Diaspora
D’après la publication faite par le journal américain The Hill, des lobbys travaillant pour le compte de la République démocratique du Congo ont initié une opération de charme auprès des officiels de Washington avec à la clé un dîner au Capitol Hill Club, un club privé des Républicains, l'un des deux grands partis politiques américains.
L’évènement fut animé par Bob Livingston, un ancien membre du Congrès de l’Etat de Louisiane - dont le cabinet a récemment signé un contrat d’une valeur de 45.000 dollars pour représenter la RD Congo - dont l’invitation mentionnée « dîner et discussions » prévus pour deux heures et demie, le mercredi 26 juin au soir.
Le contrat avec le groupe de Livingston est une tranche infime d’une campagne de relations publiques et de lobbying de 5,6 millions de dollars récemment initiée par la RDC sur le sol américain.
Selon l’invitation au Capitol Hill Club, les discussions devaient tourner autour des sujets tels que le processus électoral en RDC, le terrorisme, la santé publique et la coopération économique avec les États-Unis.
« Prière de se joindre à nous pour un dîner avec les membres de la délégation congolaise aux USA. La délégation est constituée de hauts fonctionnaires congolais ainsi que des conseillers du président Kabila », disait l’invitation.
« En mai dernier, nous avons pu rencontrer l’envoyé spécial et avons trouvé qu’il a la maîtrise des questions d’intérêt majeur pour nos deux pays. Le président Kabila a pris la mesure de l’expansion de l’islam radical en Afrique centrale et du rôle important d’avant-garde que la RDC doit jouer. Le président tient aussi à partager l’information avec les États-Unis et développer une dynamique de collaboration pour contrer cette menace », pouvait-on encore lire.
« Le président Kabila reconnaît également la nécessité de se pencher sur les questions de droits de l’homme auxquelles le gouvernement fait face », continuait l’invitation.
Organiser des réceptions spéciales et coûteuses avec l’argent du peuple congolais
Le groupe de Livingston n’a pas tout de suite répondu aux questions sur l’évènement, entre autres qui fut présent à la rencontre et combien de personnes y ont pris part.
La visite de la délégation congolaise à cet évènement a eu lieu sur fond d’un accroissement de violences dans le pays, en ce compris des tueries à grande échelle, une récession économique et des allégations de torture et de corruption.
Le président congolais, Joseph Kabila, est toujours au pouvoir malgré la fin de ses 2 mandats constitutionnels. Le gouvernement congolais invoquant le fait que le fichier électoral est obsolète et que l’État n’a pas d’argent pour organiser les élections.
Alors que le président Kabila avait conclu un accord avec la coalition des membres de l’opposition au mois de décembre 2016 et que les élections étaient supposées avoir lieu à la fin de cette année, les organismes de surveillance et de contrôle notent cependant qu’aucune avancée n’a été constatée dans le processus électoral.
« Organiser des réceptions spéciales et coûteuses avec l’argent du peuple congolais est très malvenue alors que le gouvernement n’a pu observer aucune des résolutions de l’accord signé avec l’opposition l’année dernière », révèle Sasha Lezhnev, directeur associé en charge de politique dans l’ONG Enough Project, un organisme qui étudie les conflits et la corruption en Afrique.
Un nombre d’officiels congolais en fonction et d’autres sont à Washington avec pour mission d’organiser des rencontres avec des organisations sans but lucratif et des membres du gouvernement américain.
M. Lezhnev, qui avait pris part à une table ronde secrète avec la délégation congolaise le mercredi révèle que les différents participants ont affiché une « bonne dose de scepticisme » sur la présentation de la délégation.
Un autre détail de cette rencontre : Raymond Tshibanda, ancien ministre des Affaires étrangères, actuel envoyé spécial de Kabila, avait ses notes écrites dans un bloc-notes aux marques du Trump International Hotel.
L’ambassade de la République démocratique Congo à Washington n’a pas donné de réponse à la question du journal américain lui demandant si la délégation congolaise était logée au Trump International Hotel, située à moins d’un kilomètre de la Maison Blanche, et qui est toujours une propriété du président américain Donald Trump.
Le Trump International Hotel à Washington, un hôtel 5 étoiles sur la Pennsylvania Avenue, la même avenue que celle de la Maison Blanche.
Des organismes de surveillance et de contrôle de la politique américaine et des démocrates ont exprimé leur préoccupation du fait que le président Trump puisse tirer profit des visites des responsables politiques et diplomates du monde, en violation de la clause sur les honoraires présidentiels contenue dans la Constitution. Ils préviennent aussi que les gouvernements étrangers pourraient chercher à s’insinuer dans les bonnes grâces de l’administration Trump en se logeant à cet hôtel de Washington D.C.
Les États-Unis ont imposé des sanctions ciblées à la RD Congo, brandissant les violations des droits de l’homme, et la Chambre a approuvé l’année passée une résolution mettant en garde la RDC qu’elle pourrait imposer davantage de sanctions si le pays ne manifestait pas la volonté d’arrêter ces violations et d’organiser les élections.
« Jusqu’à ce que le gouvernement présente un plan concret avec un calendrier clair de la mise en œuvre de l’accord de transition démocratique, les USA ne cesseront d’accentuer la pression financière sur le régime », insiste Lezhnev.
Au cours de la réunion, le sujet sur les sanctions a soigneusement été évité par la délégation.
Un lobbying intense de la RDC
Selon un rapport du ministère américain de la Justice, huit autres firmes, dont Alston & Bird et Aselus Strategies, font aussi du lobbying pour la RDC. Alston & Bird est tenue par l’ancien sénateur Bob Dole (un républicain du Kansas) et Aelus Strategies par Adnan Jalil, un ex. agent de campagne de Donald Trump, qui a travaillé pendant la période de transition.
La délégation congolaise aux États-Unis comptait dans ses rangs, en plus de Raymond Tshibanda, le ministre de la Santé publique, Oly Ilunga, l’ambassadeur aux États-Unis, François Nkuna Balumuene, et Fridolin Kasweshi, l’ancien ministre des Infrastructures et des Travaux publics.
Le président de la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants, M. Ed Royce (un républicain de la Californie), qui a toujours été ouvertement critique envers les autorités congolaises, avait décliné l’invitation à rencontrer la délégation, rapporte un membre du comité.
« Kabila continue de présenter excuses après excuses […] Les principes démocratiques doivent être respectés, Kabila doit laisser le pouvoir, et des élections crédibles doivent être organisées », avait-il expliqué par mail.
Plus tôt cette année, en réaction aux agissements du président Kabila, Mme Nikki Haley, l’ambassadrice américaine à l’ONU, en avait appelé à des réductions budgétaires dans le financement de la Monusco, la mission onusienne de maintien de la paix en RD Congo.
« La mission de maintien de la paix de l'ONU est mandatée pour établir un partenariat avec le gouvernement [Congolais] », a déclaré Mme Haley au Council du Foreign Relations de New York. « Autrement dit, l'ONU aide un gouvernement qui inflige des actes criminels à son propre peuple. Nous devons faire preuve de décence et de bon sens pour y mettre fin », avait-elle affirmé.
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