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Retrait américain de l'accord climat: entre incompréhension et explications

Retrait américain de l'accord climat: entre incompréhension et explications 2017-06-03
Science & env.
http://www.mediacongo.net/dpics/filesmanager/actualite/2017-actu/05-mai/15-21/spicer_sean_17_003.jpg Washington-

Le porte-parole de la Maison Blanche Sean Spicer, lors de sa conférence de presse, a tenté d'expliquer le retrait de l'accord climat, le 2 juin 2017, à Washington.

Un certain nombre d'Etats, de villes et localités, de grosses sociétés, d'organisations pro-environnement et de simples particuliers se mobilisent pour contrer la décision de Donald Trump de sortir de l'accord de Paris, en restant fidèles à son objectif. Qu'est-ce qui a poussé le président a renier un pacte qui avait le soutien de 70 % des Américains ?
 

Donald Trump a toujours eu sur le climat une position ambiguë. En 2009, il est avec ses trois enfants en faveur de mesures pour contrôler le changement climatique. Mais candidat, il pense avoir trouvé un créneau en devenant climato-sceptique : une « blague » des Chinois pour nous prendre nos emplois ironise-t-il, promettant s'il est élu de sortir de l'accord de Paris. Promesse tenue.

Mais Trump croit-il toujours que le climat est un canular ? Dans son discours de jeudi, il s'est limité à parler de l'aspect économique de l'accord sans un mot sur son rôle scientifique. Aucun de ses ministres, aucun de ses conseillers, n'a pu dire s'il croyait ou non à la réalité du réchauffement climatique.

Parmi eux, Scott Pruitt, le directeur de l'agence de protection de l'environnement qui a fermement défendu la sortie des Etats-Unis dont il était un fervent avocat. « Nous avons fait énormément en tant que pays pour réduire les émissions de CO2, grâce à la technologie et à l'innovation, et nous continuerons. Mais nous n'allons pas accepter un accord qui nous désavantage et fait du tort aux citoyens de ce pays », a-t-il déclaré. Scott Pruitt a bien voulu concéder que l'activité humaine était un facteur, ajoutant que mesurer avec précision son degré d'influence était un gros défi.

Michael Bloomberg pondère le poids de l'exécutif

Le milliardaire et ancien maire de New York Michael Bloomberg, de passage en France et reçu à l'Elysée par le président Emmanuel Macron est aussi l'envoyé spécial de l'ONU pour les Villes et le changement climatique. Il s'est exprimé au micro de RFI sur le sujet : « Je tiens à être clair. Je ne suis pas ici pour critiquer ce qui s'est passé hier à Washington. La Maison Blanche a pris sa décision en ce qui concerne l'accord de Paris et voici ce que le monde doit surtout retenir : aux Etats-Unis, le niveau des émissions de gaz à effet de serre est déterminé par les villes, par les Etats et par les entreprises bien plus qu'il ne l'est par le gouvernement fédéral.

« Durant la décennie écoulée, les Etats-Unis ont été en pointe sur la réduction des émissions et notre gouvernement fédéral n'y a pas été pour grand chose. Ce qui compte c'est que les Américains n'ont pas besoin de Washington pour tenir leurs engagements de l'accord de Paris et les Américains ne permettront pas à Washington d'y faire obstacle », a-t-il encore déclaré.

Jean-Louis Pourtet
RFI / MCN
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