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La RDC paralysée par un nouveau report de l’élection présidentielle

La RDC paralysée par un nouveau report de l’élection présidentielle 2017-07-13
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Joseph Kabila Kabange, président de la République démocratique du Congo

L’annonce, le 7 juillet, d’un nouveau report de l’élection présidentielle en République Démocratique du Congo (RDC), paralyse un paysage politique déjà crispé. L’opposition dénonce une manipulation du chef de l’État Joseph Kabila pour se maintenir au pouvoir.

Le report était pressenti, il a pourtant fait un tollé. Lorsque le président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), Corneille Nangaa, a annoncé depuis Paris que les élections présidentielles congolaises ne pourraient être organisées pour la fin 2017 comme le prévoyaient les accords de paix de la Saint Sylvestre, l’opposition s’est indignée.

Le motif avancé, l’insécurité dans le pays et des problèmes techniques pour organiser le vote, n’a pas satisfait les opposants au chef de l’État Joseph Kabila. « [Lui] et sa majorité veulent instaurer une dictature dans le pays, nous ne l’acceptons pas », s’est insurgé le député d’opposition Laurent Batumona dans la presse locale, dénonçant une manipulation présidentielle pour se maintenir au pouvoir.

Joseph Kabila, arrivé aux commandes de l’État en 2001 à l’âge de 29 ans, suite à l’assassinat de son père, l’ancien président Laurent Désiré Kabila, a été formellement élu une première fois en 2006 puis réélu en 2011. Il ne pouvait de ce fait constitutionnellement candidater pour un troisième mandat lors de l’élection initialement prévue en 2016.

Il s’y prépare toutefois, provoquant une vive tension politique. La décision de la Cour constitutionnelle de reporter le scrutin à 2017, entérinée par les accords dits de la Saint Sylvestre fin décembre, avait permis d’obtenir un compromis et d’apaiser Kinshasa, qui s’embrasait. Grâce à la médiation de l’Église catholique, la nomination d’un premier ministre de transition issu de l’opposition avait également été actée.

Un paysage politique désordonné

« L’organisation technique du processus électoral est compliquée du fait de la taille du pays, de l’enclavement de certaines régions et d’un recensement incomplet empêchant d’établir un fichier électoral. Ce sont des problèmes qui existaient déjà pour les élections de 2006 », rappelle Pierre Jacquemot, ambassadeur de France en République Démocratique du Congo (RDC) de 2007 à 2011. « Ceci étant, il fallait s’y prendre suffisamment en avance pour éviter ces retards, d’autant plus que la communauté internationale apporte des ressources ».

L’ex-diplomate, devenu président du GRET, rappelle que la mission de l’ONU en RDC, la Monusco, dispose d’une logistique importante, avec des hélicoptères permettant de rejoindre les régions enclavées.

Le décès de l’opposant historiqueÉtienne Tshisekedi le 1er février 2017, couplé à l’exil du richissime Moïse Katumbi, principal adversaire de Joseph Kabila, ont bouleversé un peu plus un paysage politique désordonné. « Le Congo est un pays très fragmenté, où l’identité régionale compte beaucoup. Cette situation est en partie la responsabilité de Kabila, mais aussi celle et de l’opposition, qui est une coalition d’individus dont chacun veut défendre sa région », diagnostique Pierre Jacquemot.

Des centaines de morts dans le Kasaï

Le nouveau report du scrutin présidentiel, à une date encore inconnue, arrive dans un contexte d’instabilité importante de la RDC. Dans la province centrale du Kasaï, des affrontements entre l’armée et une rébellion anti-Kabila ont causé depuis un an des centaines de morts et près d’un million de déplacés.

« Depuis son indépendance en 1960, le pays n’a jamais connu de totale stabilité. Ce qui est un miracle, c’est qu’il ait réussi à conserver ses frontières malgré des sécessions et des invasions, tout en conservant tant bien que mal son identité », nuance l’ancien ambassadeur.

Dans la paralysie actuelle, l’élection présidentielle pourrait paradoxalement paraître le problème le moins difficile à régler. Les autres élections, législatives et régionales ont elles aussi pris du retard, et risquent d’attendre davantage, du fait du défi logistique que les nombreux candidats à ces postes représentent.

« Pour quitter le pouvoir, M. Kabila attend sûrement d’avoir des garanties sur son immunité et celle de sa famille car il n’est pas exempt de tout reproche, notamment dans des affaires financières, avance Pierre Jacquemot, qui fut aussi ambassadeur au Ghana et au Kenya. Cela pourrait même supposer qu’il parte à l’étranger, même s’il n’est pas très apprécié par ses pairs sur le continent ».

Noé Michalon
La Croix
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8 commentaire(s)
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Le combattant et résistant silencieux - 15.07.2017 09:02

Il n'y aura pas de report mais plutôt le départ de Kanachien

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KABILA MOYIBI - 15.07.2017 01:16

Ceci n'est une surprise pour personne, nous congolais aurions du nous révolter lorsque Kabila avait dit à un journaliste allemande qu'il n'avait prit aucun engagement concernant les élections de décembre, donc l'accord ne le concernanit pas. Aujourd'hui il y a clarification donc ca ne sert plus à rien de le laisser aller jusqu'à la fin décembre, nous devons le faire partir immédiatement ainsi que sa clique de lécheur de bottes! Peuple soulevez vous et faisons partir Kabila aujourd'hui!

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Beau pays RDC - 14.07.2017 16:06

toi neveu à kabarebe, nous connaissons déjà ton plan, tu cherche à affaiblir les congolais pour asseoir la domination tutsi ruandaise. retiens ceci que nous avons déjà dementelé ton tutsi power et bientôt ça sera l'ecatombe. olie biloko ya mbwa zala mbangu.

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Anonyme - 14.07.2017 15:05

tu ferais mieux de démissionner et partir, peut être qu'on pourra avoir pitié de toi! chercher encore le sang des congolais cette fin de 'année va vraiment faire de toi personna no grata aux yeux des congolais! yebela!!!!!!!!!!

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Prof. Dr.Robert KIKIDI - 14.07.2017 12:43

Histoire du Congo se répète comme après l'assassinat de Lumumba et avant la chute de Mobutu, on chemine des négociations en négociation ,de transition en transition, des Gouvernements en gouvernement avec les institutions sans mandat du peuple, c'est là le danger SEM Pdt. NOUS SOMMES LA POUR VOUS AIDER ET LE PAYS SI VOUS ME NOMME PM DU GOUVERNEMENT DES TECHNOCRATES.

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MUSADIDI - 14.07.2017 12:29

Mester Kanambe, tu réfléchis ou bien tu médites! Il est temps mon ami, tu as déjà ton temps, fais tes bagages en paix et laisse le tapis rouges piétiné par une autre paire des souliers

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Mwana Na Congo - 14.07.2017 12:10

JKK a besoin de quelles garenties?S'il a mal gere, il doit repondre de ses actes. C'est aussi simple que cela. Nous devons apprendre les notions de civisme et de morale avant d'acceder a des hautes fonctions comme celle d'un President de la Republique. Le peuple doit etre mature, pour distinguer entre Aventurier President et Un Garant de la nation.

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