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Lexxus Legal : "Nous essayons de préserver la mémoire du hip-hop de plusieurs manières"

Lexxus Legal : "Nous essayons de préserver la mémoire du hip-hop de plusieurs manières" 2017-07-20
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Lexxus Legal

Organisée en deux journées, les 7 et 8 juillet, à Guez Arena puis à la Halle de la Gombe, la 7e édition du Festival aiR D’iCi a été un franc succès aux yeux des amateurs de hip-hop qui l’ont célébré comme il le méritait avec près de 200 artistes. Initiateur de la manifestation, figure emblématique du mouvement, l’interprète de Kongo Bololo a fait en sorte de parcourir l’épopée du hip-hop en réunissant sur les deux scènes les trois générations qui ont entretenu sa flamme comme il le souligne dans cet entretien exclusif avec Le Courrier de Kinshasa.

Le Courrier de Kinshasa : Pour les rares Kinois qui ne vous connaissent pas, comment pourrait-on vous présenter  ?

Je suis Lexxus, simplement un artiste, un rappeur, un producteur actif dans le hip-hop que l’on tente de faire avancer en essayant de cristalliser l’histoire que l’on a déjà écrite d’une certaine manière. Il reste à la faire ancrer dans les esprits, les écrits et les vidéos pour que les gens sachent que la culture hip-hop trentenaire aujourd’hui à Kinshasa a ses pères. Ceux qui se sont battus avant tout le monde ont mouillé le maillot même si, pour la plupart, ils ont changé de cap, s’occupent d’autres activités mais vivent encore au pays. Nous, nous sommes de la deuxième génération et la troisième qui, ma foi, flirte avec l’ignorance, est déjà là. Nous devons à cet effet lutter contre l’ignorance des plus jeunes tout en luttant contre l’Alzheimer des plus vieux. Situés au milieu, nous nous attelons à vite mener cette tâche avant qu’à notre tour nous ne soyons gagnés par l’Alzheimer.  

Comment vous y prenez-vous pour maintenir la flamme du hip-hop ?

Moi-même en tant qu’acteur d’abord, car je demeure artiste, rappeur. Mais aujourd’hui, je crois qu’il faut voir un peu plus grand ainsi nous sommes sur plusieurs initiatives dont le Festival aiR D’iCi dont la 7e édition a eu lieu les 7 et 8 juillet. Elle a relevé le défi de célébrer pour la première fois le hip-hop congolais en mettant toutes les trois générations sur les scènes, une façon de raconter son histoire, de sorte que les plus jeunes ont vu des gens qu’ils ne pensaient plus voir. Ils ont croisé Bebson de la rue, les Rocky B qui, à partir de l’Europe ont envoyé des messages assez poignants pour le mouvement.

Ceci nous fait avancer dans la démarche entreprise depuis un moment de réalisation d’un documentaire afin de raconter l’histoire du hip-hop à notre manière avec des acteurs qui existent encore. Des gens comme Jilbadel Muzinga Bokota qui, en 1983, gagnait déjà son premier concours à la boîte Les Anges noirs à Bon Marché. Jilbadel a connu la consécration en 1984 au  Château, la boîte d’autrefois qui a donné son nom à la place réputée des changeurs. C’est là qu’il a acquis ses lettres de noblesse. Si l’on parle de 1984, l’on se rend bien compte que bien d’années se sont passées depuis, ces messieurs sont encore vivants.

Nous les mettons devant le micro face à la caméra et le Festival aiR D’iCi a servi de décor pour le montrer. Nous avançons petit à petit et de diverses manières, à travers notamment aussi des ateliers. Du reste, nous sommes là aussi comme un témoignage vivant pour montrer que nous y demeurons. C’est pareil pour Tonton Jacko et les autres par exemple qui sont venus au festival malgré leurs occupations et engagements multiples parce qu’ils estiment la chose.

En outre, Charlie-Noël autrefois présentateur de Vidéo 45 a été reconnu comme un illustre personnage de la chronique hip-hop de Brazza à Kinshasa. Il lui a été décerné un diplôme de mérite culturel à cet effet, dommage qu’il a été refoulé au beach Ngobila à son arrivée mais nous le lui avons fait parvenir en fin de compte. Il est clair que ce mouvement ne pouvait pas émerger sans l’apport énorme de la presse. C’est pour signifier que nous essayons de préserver la mémoire du hip-hop de plusieurs manières. Et cette fois, nous avons pris la responsabilité non seulement d’écrire mais aussi de réaliser des vidéos.

Nioni Masela
Adiac-Congo / MCN
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