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Mort de Liu Xiaobo, écrivain et dissident chinois, Prix Nobel de la paix

Mort de Liu Xiaobo, écrivain et dissident chinois, Prix Nobel de la paix 2017-07-13
Monde
http://www.mediacongo.net/dpics/filesmanager/actualite/2017-actu/07-juil/10-16/liu_xiaobo_17_0001.jpg Pékin, Chine-

Liu Xiaobo

Liu Xiaobo est décédé le 13 juillet dans sa prison-hôpital de Shenyang à l’âge de 61 ans.

Ce défenseur des droits de l’homme en Chine était en prison depuis 2009 et traité comme un « criminel » subversif par les autorités chinoises qui ont refusé de le laisser partir à l’étranger se faire soigner.

Un symbole de la lutte pour les droits de l’homme en Chine est décédé jeudi 13 juillet à l’hôpital de Shenyang où il avait été admis en juin dernier après avoir été diagnostiqué d’un cancer du foie en phase terminal.

Ancienne figure de proue du mouvement démocratique de Tian An Men en 1989 et bête noire du régime communiste, l’écrivain-poète de 61 ans, a incarné depuis son emprisonnement en 2009 la lutte sans concession pour les idéaux démocratiques dans son pays.

D’autant qu’un an après avoir été jeté en prison à Jinzhou dans sa province natale du Liaoning (nord-est) il a appris, depuis sa cellule, l’attribution du Nobel de la paix, qu’il a justement dédié aux morts de Tian An Men.

Pour tous ceux qui l’ont connu, Liu Xiaobo était un « homme simple, digne et profondément convaincu de la nécessité de son combat ». Son calme et sa voix douce tranchaient avec la force de ses mots.

« Je crois que dans une dictature, si vous voulez être une personne digne, si vous voulez être une personne honnête, vous devez vous battre pour les droits de l’homme et pour la liberté d’expression », avait-il déclaré lors d’une interview en 2007 après avoir déjà passé près de quatre ans en prison depuis 1989. et il avait ajouté : « Aller en prison fait partie de ce combat ».

Sakharov en modèle de résistance

Alors qu’il était en liberté, vivant avec son épouse Liu Xia à Pékin, et bien des années avant son prix Nobel en 2010, Liu Xiaobo faisait souvent référence au physicien dissident russe Andreï Sakharov (Nobel de la paix en 1975). Il était un modèle de résistance à un système politique oppressif. Dans une interview à une chaîne de télévision américaine en 2002 il avait déclaré que « si la Chine avait également un dissident Nobel de la paix, ce serait un gros problème pour le régime car il ne peut emprisonner un Nobel pour toujours ».

Celui qui était revenu des États-Unis où il enseignait à Columbia à New York en 1989 alors que d’autres dissidents fuyaient, s’imaginait alors que la Chine ferait preuve d’humanité aux yeux du monde extérieur. Il venait de purger une peine de trois ans (1996-1999) dans un camp de travail pour avoir réclamé une réforme politique et la libération des militants de 1989 toujours emprisonnés.

Sur de rares photos prises lors de ses épisodes de liberté, il apparaît maigre, avec des lunettes à fine monture, un grand front et des cheveux ras. Exclu de la prestigieuse Université normale de Pékin (créée en 1904 sous la dynastie Qing) il devient animateur du Centre indépendant Pen Chine, un regroupement d’écrivains, et garde un contact étroit avec le monde intellectuel.

Ainsi au fil du temps, Liu s’était imposé comme le plus déterminé opposant au régime du parti unique en Chine, et ses interventions publiques ont souvent fait grincer les dents d’un gouvernement chinois qui ne cesse de répéter qu’il respecte le droit et les droits fondamentaux de l’homme.

« Cesser la pratique consistant à traiter des écrits en crime »

Contournant la censure, Liu Xiaobo diffuse à Hong Kong ses écrits, dont certains traduits en français (1). Il y dénonce volontiers le consumérisme frénétique d’une société chinoise déboussolée et surtout, à ses yeux, devenue amnésique. Il y dénonce aussi les élites et artistes « vendus » au régime.

À l’occasion du 60e anniversaire de la déclaration des droits de l’homme, il participe à la rédaction de la « Charte 008 », inspiré de la Charte 77 rédigée par les dissidents tchécoslovaques, dont Vaclav Havel qui devint chef de l’État à Prague après la chute du pouvoir communiste renversé par la « révolution de velours ».

« Il faut cesser la pratique consistant à traiter des écrits en crime » insistait le texte chinois. Lequel lui vaut d’être condamné à Noël 2009 à onze années de prison pour « subversion du pouvoir de l’État ».

« Xiaobo et moi sommes restés très calmes lorsque le verdict est tombé, a raconté son épouse Liu Xia à l’époque, nous nous étions préparés psychologiquement à une lourde condamnation ». La sanction avait été dénoncée par des organisations humanitaires, mais également par les États-Unis et l’Union européenne.

Jamais pourtant Pékin n’a fait la moindre concession sous la pression. Au point de refuser jusqu’au bout de le laisser sortir de Chine pour se faire soigner à l’étranger.


La Croix
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