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Test du Google Home: un aperçu du futur de l'informatique

Test du Google Home: un aperçu du futur de l'informatique 2017-08-04
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Pendant trois semaines, le Figaro Tech a testé le Google Home, la première enceinte intelligente à être commercialisée en France. Disponible depuis le 3 août, l'appareil ambitionne de s'installer dans un maximum de foyers.

«OK Google, quoi de neuf aujourd'hui?». Quand on découvre pour la première fois le concept du Google Home, on ne peut être que sceptique quant à son utilité. Sorti aux États-Unis il y a un an, le Home était la réponse de Google à Amazon, premier à avoir fait le pari d'une enceinte parlante, à laquelle l'utilisateur pose des questions.

Pour fonctionner, le Google Home dépend de Google Assistant, une intelligence artificielle capable de synthétiser des questions orales en mots-clés afin de répondre d'un langage humain. Google Assistant est au Google Home ce que Siri est à l'iPhone, c'est la voix qui permet de transformer un produit en un interlocuteur. Pendant trois semaines, nous avons pu tester à domicile le Google Home afin de voir ce qu'il change au quotidien. D'abord en version québécoise, puis en version française, nous avons pu découvrir l'informatique de demain où la voix remplace l'interface.

Pour fonctionner, le Google Home n'exige qu'une seule chose: prononcer les mots magiques «OK Google» ou «Dis Google». Ces formules permettent de faire comprendre à l'appareil que vous allez lui parler. Question, musique, organisation ou domotique… Le Google Home sait faire beaucoup de choses. Laissé au milieu d'une pièce en présence d'adultes et d'enfants, nous avons pu constater pendant nos tests que tout le monde s'intéresse à la petite enceinte de Google. Certains lui demandent la météo, d'autres veulent entendre une blague et les plus taquins tentent de la piéger en posant des questions toujours plus loufoques allant de la taille de Donald Trump à des calculs toujours plus compliqués. Presque à chaque fois, le Google Home fait son effet et trouve la bonne réponse tout en répondant d'un ton volontairement taquinant. De quoi faire oublier ce qu'il est vraiment: un algorithme.

L'informatique réinventée

Qu'on ne se trompe pas derrière son côté jouet, le Google Home est un véritable ordinateur, précurseur d'une nouvelle forme. Aux débuts de l'informatique, c'était par le clavier que se pilotait une machine, projetant des lignes de texte sur un écran. Dans les années 80, la souris devient la nouvelle forme de navigation et les fenêtres et icônes font leur apparition. Plus tard, ce sont nos doigts qui prennent le relais grâce aux écrans tactiles. En 2011, les smartphones voient apparaître les assistants vocaux, grâce à l'arrivée de Siri sur les iPhone. Une navigation vocale sur laquelle mise le Google Home non plus comme un accessoire, mais comme principale interface de navigation. Plus besoin d'écran ou de pointeur, on demande directement à l'appareil en s'exprimant non pas à partir de mots-clés mais avec des phrases similaires à celles que nous emploierions avec nos proches. La force du Google Home est de rendre accessible l'informatique à des personnes qui en étaient jusque-là privées, pour qui l'ordinateur était trop compliqué. Une personne âgée n'ayant jamais touché un ordinateur pourra donc goûter aux joies des recherches Google en demandant la composition d'une recette ou en demandant un flash info par exemple. Dans d'autres situations, le Google Home s'avère le parfait arbitre de discussions entre amis. Qui ne s'est jamais bagarré sur l'âge d'une personnalité à la télévision? Avec le Home, il suffit de demander pour que l'enceinte vienne mettre fin au débat.

L'illusion du bon assistant

Disponible depuis moins d'un an aux États-Unis, Google Assistant s'est fortement amélioré en très peu de temps mais présente encore quelques lacunes non négligeables. Avec la version française, il faut tout reprendre à zéro. Assistant ne s'est pas encore habitué aux habitudes des Français et peut se laisser piéger par certaines formulations. Globalement, il faut reconnaître que l'enceinte répond avec une précision parfaite à des questions prédéfinies mais évite un très grand nombre de questions pour lesquelles elle n'a pas été configurée. Résultat: le Google Home alterne entre un assistant brillant et un autre complètement à côté de la plaque, des situations brisant l'illusion d'un appareil révolutionnaire, et le ramenant au simple algorithme qu'il est réellement.

Mesurant moins de 15 cm, le Google Home tient facilement dans une main.

Ce comportement est d'autant plus regrettable que dans de nombreuses situations, Google est parfaitement capable d'analyser la situation. Par exemple, Google Assistant est incapable de répondre à la commande «Quelle est la différence d'âge entre Donald Trump et Emmanuel Macron?». Pourtant, il est en mesure de répondre à «Quel âge à Donald Trump?» et réciproquement pour Emmanuel Macron. L'intelligence artificielle est pour l'instant incapable de relier ces deux questions entre elles pour donner le résultat attendu. Parallèlement, certaines données sont intraitables par l'Assistant qui ne se contente que de certains sites de confiance comme Wikipédia ou le dictionnaire Larousse. L'enceinte ne prend pas le risque de lire le contenu de sites inconnus pouvant répondre à certaines questions plus techniques et oblige à se saisir d'un ordinateur. Il est impossible de demander les horaires d'un train par exemple (faute de partenariat avec la SNCF), alors que l'enceinte n'a aucun problème à gérer les avions.

Si Google Assistant est amené à particulièrement évoluer dans les mois qui viennent, il faut reconnaître que la version actuelle est très incomplète. Un sentiment d'autant plus frustrant que les microphones de l'appareil reconnaissent les commandes avec brio. Durant nos tests, nous avons réussi à solliciter le Google Home et à lui poser une question jusqu'à 11m de distance, jamais en ayant à lever la voix. Avec accent, en parlant vite ou en mélangeant des mots anglais et français, l'analyse vocale ne se trompe jamais. Mais les réponses ne suivent pas toujours…

Autre absence regrettable: le Google Home ne propose pas de magasin de fonctionnalités à l'image des Skills d'Amazon. Google choisit de lui-même ce que peut faire le Google Home et ne permet à des développeurs tiers de proposer de nouvelles fonctionnalités qu'à travers un kit de développement encore très limité, ce qui réduit forcément les fonctionnalités de l'appareil. La version smartphone d'Assistant proposant des applications tierces, il n'est pas impossible de voir une prochaine mise à jour du Google Home autoriser l'ajout de questions supplémentaires, mais ce n'est pas le cas aujourd'hui.

Quand on retire son socle, le Google Home révèle trois basses, offrant un son de bonne qualité.

En ce qui concerne sa qualité sonore, le Google Home délivre un résultat tout à fait satisfaisant pour une enceinte commercialisée 149 euros. Si l'on reste loin de ce que peuvent proposer Sonos ou Bose, la qualité audio suffira à de nombreux foyers souhaitant animer leurs soirées d'une légère musique d'ambiance. Seul bémol: il faut être abonné à un service de streaming partenaire comme Spotify ou Deezer pour écouter de la musique. Google promet que le support du Bluetooth arrivera cette année via une mise à jour logicielle.

Quel futur pour cette technologie?

Si le Google Home séduit, ce n'est pas pour ce qu'il est mais pour tout ce qu'il pourrait devenir. Dans leur état actuel, les assistants domestiques ne sont pas aussi performants que ce que leurs constructeurs souhaiteraient, tout simplement à cause de défauts de jeunesse. Mais puisqu'ils n'ont besoin d'aucun matériel spécifique pour évoluer, il sera possible pour les constructeurs de les améliorer via des mises à jour de leurs serveurs et donc de les rendre chaque jour un peu plus performant. La première évolution qui pourrait changer l'intérêt d'un tel produit concerne les fonctions de communication. Avec son enceinte HomePod, Apple permettra bientôt à ses utilisateurs d'envoyer des messages ou de téléphoner comme depuis leur iPhone, sans leur iPhone. De son côté, Amazon travaillerait sur une messagerie maison nommée Anytime et permet déjà aux enceintes intelligentes Echo Show de communiquer entre elles. En permettant aux enceintes intelligentes de se transformer en un hub reliant tous nos produits, les constructeurs pourraient arriver à les rendre indispensables. Grâce au Google Home, Google permet aux possesseurs de Chromecast, une petite clé se connectant à sa télévision, ou d'un appareil compatible, de demander la diffusion d'un contenu YouTube ou Netflix sur son grand écran, plus besoin de télécommande. L'enceinte devient un appareil faisant le lien entre les services Google et les autres produits de la maison. L'appareil pourrait également se révéler bon à sauver des vies. Si le Google Home ne permet pas d'appeler les secours à ce jour, d'autres assistants se sont révélés plus héroïques aux États-Unis. L'enceinte pourrait également s'assurer qu'une personne fragile est en sécurité en discutant avec elle.

Pour rivaliser avec l'Amazon Echo, le Google Home se place en enceinte intelligente on ne peut plus simple, et au prix particulièrement accessible. Mais le marché de ces assistants domestiques ne cesse de se diversifier et de voir apparaître de nouvelles formes plus innovantes. Avec le HomePod, Apple a fait le choix de miser sur la qualité audio en proposant une enceinte surpuissante, qui intègre Siri. Amazon propose lui l'Echo Dot, une version ultraportable de son enceinte ou l'Echo Show intégrant un écran pour diffuser de l'image. Le géant de l'e-commerce a même proposé l'Echo Look, un miroir embarquant son intelligence artificielle pour donner des conseils vestimentaires. Toutes ces formes devraient permettre aux enceintes intelligentes de convenir à tous les goûts et de s'intégrer dans un maximum de foyers.

Le HomePod d'Apple et les Echo Show et Dot d'Amazon proposent des approches différentes de l'enceinte intelligente.

En plus de toutes ces fonctions sociales, le Google Home permet déjà aujourd'hui de contrôler sa maison connectée. Nous avons pu essayer ces fonctions domotiques en pilotant les ampoules Philips Hue à la voix. Un essai concluant qui donne l'impression d'avoir un assistant digne du JARVIS d'Iron Man, un bond dans le futur!

Conclusion

Faut-il acheter un Google Home aujourd'hui? Tout dépend de sa relation avec l'informatique. Le produit se destine aussi bien à un public «geek» qu'à un public particulièrement novice en informatique, à la seule condition d'avoir un smartphone Android ou iOS pour le configurer. À 149 euros, Google propose un produit accessible et très prometteur proposant un son de qualité satisfaisante pour servir d'enceinte dans une maison. Il faut cependant noter que contrairement à nombreuses enceintes commercialisées à ce prix, le Home n'est pas doté de batterie et nécessite une alimentation et une connexion Wi-Fi en permanence, impossible de l'emmener à la plage donc. Le Google Home profite également d'un esthétique largement supérieur à celui de ses concurrents et d'une partie inférieure interchangeable pour imiter les différents matériaux d'une maison et se camoufler. La qualité d'écoute du micro sur une longue portée rend l'appareil d'autant plus pratique qu'il comprend vos questions sans avoir à vous en approcher, contrairement à l'assistant de votre smartphone.

Reste cependant une question de grande importance: souhaitez-vous laisser Google, qui archive déjà toutes vos recherches, accéder également à vos discussions personnelles à la maison? Pour rassurer, Google affirme n'envoyer sur ses serveurs que les phrases dites après «OK Google» et effacer toutes les phrases dites précédemment. Toutes vos requêtes restent consultables dans un historique sur l'application Google Home de votre smartphone. Toujours est-il que le Google Home reste un micro branché en permanence à la maison, désactivable par un bouton physique. Si ce détail ne vous repousse pas et qu'avoir votre propre assistant virtuel à la maison vous séduit, alors l'achat d'un Google Home pourrait se révéler intéressant.

Nicolas Lellouche
Le Figaro
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