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Enquêtes sur les massacres du Kasaï : Ida Sawyer contre le duo Thambwe Mwamba et Mushobekwa à Genève

Enquêtes sur les massacres du Kasaï : Ida Sawyer contre le duo Thambwe Mwamba et Mushobekwa à Genève 2017-06-21
Société
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Expulsée de la République démocratique du Congo, la directrice Afrique de Human Right Watch ne s'avoue pas vaincue. Ida Sawyer a contredit, ce mardi 20 juin 2017, la position du gouvernement sur l'enquête internationale relative au drame du Kasaï.

Face aux deux membres du gouvernement, Alexis Thambwe Mwamba et Marie-Ange Mushobekwa, respectivement ministre d'État en charge de la Justice, et ministre des Droits Humains, Ida Sawyer a plaidé ce mardi à Genève, devant le Conseil des Nations-Unies pour le Droit de l'homme pour une enquête internationale totalement indépendante sans l'implication du gouvernement.

Elle a donné 4 raisons pour soutenir sa thèse, notamment la faillite du gouvernement, le gouvernement cache ses crimes, une justice aux ordres et indépendante en République démocratique du Congo.

Pour elle, il faut que justice soit rendue aux victimes puisque « Le gouvernement congolais a failli à ses obligations d’enquêter sur les abus présumés commis dans les Kasaï. Le Conseil devrait d’urgence organiser une enquête internationale indépendante – par une commission d’enquête ou par un mécanisme similaire – afin d’aider à ce que justice soit rendue. Si le gouvernement congolais n’a rien à cacher, il ne devrait pas s’opposer à une telle enquête ».

Par sa prise de position, Ida Sawyer a croisé le fer avec le gouvernement, par l'entremise de son ministre en charge de la Justice et celle des Droits humains, qui soutient la version d'une enquête internationale sous la supervision de la RDC.

La RDC n’a rien à cacher

Prenant la parole à son tour, la ministre des Droits humains, Mme Marie-Ange Mushobekwa, a tout d’abord tenu à remettre les pendules à l’heure en assurant que « contrairement aux affirmations sans fondement avancées par certains pays », il n’y avait « aucun lien de cause à effet, entre la situation sécuritaire dans les provinces du Kasaï et le processus électoral » en RDC.

Avant d'éclairer le Conseil sur les actions menées par l’Etat congolais, puisqu'il n’est pas resté inactif depuis le début de cette violence. En effet, selon la minsitre, dès le mois d’avril, le président Joseph Kabila avait instruit le ministre de la Justice de « prendre des dispositions relevant de sa charge, afin que les parquets et auditorats puissent ouvrir des enquêtes là où ce n’était pas encore le cas, et diligenter celle en cours, pour que, dans les meilleurs délais, justice soit rendue à toutes les victimes des atrocités du Kasaï ».

La RDC n’a rien à cacher, que du contraire, elle fait « le maximum pour qu’il y ait manifestation de la vérité », a-t-elle tenu à souligner dans son discours.

C’est ainsi que des procès - auxquels assistent la Monusco, le Bureau conjoint des Nations-Unies aux droits de l'homme (BCNUDH) et même des ONG de défense des droits de l’Homme - sont en cours, « en toute transparence », contre certains éléments des forces de sécurité congolaises « indisciplinés » ou contre des miliciens Kasaiens. Cela afin que la justice soit rendue tant aux 2 experts de l’ONU tués au Kasaï, ainsi qu'à leurs accompagnateurs congolais, qu'aux 1333 civils et 289 policiers tués à ce jour par « le groupe terroriste de Kamwena Nsapu ».

Et visant déjà indirectement Clément Kanku, dont le nom figure parmi les instigateurs de cette violence, la ministre a fait part de poursuites à l’encontre de « toutes les personnalités civiles et/ou politiques, qu’elles soient ou aient été PDG, ministres, députés, sénateurs ou gouverneurs, dont la culpabilité sera établie à l’issue des enquêtes ». Assurant avec certitude « qu'elles repondront de leurs actes ».

C’est toutefois cette absence d’impartialité que redoute le plus l’ONG des droits de l’Homme puisque sa présidente assure que le « gouvernement congolais a un lourd bilan en matière d’ingérence dans les affaires judiciaires politiquement sensibles et le système judiciaire s’est jusqu’à présent montré incapable d’effectuer des enquêtes crédibles sur les allégations de crimes ».

A cela, Mme Mushobekwa rétorque que le Conseil des droits de l'Homme ne devrait pas être une institution instrumentalisée « pour régler des comptes aux Etats dont les dirigeants ne leur plaisent pas ». 

« Il faut que justice soit faite »

Toute cette joute oratoire n’est malheureusement pas dénouée de toutes arrière-pensées dans l’esprit des 2 parties. Fondamentalement, derrière ce débat entre le gouvernement et les ONG des droits de l’homme se jouent les modalités de l’enquête internationales sur les violences au Kasaï. Or pour le moment chacun des 2 camps semble camper sur ses positions.

Pour la RDC, il y a cette exigence de garder « le leadership de ces enquêtes » et de limiter la collaboration avec la future équipe d’enquêteurs des Nations unies à un soutien de moyens techniques et/ou logistique. Proposition qui semble par ailleurs convenir à plusieurs pays du continent africain.

Par contre, les accusations de HRW portées contre le gouvernement semblent vouloir manifester la tendance à une enquête internationale indépendante sous l’égide de l’ONU. Proposition à laquelle se sont ralliés plusieurs pays européens et de l’UE.

Les débats vont reprendre avec sans doute l’intervention d’un vote final, qui devrait départager les protagonistes, ce jeudi.

Pourtant, quelle que soit la formule diplomatique utilisée pour déterminer le(s) vainqueur(s), le véritable enjeu demeurera de savoir si en réalité toute cette mobilisation internationale va, dans les jours à venir, permettre de connaitre avec certitude les auteurs et commanditaires de ces violences macabres et de s’assurer que justice soit rendue à tous les innocents morts par la folie d'instigateurs responsables de tant de massacres.

C’est le seul point jusqu’à présent sur lequel tout le monde s’accorde : « Il faut que justice soit faite ». Peu importe que l’on défend le droit d’ingérence ou le principe de la souveraineté nationale. 


MCNTEAM / mediacongo.net

2017-06-21-03-23-15_Discours_Ida_Sawyer_devant_Conseil_DH.pdf (0.3Mb)

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2017-06-21-03-20-21_Discours_MA_Mushobekwa_devant_Conseil_DH.pdf (0.55Mb)

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22 commentaire(s)
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bana - 21.06.2017 19:37

mais WASSO cela ne signifie pas que ses propres dirigeants tuent ses propre frères! et puis tu dois savoir une chose que le monde est évolutif. le mal d'hier ne peut toujours pas être considéré un bouclier pour en faire autant! au temps d'avant, dans le monde entier, le peuple était tué soit pas ses propres dirigeants ou par des ennemis. mais aujourd'hui tous les pays du monde protègent d'abord leur peuple! mais nous c'est le contraire. TU ES UN AVOCAT DU DIABLE

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WASSO Lebon - 21.06.2017 17:46

Quand vous bloquez les intérêts des occidentaux automatiquement vous devenez un chien à abattre, combien des congolais qui ont été tués comme des vaches à MAKOBOLA, KATOGOTA, MUTARULE, BUTEMBO, BENI, ITURI, etc. jusqu'aujourd'hui aucune enquête n'est reclammé par ses néo-colonisateurs? Nous disons non à toute forme de manœuvre pour balkaniser notre cher et beau pays la RDC. Que la Libye, Irak et Soudan nous donne une leçon.

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Mokili - 21.06.2017 16:56

Mushobekwa ne sait pas de quoi elle parle .........Elle ferait mieux de rentrer faire son journalisme!!!.....Nous avons besoin de l'enquete internationale et si il n 'y a rien à cacher l'etat congolais n'a qu'à se plier à la demande de la communauté internationale mais aussi toute la societe civile congolaise....Un audit doit etre independant !!!!

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Donald Trump - 21.06.2017 15:09

Mon Cher, ton Rais n'est pas et n'a jamais été un garant de la paix et la securite.

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Makila ya peuple - 21.06.2017 12:00

En quoi le Raïs est garant de la paix du moment où l'instabilité bat son plein partout ailleurs au Congo?

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DRC - 21.06.2017 11:38

La RDC c'est plus de 8 millions de mort depuis 1997 qui fut le debut de l'exploitation du cobalt et autres richesses naturelles..Que communaute internationale par madame Sawyer commence l'enquete par l'invasion de la RDC du Rwanda s'ils aiment reellement le peuple congolais et pour le respect de tous nos freres et soeurs qui nous ont quitte car une enquete selective n'est pas credible pour les congolais et n'inspire pas confiance pour un Congo meilleur.

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ElMaEl - 21.06.2017 11:25

Sawyer etait tres precise et piquante par rapport à Moshebekwa qui etait evasive et incoherence....

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NDJEKA - 21.06.2017 11:05

Tout a été mis en marche par le gouvernement pour mettre le chao dans le Pays et justifier le report des élections. Gedeon a été libéré accueilli en force par le gouvernement. Pour quelle raison??? Gedeon a été utilisé par le gouvernement pour mettre le chao au Kasaï. Le gouvernement pour justifier le report des élections est capable de tout. Il peut même tué ses propres militaires et policiers sous couvert de Kamwina Nsapu.

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Salima - 21.06.2017 11:01

État en faillite ?

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Anonyme - 21.06.2017 10:51

Le Peuple soutien l'enquête internationale indépendante car les massacres du KASAI et l'assassinat de MICHAEL SHARP et ZAIDA Catalan les commanditaires sont les membres du régime sanguinaire de KANAMBE parmi lesquels TAMBWE MWAMBA, SHADARY, KALEV MUTOND/ANR,BOSHAB... Nous voulons plus de justice pour tous ces victimes

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Tharcisse - 21.06.2017 10:48

Qu'est-ce qui empêche tout simplement de faire l'enquête internationale aux Kasaïs, c'est simple.

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Pax dey - 21.06.2017 10:09

La manière dont ces crimes ont été commis au Kasaî et sur les experts de Nations Unies, c'est l'empreinte de Gédéon.Qui l'a enrôlé dans l'armée et qui lui a confié cette mission. Sacher-le si ces crimes ne sont pas sanctionnés aujourd'hui le sang de tous les enfants du Kasaî massacré par l'armée crie et criera encore vengeance.Le peuple du Kasaî s'est tjrs illustré par la douceur et sa vigueur est consacrée au travail et non à la guerre. Un peuple pacifique mais pas poltron, Il se souviendra pendant longtemps de leurs enfants qui ont été tué horiblement pcq ils ont refusé de cautionner le mal du régime de kabila. Les kasaiens se souviendront.

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Kabange Mwamba - 21.06.2017 10:06

Les familles des victimes souffrent énormément, arrêtez vos jeux de dame, gouvernement congolais, si réellement vous n'êtes pas derrière ces massacres, alors laissez librement l'enquête internationale. Depuis que vous avez commencé la vôtre, quel résultat positif avez-vous déjà rendu public?? si ce n'est que l'interpellation du pauvre élève et le pauvre vendeur de l'huile de palme?? Est-ce vrai ce sont eux le criminel??? Tôt ou tard, la vérité finira par triompher, même les criminels en cravate seront arrêtés. Que Dieu bénisse la RDC

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bosolo - 21.06.2017 10:03

Makye- 21.06.2017 05:47 Dis- nous un peu, à l'époque où Tambwe Mwamba, Mende et j'en passe étaient au RCD en pleine rébellion, ce n'était pas la balkanisation? Arrêter de vouloir à tout prix défendre l'indéfendable. Vous avez le droit d'émettre des opinions contraire mais restez quand même lucide et cohérent.

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CHEF PENE UKANDJI CHRISTOPHE - 21.06.2017 09:42

La famille Wetchi demande une enquête parlementaire dans la chefferie de Matapa. Certaine autorités du Pays son cité par leur Chef Nommé dans cette chefferie est accusé à tort ou à raison comme l'instigateur du dédoublement du pouvoir Coutumier à Matapa d'où la nécessité d'une enquête. Affaire à suivre... PROVINCE DU MANIEMA. TERRITOIRE de Kibombo. ALERTE GÉNÉRALE: ATTENTION AFFAIRE KAMWINA NSAPU AU MANIEMA

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fausseliberation - 21.06.2017 08:57

Makye - 21.06.2017 05:47 Face à l'injustice (Rébellion, bandes armées, milices et ses conséquences) la souveraineté n'a pas de place. Qui acceptera de perdre sa famille et que justice ne soit pas rendu au nom de la souveraineté ! Toi Makye OUI mais moi fausse libération JAMAIS.

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Evangéliste Robert KIKIDI - 21.06.2017 08:49

AFRIQUE-SANTE,asbl a dénonce ces crimes contre l'HUMANITE et les violation grave de droit à la santé des population du Kasaî. Et demande l'ONU d'urgenter cette enquête et apporter l'aides humanitaires aux déplacés et victimes.

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Zairois - 21.06.2017 06:58

Dans un pays où un ex rebel est ministre de la justice, pendant la rébellion, il a tué, volé, violé et aujourd'hui comme récompense, ministre de la justice! C'est honteux ce qui se passe chez nous!

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Zairois - 21.06.2017 06:51

Le gouvernement congolais cache quelque chose là dessus. Qui ne sait pas que la justice congolaise est instrumentalisée par le pouvoir en place? Eux tuent, volent et violent sans être poursuivis raison pour laquelle ils ont peur de l'enquête internationale sur les massacres au kasai et partout ailleurs au Congo. Nous avons une justice corrompue et instrumentalisée par le pouvoir. C'est tout!

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boniface - 21.06.2017 06:16

je ne comprends pas entre tambwe et mushobekwa si les incidents du kasai etaient dans leur province que devrait etre leur position pour l'enquetet mais tot ou tard la verite les attrapera

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Makye - 21.06.2017 05:47

La décision finale à prendre pour mener cette enquête dois reposer sur le respect de la souveraineté de notre pays et sur la nervosité de la Belgique dans la stratégie de soutenir son pion Katumbi ou de la balkanisation de notre pays que Lumumba avait prédite à son temps et dont les instigateurs n'ont pas encore baissé de bras.

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JMB - 21.06.2017 03:57

Lorsqu'on affirme que les enquêtes n'ont été ouvertes que sur demande du chef de l'Etat, on fait l'aveu d'une justice inféodée et incompétente. Lorsqu'on renchérit en affirmant que la même justice n'a pas de moyens pour mener des enquêtes en demandant le soutient de l'extérieur, on ne crie pas à la non ingérence. Devant la complexité des faits graves qui se déroulent dans les Kasai, lesquels pourraient être constitutifs de crimes internationaux, je ne vois pas la justice congolaise faire un travail crédible, elle qui s'est décrédibilisée par son instrumentalisation à des fins politiques dans plusieurs cas...

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