancée à mon cousin, Hélas comme par lapsus je pouvais dire voici mon cousin, et ce dernier pouvait immédiatement surgir et exprimer sa colère dès sa première prise de parole en conversation avec ma future dame qu'il n'était un cousin pour ainsi dire, il est grand frère au sens propre du terme. Bon, perso j'ai vite compris je posais déjà un mauvais départ dans cette relation avec mon cousin, En Afrique, la famille est sacrée dit-on, mais si on peut au moins mettre chaque chose à sa place, là il faut savoir oser, car les risques et dégâts seront les invités d'honneur

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