mediacongo.net - Actualités - Samy Badibanga : « Je n’ai pas travaillé pour Kabila, j’ai travaillé avec lui »

Retour Politique

Samy Badibanga : « Je n’ai pas travaillé pour Kabila, j’ai travaillé avec lui »

Samy Badibanga : « Je n’ai pas travaillé pour Kabila, j’ai travaillé avec lui » 2017-07-04
http://www.mediacongo.net/dpics/filesmanager/actualite/2017-actu/07-juil/01-02/samy-badibanga-interview.jpg -

Tandis que le chef de l’État joue les prolongations, l’opposant Samy Badibanga, lui, n’aura effectué qu’un séjour éphémère à la Primature, dans un contexte de crise politique aiguë. Au risque d’y laisser des plumes ?

Premier ministre de novembre 2016 à avril 2017, le discret Samy Badibanga n’a jamais accordé d’interview lorsqu’il était en fonction. Entre l’accusation de trahison lancée par ses anciens camarades de l’opposition, les graves difficultés économiques et sécuritaires que traverse le pays et la menace constante d’être remplacé, tout l’incitait à faire profil bas. Pour Jeune Afrique, il revient en exclusivité sur le défi, délicat, qu’il a voulu relever.

Jeune Afrique : L’Union européenne (UE) vient de sanctionner neuf nouveaux responsables congolais pour faire pression sur Kinshasa. Est-ce la bonne méthode ?

Samy Badibanga : L’UE est souveraine, elle peut choisir qui a le droit de pénétrer ou non sur son territoire. Mais il faut éviter la rupture car nous aurons besoin de la communauté internationale, notamment sur le plan financier. Si l’on veut déboucher sur des élections, les discussions doivent se poursuivre. Seul le dialogue peut encore permettre d’éviter que la crise politique ne se règle dans la violence.

Vous-même avez longtemps appelé au départ de Joseph Kabila à l’issue de son mandat. Or, le 18 octobre 2016, vous avez signé un accord entérinant son maintien, puis accepté le poste de Premier ministre. Pourquoi ce revirement ?

Ce n’est pas un revirement. J’ai très tôt alerté sur les risques de « glissement » du calendrier électoral, sans toutefois être entendu. Néanmoins, tenir les élections dans les délais impartis devenait impossible. Que pouvions-nous faire ? Négocier, afin de parvenir à des élections avec un gouvernement d’union nationale ? Ou bien avoir recours aux manifestations, voire à la violence ? Ma nomination aura permis d’apaiser la situation.

Qu’avez-vous pu obtenir lors de votre passage à la Primature ?

Nous avons fait face à une situation économique catastrophique et à une grave crise sociale. Cela étant, nous avons, du point de vue budgétaire, redressé la barre. Alors que le déficit s’élevait à 515 milliards de francs congolais [403,5 millions d’euros] en 2016, nous avons dégagé 52 milliards d’excédent au cours des quatre premiers mois de 2017. Nous avons aussi accéléré la préparation des élections en débloquant de nouveaux financements.

Avant même votre prise de fonctions, vous avez été pris dans une polémique sur votre double nationalité – ce que la Constitution congolaise interdit. Disposez-vous de la nationalité belge ?

À l’époque oui, ce qui ne posait pas de problème à mes yeux puisqu’un moratoire avait été décidé par l’Assemblée nationale. Je pense qu’il est temps de trancher cette question pour de bon. En ce qui me concerne, j’ai toutefois renoncé à la double nationalité.

Comment s’est passée votre « cohabitation » avec le président Joseph Kabila ?

Notre relation a été courtoise, empreinte de professionnalisme.

Le président a-t-il décidé seul des nominations ?

Ça a été le fruit d’un accord. L’équilibre régional, de genre et d’âge a été difficile à trouver, mais nous y sommes parvenus. Vous remarquerez que le gouvernement qui m’a succédé a conservé la même ossature.

Les ministres issus de son camp respectaient-ils votre autorité ?

Tous les ministres ont fait preuve de compétence et de discipline, et ont été solidaires de mon action.

Dans une interview récente à l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, le président Kabila a affirmé qu’il n’avait « rien promis » quant à la tenue de l’élection présidentielle…

J’espère que c’était un lapsus ! L’organisation des élections n’est pas une question de promesse mais de respect des textes et des engagements pris lors de l’accord du 31 décembre 2016. Il est temps que les stratèges de la majorité sortent de l’ambiguïté.

Vous n’avez pas signé cet accord. Le considérez-vous tout de même comme légitime ?

Il a été validé par le Conseil de sécurité de l’ONU. J’en ai pris acte en démissionnant. Mais je ne suis pas le seul à ne pas l’avoir signé. C’est pourquoi il doit être amendé afin d’inclure toute la classe politique.

La RD Congo est-elle toujours soumise à une crise politique ?

Absolument ! Et c’est l’une des principales raisons de la crise économique que nous traversons. Notre pays risque de devenir un État failli, livré à la criminalité et au terrorisme, c’est pourquoi la communauté internationale doit s’impliquer. Notamment la France, qui a une expérience et un rôle à jouer en Afrique centrale.

Comment sortir de la crise ?

La seule voie, c’est l’organisation des élections. On les espère avant la fin de cette année, comme le prévoit l’accord. Malheureusement, cela semble mal parti. À Kinshasa, je ne suis pas sûr que l’enrôlement soit achevé, comme prévu, d’ici au 31 juillet. Et, dans le Kasaï, la situation sécuritaire reste un obstacle. Or on ne saurait organiser les élections sans cette vaste région.

Quand vous étiez à la Primature, la rébellion des miliciens de Kamwena Nsapu s’est intensifiée. Vous aviez annoncé un voyage sur place. Pourquoi n’a-t-il pas eu lieu ?

La sécurité n’était pas assurée. Je n’étais pas visé personnellement, mais ces miliciens s’attaquent à tous les symboles de l’État. Leurs revendications ne sont plus locales, elles sont devenues nationales. Cela prouve que certains instrumentalisent la situation.

Vous avez diffusé une photo de vous avec le président américain Donald Trump, ce qui a fait polémique. Quelles ont été les circonstances de cette rencontre ?

Cette photo n’est pas un montage, contrairement à ce qui a été dit. Avant mon voyage, on m’avait laissé entendre qu’une telle rencontre serait possible. Sur place, son protocole a organisé l’entretien. Nous avons échangé pendant quelques minutes au cours desquelles j’ai pu l’informer sur la situation du Congo.

Vous étiez Premier ministre lorsque est survenu le décès de votre ancien mentor, Étienne Tshisekedi. Avez-vous été en contact avec sa famille ?

Bien évidemment. C’est quelqu’un qui comptait pour moi.

Pourtant, on ne vous a pas vu à ses obsèques, à Bruxelles…

J’ai travaillé avec lui directement, je choisirai donc personnellement le moment de lui rendre hommage.

Ne pensez-vous pas aujourd’hui avoir été victime d’un débauchage destiné à diviser l’opposition ?

Ce n’est pas ainsi que je vois les choses. Je n’ai pas travaillé pour Kabila, j’ai travaillé avec lui, dans le cadre d’un gouvernement d’union nationale. Si cela n’était qu’un piège, à lui de le dire.

N’y avez-vous pas perdu une part de votre crédibilité ?

Je ne le pense pas. J’ai un long passé d’opposant au Parlement et j’aurai très bien pu me rallier à l’époque. Mais l’opposition ne doit pas se cantonner à la contestation. Je formule des propositions pour qu’elle exerce le pouvoir.

Entendez-vous participer à la refondation de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti de feu Étienne Tshisekedi ?

Oui. Contrairement à ce qui a été dit, j’en suis toujours membre. Encore faut-il, pour la refonder, faire preuve d’humilité, d’unité et de sens des responsabilités. L’UDPS a été créée dans le cadre du combat contre une dictature. Mais la situation a changé, le parti doit moderniser son logiciel.


JA / MCN, mediacongo.net
7541 suivent la conversation
22 commentaire(s)
Chers internautes, les commentaires sont déposés librement par les utilisateurs et n’engagent nullement mediacongo.net. Néanmoins, afin de conserver un espace constructif et de qualité, mediacongo.net se réserve le droit de supprimer tout commentaire injurieux, immoral ou contraire à ses valeurs.
Musa - 06.07.2017 04:47

Merci comme toi meme tu viens de le confirmer que ton patron etait Kabila, vous tous vous suivez ce rwandais Kabila pour qu'il vous donne l'argent. espece d'un Collabo. qu'est que tu as fait pour le congo, tu as changer la vie social de congonlais? Non... au contraire la vie eas devenue plus difficile que avant.. Regardez le dollars pour 1500 a 1600 le taux qu'est ce que tu as fait pour a meliorer cela? rien... Ton ancien patron Kabila sera arreter. regarde la genocide au Kasai, a Beni Kivu donc bref il va justifier cela a la justice international pouquoi tous ce tueries, Kabila va aller a la CPI bientot

Non 0
Oui 1
Êtes-vous d'accord avec ce commentaire ?
Le combattant et résistant silencieux - 05.07.2017 14:22

Le ridicule doit commencer à tuer, please Seigneur! Vraiment, un imbécile tout fait qui croit que son discours pourrait être écouté. Tufi na yo Samy.

Non 0
Oui 0
Êtes-vous d'accord avec ce commentaire ?
Rodney - 04.07.2017 23:36

ce putain de Samy ojordui nie kil n a pas travaillé pour kabila ??? menteur et c'est grâce à toi que l'opposition à pris des strictes mesures.. là tu n a plus d fonction, on vera où tu vas travaillé et pour qui tu vas travaillé car l udps n t rekoner pas toi et lotre Bruno ki n fête k augmenté la crise en RDC

Non 1
Oui 2
Êtes-vous d'accord avec ce commentaire ?
Christopher Columbus - 04.07.2017 19:57

Tu n'as pas travaillé pour lui, tu as travaillé avec lui? Pour quel résultat? Il est venu le temps où les serviles collabos renieront leurs maîtres d'hier. Bientôt, il va dire: "mais je ne le connais même pas!!!"

Non 1
Oui 5
Êtes-vous d'accord avec ce commentaire ?
Debout Congolais - 04.07.2017 19:17

Tous les Ministres ont été compétents ?? En tout cas, tu te moques de qui ? Avec un dollar qui n'a cessé de prendre l'ascenseur !!!! Tu parles d'excedent budgétaire ?? Sais tu au moins ce que cela veut dire ? À l'Onatra, personnel impayé depuis 9 mois, tenez vous bien, l'enveloppe des retraites cad ce qu'il faut payer aux agents retraités est supérieure à la masse salariale des actifs,. Ce n'est pas tout, à l' OCC, les retraités (non actifs) continuent à toucher leur paie donc on paie deux personnes au lieu d'une... et vous avez le culot de parler de compétence !!!! Vous êtes des voyous

Non 1
Oui 4
Êtes-vous d'accord avec ce commentaire ?
JE SUIS LA NATION - 04.07.2017 17:49

voilà encore une fois les personnes qui n'ont pas honte et croient qu'on va tout oublier ,le 5.000.000 de dollars qu'il a eu lui étouffe encore à la gorge .oko silisa yango considérè toi comme membre du PPRD

Non 2
Oui 3
Êtes-vous d'accord avec ce commentaire ?
Anonyme - 04.07.2017 16:19

On travaille pour le pays pas pour Kabila. l'opposition mieux une certaine opposition n'arrive pas à comprendre que le Congo n'est pas un bien privé de Kabila. En Europe partout on trouve les gouvernements d'union nationale.

Non 3
Oui 1
Êtes-vous d'accord avec ce commentaire ?
Manu - 04.07.2017 16:06

Le Ridicule n'est as congolais. Sam Badibanga "Moto akueyi na velo"

Non 0
Oui 1
Êtes-vous d'accord avec ce commentaire ?
Zéphyrin Makambu Kahumba - 04.07.2017 15:50

Malheureusement, le ridicule ne tue pas. Comment peut-on être évasif à ce point? La RDC a besoin de renouveler sa classe politique une fois pour toutes. L'actuelle? Médiocre à qlq exceptions près...

Non 0
Oui 5
Êtes-vous d'accord avec ce commentaire ?
Anonyme - 04.07.2017 13:58

Van Badibanga ressaisivez vous car la bande à KANAMBE cherche à glisser à l'infini et saboter notre constitution

Non 1
Oui 2
Êtes-vous d'accord avec ce commentaire ?
Anonyme - 04.07.2017 13:53

Tu as raison nous devons modeniser le logiciel, il ne va pas reconnaitre tous les traitres tu seras rejected par ce logiciel...

Non 1
Oui 6
Êtes-vous d'accord avec ce commentaire ?
Nidunga - 04.07.2017 13:39

JCKMZLO, pour te repondre, Tout d'abord qu'est ce que l'esprit saint a avoir dans tous sa? arrete de t'abreuver aux boissons et mets toxiques des eglises de reveil. Ressaissis toi

Non 0
Oui 6
Êtes-vous d'accord avec ce commentaire ?
E. Ndengue - 04.07.2017 13:16

Erratum : évasif et non evasive

Non 0
Oui 0
Êtes-vous d'accord avec ce commentaire ?
E. Ndengue - 04.07.2017 13:02

Rien de concret n'a filtré dans vos réponses. Vous emblez ne pas avoir la maitrise du travail que vous aviez fait Durant votre passage éclair à la premature. Ceci s'appelle de l'amaterisme au sommet de l'Etat. Quelque part ceci se justifie, de par votre parcours tant scientifique que professionnel. Vous êtes resté evasive comme l'autre là...

Non 0
Oui 3
Êtes-vous d'accord avec ce commentaire ?
Salima - 04.07.2017 10:34

Van Badibanga. Bad hombre. Si la honte tuait, tu en aurait déjà un AVC.

Non 1
Oui 20
Êtes-vous d'accord avec ce commentaire ?
kilulu - 04.07.2017 10:29

Quand JKK dit n'avoir pas promis les élections ce n'est pas un lapsus linguae. Il s'agit d'un signal clair à ceux qu''il prend pour des rêveurs. Il leur dit clairement:" j'y suis et j'envisage d'y rester encore". Cela tu l'as bien compris Samy et tu fais semblant par crainte de JKK

Non 1
Oui 13
Êtes-vous d'accord avec ce commentaire ?
kilulu - 04.07.2017 10:22

Quand JKK dit n'avoir pas promis les élections ce n'est pas un lapsus linguae. Il s'agit d'un signal clair à ceux qu''il prend pour des rêveurs. Il leur dit clairement:" j'y suis et j'envisage d'y rester encore". Cela tu l'as bien compris Samy et tu fais semblant par crainte de JKK

Non 1
Oui 3
Êtes-vous d'accord avec ce commentaire ?
kilulu - 04.07.2017 10:18

Quand JKK dit n'avoir pas promis les élections ce n'est pas un lapsus linguae. Il s'agit d'un signal clair à ceux qu''il prend pour des rêveurs. Il leur dit clairement:" j'y suis et j'envisage d'y rester encore". Cela tu l'as bien compris Samy et tu fais semblant par crainte de JKK

Non 1
Oui 4
Êtes-vous d'accord avec ce commentaire ?
kilulu - 04.07.2017 10:12

Quand avais tu renoncé à ta double nationalité. Lors du moratoire en tant que député où 10 ans après cad après être devenu ministre?

Non 0
Oui 7
Êtes-vous d'accord avec ce commentaire ?
Atundelango mende - 04.07.2017 09:32

Quel logiciel, traitre

Non 0
Oui 11
Êtes-vous d'accord avec ce commentaire ?
Jckmzlo - 04.07.2017 09:27

INCREDULE Nidunga - 04.07.2017 09:08 T'as bien dit pas besoin d'étrangers,mais tes leaders du RASSOP/Limete courent derrière les occidentaux pour demander la présidence de la république. Tu penses qu'avec ça la RDC avancera? Loin de là. Le pouvoir en RDC est PROPHETIQUE que tu veule ou pas c'est comme ça. Car celui qui dirrige actuellement l'est aussi. Aussi longtemps que DIEU ESPRIT SAINT ne nous a pas encore révellé la personne qui succedera au Raïs ça ne rien de pleurnicher...

Non 22
Oui 0
Êtes-vous d'accord avec ce commentaire ?
Nidunga - 04.07.2017 09:08

Toujours recourir a la france et autres puissance ne resoudra rien. Ressaississez vous et sortez nous de ce bordel. Pas besoin des etrangers pour sa bon sang

Non 15
Oui 1
Êtes-vous d'accord avec ce commentaire ?
right
ARTICLE SUIVANT : RDC: la Mission internationale d’observation électorale exige des moyens financiers pour la Ceni
left
ARTICLE Précédent : Renforcement des liens de coopération entre Berlin et Kinshasa
AUTOUR DU SUJET

Crise en RDC : les « Amis de Samy Badibanga » pour le retour à l’Accord du 18 octobre

Politique ..,

Le gouvernement en quête des stratégies pour stopper la dépréciation du Franc congolais

Economie .., Kinshasa

Enfin le gouvernement Tshibala est là !

Politique .., Kinshasa

Le crédit provisoire sollicité par Samy Badibanga expire ce 30 avril 2017

Politique .., Kinshasa